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lundi 18 septembre 2017

"La servante écarlate" de Margaret Atwood

Intriguée par le regain d’intérêt pour ce roman, je l'ai lu (lentement mais surement en un bon mois) avant de découvrir la série télévisée.

Résumé 

Couverture La servante écarlate 
Dans cette société régie par l'oppression, sous couvert de protéger les femmes, la maternité est réservée à la caste des Servantes, tout de rouge vêtues. L'une d'elle raconte son quotidien de douleur, d'angoisse et de soumission. Son seul refuge, ce sont les souvenirs d'une vie révolue, d'un temps où elle était libre, où elle avait encore un nom.





Mon avis

J'ai beaucoup apprécié cette dystopie dont certains codes sociétaux font écho à la place de la femme dans certaines sociétés actuelles et passées.

Sans être un roman féministe, j'ai apprécié découvrir le rôle attribué à chaque femme, et regrette que le roman soit centré sur un seul personnage. Defred est en effet un personnage troublant, et très réel dans sa soumission avec une pointe de transgression et met bien en avant la difficulté d'entrer vraiment en résistance, du fait des moyens de pression utilisées par les oppresseurs.

La description de la société, de la manière dont elle s'est construite ressemble un peu à l’Allemagne nazie, référence qui est confortée par la postface (qu'il faut absolument lire car elle éclaire le récit d'un œil extérieur et apporte des réponses à certains flous). Le rôle de la femme dans sa fonction procréatrice est mis en avant par le personnage principal, mais l'entourage notamment les Martha ou les domestiques restent assez mystérieuse. On sent l'oppression sous le coté lisse de la société, et les privilèges de ceux au pouvoir et qu'ils font tout pour conserver. J'ai trouvé interessant d'avoir à la fois le quotidien très monotone des servantes et de découvrir aussi l'envers du décor. Les personnages secondaires apparaissent au gré des "rencontres" de Defred, notamment selon l'évolution des familles dirigeantes et parfois apportent un éclairage complémentaire.
La place de l'enfant y est surtout abordée par le stade foetus, et il est troublant de voir qu'il est central sur ce plan là, mais que l'enfant en lui même semble détaché des préoccupations des personnages dirigeants.

Par ailleurs, l'arrivée au pouvoir des extrémistes religieux se fait par flash back régulier et montre la diminution progressive des libertés ayant permis l'instauration de cet univers. J'avoue avoir eu un peu de mal au départ avec le style froid de la narratrice et les retours au passé incessants, mais après quelques chapitres, l'alchimie se fait et les deux versants de l'histoire qui se complètent nous tiennent en haleine.
J'en profite pour saluer la fin du roman qui surprend par son ouverture.

J'ai commencé la série (épisode 5 au moment de l'écriture de l'article) et je trouve vraiment intéressant la manière dont elle complète le roman, notamment sur certains personnages secondaires, comme Moira ou Deglen. Les femmes y sont vraiment mises en avant, dans leur lutte contre l'oppression et paraissent moins passives que dans le roman.
La société y est aussi développée progressivement, et les flash back plus étoffés.

Au total : Une série et un roman qui amène une réflexion sur la place de la femme dans son coté maternel et sur la manière de résister.






mardi 4 juillet 2017

"14-14" de Silène Edgar et Paul Beorn

Acheté lors des Imaginales 2015, je l'ai sorti de ma PAL suite à un avis sur FB, et l'ai dévoré en une après midi

Résumé

Couverture 14-14Hadrien et Adrien, deux garçons de 13 ans, habitent à quelques kilomètres l'un de l'autre en Picardie. Tous deux connaissent des problèmes à l'école, des troubles sentimentaux, des litiges avec leurs parents. Une seule chose les sépare : un siècle. Leurs destins vont se mêler et une faille temporelle leur permet d'échanger du courrier...







Mon avis

J'ai dévoré ce livre bien écrit, et assez mignon sur la vie des 2 adolescents confrontés à leur différence de vie mais aussi leur similitudes à 100 ans d'intervalle.

J'ai apprécié les voir murir, surtout celui de 2014, et j'ai été touché par la condition des écoliers en 1914, tiraillé entre obligations familiales et surtout dans les campagnes et envie d'instruction et de changer de vie. On voit l'évolution de la situation des écoliers sur un siècle et le privilège qu'on a eu d'avoir notre scolarité actuelle.
La touche de fantastique expliquant leur correspondance est bien amenée et conclut ce livre plaisant.

Au total : Un livre jeunesse qui met en avant l'évolution des conditions de vie chez des lycéens à 100 ans d'intervalle. Bon moment détente, qui ouvre certains pans de l'histoire.


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Lettre E : 349 pages

mardi 20 juin 2017

"Anamnèse de Lady Star" de L.L Kloeztler

Lu dans le cadre d'un club de lecture, on nous avait promis un livre dans un futur post attentat, avec une enquête policière. Je n'irai pas jusqu'à dire que la publicité était mensongère, mais je suis juste passée à coté de ce roman

Résumé

Futur proche.
Un attentat à Islamabad a provoqué une pandémie terrifiante. Les trois quarts de la population mondiale ont disparu. L'arme utilisée : la bombe iconique. Les coupables ont été retrouvés, jugés et exécutés. Mais certains se sont échappés.
Parmi eux, une femme, leur inspiratrice, leur muse. Sa simple existence est un risque : tant qu'elle vit, la connaissance menant à la bombe reste accessible.
Elle a disparu, n'a laissé aucune trace, pas l'ombre d'une ombre. Des hommes disent pourtant l'avoir rencontrée : savants, soldats, terroristes, ermites... Ont-ils rêvé?
Voici le récit d'une enquête, de l'Asie à l'Europe, des terres dévastées jusqu'aux sociétés hypertechnologiques de l'après-catastrophe. Un jeu de pistes, doublé d'une plongée dans les archives digitales de notre futur, avec le plus fou des enjeux : refermer la boîte de Pandore.


Mon avis

Il est de ces livres denses et déroutants dont on ne sait si les auteurs se rendent compte des difficultés d'approche de leur récit.
Je me suis perdue entre les différents personnages qui n'ont pas forcément éveillé un grand intérêt en moi que ce soit par leur quête ou par leur personnalité. 

Les chapitres  sont longs et finalement une fois installé dans l'aventure avec le personnage suivi, on change de décors et de personnage récurrent. Le fil rouge est ténu, on voit les éléments s'imbriquer dans la recherche de la bombe iconique et du personnage central, mais l'univers post-bombe ne m'a pas convaincu. Il m'a manqué des descriptions et surtout un souffle narratif qui m'embarque.
Peut être avais je besoin qu'on me tienne un peu plus la main sur ce récit (petit commentaire de la discussion qui en a suivi lors du club), mais j'avoue avoir eu l'impression d'un livre pour initié, habitué de l'auteur qui comprenait les subtilités des personnages, des changements de narration qui m'ont plus déstabilisé que vraiment embarqué et habitués aux variation de styles.

La discussion du groupe de lecture, porté par celui qui l'avait proposé m'a malheureusement convaincu qu'il s'agissait d'un livre assez élitiste (certains l'ont beaucoup apprécié alors qu'il ne s'agit pas de leur style de prédilection).

Au total : Je suis passée à coté de ce roman, et malgré les bons avis lus sur Vostok, pas sure de m'aventurer à nouveau dans l'univers de ces auteurs.

Petit souvenir de lecture, la construction l'ayant emporté!

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Lettre K : 300 pages avant abandon

dimanche 5 mars 2017

"L'effet Churten" d'Ursula Le Guin

Recueil de 3 nouvelles dans son univers SF (Voir Le monde de Rocannon, La main gauche de la nuit), ce livre est sorti en début d'année, et j'avais envie de me replonger doucement dans cet univers.

Résumé

Dans le vaste univers de l'Ekumen, tout voyage prend des années. Difficile de garder des relations avec sa famille et ses amis lorsque l'on doit passer d'une planète à l'autre. La galaxie est une mosaïque d'histoires humaines... Jusqu'au jour où on découvre par hasard l'effet Churten, une sorte de transport instantané, abolissant les distances comme jamais entre les mondes. Encore faut-il le maîtriser et l'utiliser à bon escient...






Mon avis

L'ensemble forme un tout assez cohérent avec 3 visions de l'effet Churten et de manière sous-jacente des réflexions sur l'homme et l'humanité. Je regrette cependant qu'elle soit inégale en ce qui concerne leur accessibilité, la première étant particulièrement dense en information.

"L'histoire des Shobies"
On est plongé assez vite dans le vif du sujet avec le premier équipage à tester l'effet Churten, effet permettant de voyager à une vitesse transluminale et donc de diminuer les temps de voyage.
J'ai eu beaucoup de mal à entrer dans l'histoire notamment du fait de la multitude de nouveaux personnages qui sont parfois difficile à identifier clairement. J'ai trouvé intéressant de mélanger des protagonistes des différents systèmes visités lors des précédents livres et à voir leur cohésion gagner.

"La danse de Ganam"
Texte plus classique avec l'arrivée sur une nouvelle planète et la confrontation entre ce que nous souhaitons y vivre et ce qui s'y passe vraiment, notamment la perception des autochtones. On y retrouve la notion d'émissaire et l'importance d'une période d'adaptation sans préjugés. La chute est bien trouvée et nous donne l'impression aussi d'avoir été touché par l'effet Churten.

"Le pécheur de la mer Intérieur"
On y retrouve aussi une découverte de planète, mais par l'intérieur et l'essai d'adaptation d'individu au monde nouveau qui s'ouvre. La recherche scientifique avance à grand pas dans cette nouvelle mais la conclusion s'avère profondément humaine et nous rappelle nos aspirations initiales et les différentes voies pour mener au bonheure. Une nouvelle touchante qui nous fait découvrir particulière la planète O et son mode de vie bien différent du notre.

Au total : Un recueil de nouvelle qui complète la série de l'Ekumen, et qui me rappelle que je me dois de la poursuivre.

D'autres avis chez : Xapur,

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Lettre L : 198 pages

mercredi 22 février 2017

"Mes vrais enfants" de Jo Walton

Je n'ai pas particulièrement accroché à Morwenna (mais débuté en anglais, alors je me promet régulièrement de lui laissé une nouvelle chance !), mais ce livre semblait faire l'unanimité dans ma blogosphère, alors je me suis laissée tentée.

Résumé

Née en 1926, Patricia Cowan finit ses jours dans une maison de retraite. Très âgée, très confuse, elle se souvient de ses deux vies. Dans l’une de ces existences, elle a épousé Mark, avec qui elle avait partagé une liaison épistolaire et platonique, un homme qui n’a pas tardé à montrer son véritable visage. Dans son autre vie, elle a enchaîné les succès professionnels, a rencontré Béatrice et a vécu heureuse avec cette dernière pendant plusieurs décennies. Dans chacune de ces vies, elle a eu des enfants. Elle les aime tous… Mais lesquels sont ses vrais enfants : ceux de l’âge nucléaire ou ceux de l’âge du progrès? Car Patricia ne se souvient pas seulement de ses vies distinctes, elle se souvient de deux mondes où l’Histoire a bifurqué en même temps que son histoire personnelle.


Mon avis

J'ai clairement adoré ce livre !
J'ai un peu ramé sur les premiers chapitres mais une fois la fourche enclenchée, j'ai adoré suivre Les deux trames permettant de se poser la question des conséquences de nos choix.

La vie initiale de Patricia est assez classique voir simple. J'ai apprécié suivre ces 2 vies parallèles, tout en respectant le personnage finalement fort de Patricia quelque soit son choix.

Après un passage à vide Trish remonte la pente, se fait entendre et avance au fur et à mesure. Pat démarre peut être plus simplement, mais elle nous montre sa capacité à surmonter les épreuves.
J'ai aimé le féminisme qui se dégage de ce livre, la critique sur la vie anglaise post seconde guerre mondiale et la place de la femme dans la société. Les combats de cette époque nous semblent lointains mais finalement assez fragiles.

J'ai aimé la vision de l'auteur sur le concept de famille, et d'amour filial quelle qu'en soit sa structure. Rien que sur ces deux thèmes, je trouve le livre très moderne et adapté à notre époque. 
Dans ses deux vies, l’héroïne a effectivement une relation privilégiée avec ses enfants, qu'elle construit progressivement. Sa bienveillance est un réconfort dans le monde actuel que je côtoie. La prise en charge de nos parents est aussi une thématique qui est abordée, entre sacrifice personnel et maison de retraite impersonnel, le choix reste inadapté quel qu’il soit. Son passage de fille à mère sur ce sujet est mis en miroir au fur et à mesure de son évolution de fille à mère puis grand mère. Sa relation avec son mari est aussi bien amenée, non édulcorée et loin des histoires d'amour traditionnelle. 

L'Italie est une destination qui  m'a toujours fait rêver, autant dire qu'un weekend à Florence me fait d'autant plus envie. L'ouverture sur le monde et la découverte culturelle a aussi une place majeure dans les 2 vies par la littérature ou l'art et l'architecture. Plein de moyens d'évasion, à notre hauteur finalement.

Le monde dans lequel elles évoluent n'est pas non plus un univers bisounours, notamment chez Pat, mais je retiens surtout un message de tolérance et d'espoir dans la vie de cette femme qu'elle soit réelle ou fantasmée.


Au total : Un coup de cœur pour ce livre très actuel au niveau des thèmes.

D'autres avis chez : Xapur, Nanet, Lune

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2/26 Lettre W : 352 pages

lundi 20 février 2017

"La horde du contrevent" d'Alain Damasio

Première lecture, ou plutôt relecture, de l'année pour moi dans le cadre de mon club lillois. J'avais découvert ce livre, 3 ans auparavant et il m'avait laissé un souvenir fort. Cette relecture a confirmé ces impressions !

Résumé


" Imaginez une Terre poncée, avec en son centre une bande de cinq mille kilomètres de large et sur ses franges un miroir de glace à peine rayable, inhabité. Imaginez qu'un vent féroce en rince la surface. Que les villages qui s'y sont accrochés, avec leurs maisons en goutte d'eau, les chars à voile qui la strient, les airpailleurs debout en plein flot, tous résistent. Imaginez qu'en Extrême-Aval ait été formé un bloc d'élite d'une vingtaine d'enfants aptes à remonter au cran, rafale en gueules, leur vie durant, le vent jusqu'à sa source, à ce jour jamais atteinte : l'Extrême-Amont.
Mon nom est Sov Strochnis, scribe. Mon nom est Caracole le troubadour et Oroshi Melicerte, aéromaître. Je m'appelle aussi Golgoth, traceur de la Horde, Arval l'éclaireur et parfois même Larco lorsque je braconne l'azur à la cage volante. Ensemble, nous formons la Horde du Contrevent. Il en a existé trente-trois en huit siècles, toutes infructueuses. Je vous parle au nom de la trente-quatrième : sans doute l'ultime. "

Mon avis

J'ai savouré cette lecture tout du long. J'ai pu profiter de cette relecture, moins centrée sur le fil conducteur, pour mieux appréhender l'univers créé par Alain Damasio et notamment dans les "crones" et les "vifs" cherchant  et comprenant mieux les différents indices au fur et à mesure du récit.

La progression de la Horde, quête initiatique d'un groupe, m'a encore fasciné. Leur obstination, et leur cohésion tout au long de leur chemin malgré les obstacles pour cet objectif qui semble utopique fait la force de ce livre. On sent les fissures et l'esprit de solidarité qui passe au dessus pour faire face. Tous les métiers sont complémentaires et chaque membre apporte sa touche ce qui permet à la Horde d'être et de devenir celle qu'elle doit être.

Les caractères bien trempés de certains membres accompagnés de mode de narration "chorale" apporte une richesse dans le récit. On est charmé par Pietro, épaté par les connaissances d'Oroshi qui se révèle au fur et à mesure malgré un abord initial hautain, agressé par Golgoth chez qui la faille et l'humanité apparait au fur et à mesure.

On sent que l'auteur s'est amusé avec la langue française, que ce soit par le vocabulaire omniprésent autour du vent, et sa manière de le décrire en ponctuation ou par les joutes verbales de Caracole personnage à la fois fascinant et agaçant.
J'ai réfléchi à l’intérêt de l'écrit dans toute quête pour la transmission du savoir thème porté par Sov et à cette fin plus ouverte que ma première lecture ne m'avait donné l'impression.

Les discussion du club de lecture ont été de ce point enrichissante, notamment entre les fans (dont je faisais partie) et ceux qui n'avaient pas accroché au rythme, aux personnages ou à l'histoire en elle même, trouvant le l'univers ou les personnages assez froids et distants et sans empathie.

Au total : Une relecture qui m'a fait plaisir à la fois sur l'univers et sur les personnages riches et variés.
Un livre que je recommande pour une SF/Fantasy abordable !


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1/26 Lettre D 700 pages

dimanche 20 novembre 2016

"L'homme qui mit fin à l'histoire" de Ken Liu

Une novella qui a recu beaucoup d'échos positifs à sa sortie, sur un thème que j'apprécie.

Résumé

Futur proche.
Deux scientifiques mettent au point un procédé révolutionnaire permettant de retourner dans le passé. Une seule et unique fois par période visitée, pour une seule et unique personne, et sans aucune possibilité pour l'observateur d'interférer avec l'objet de son observation. Une révolution qui promet la vérité sur les périodes les plus obscures de l'histoire humaine. Plus de mensonges. Plus de secrets d'État.
Créée en 1932 sous mandat impérial japonais, dirigée par le général Shiro Ishii, l'Unité 731 se livra à l'expérimentation humaine à grande échelle dans la province chinoise du Mandchoukouo, entre 1936 et 1945, provoquant la mort de près d'un demi-million de personnes… L'Unité 731, à peine reconnue par le gouvernement japonais en 2002, passée sous silence par les forces d'occupation américaines pendant des années, est la première cible de cette invention révolutionnaire. La vérité à tout prix. Quitte à mettre fin à l'Histoire.



Mon avis

Entre récit SF et réflexion sur l'histoire, j'ai beaucoup aimé ce texte.

Le voyage dans le temps permet de mettre en avant une partie de l'histoire dont nous entendons peu parler dans le monde européen. Il n'y a pas que les nazis qui à priori ont fait des expériences humaines, et la récupération de leurs données post-guerre comme trésor inavouable mais utile.
L'antagonisme Japon-Chine est bien mis en avant dans ce roman et fait réfléchir sur nos préjugés envers ces 2 nations et certains évènements récents (la manifestation des asiatiques cet été). La double nationalité des personnages principaux permet de comprendre la différence de culture entre les pays asiatiques et "occidentaux" et les problèmes récurrents de compréhension qui en résulte.

La seconde partie aborde la définition de l'histoire, de modification de témoignages avec leur utilisation. Faut il inclure les témoignages riches en émotion dans les documents historiques ? La vérité est rarement unique, alors que les moments le sont et la technologie utilisés pour le voyage dans le passé met en évidence l'unicité du moment, non reproductible, à l'inverse des expériences scientifiques qui s'appuie fortement sur l'importance de la reproductibilité des expériences pour pouvoir les utiliser comme preuves.

 L'autre interrogation reste la notion de pardon et d'excuse des gouvernements et personnes contemporaines pour le passé de leur nation. Jusque quand l'Allemagne et le Japon devront-ils s'excuser des faits datant de plus de 2 générations (parfois eux même séquellaires de guerres antérieures)? La compréhension passe t-elle par le pardon ? Faut-il ouvrir les archives nationales sans intervalle de temps, pour limiter les négationnistes ?

J'ai enfin beaucoup aimé la forme de ce récit qui alterne les points de vue, scientifiques et humains permettant une richesse dans la confrontation des différents avis exposés et mettant en avant la complexité d'une seule vérité.

Au total : Un texte court mais dense, historique et philosophique sur la place et la définition de l'histoire dans notre société.

SFF et diversité mini
Item 7 : Se déroulant en Orient

mercredi 9 novembre 2016

Utopiales 2016, Jour 2



Plein d'entrain et de motivation pour accéder aux conférences qui nous intéressaient, nous sommes arrivés le dimanche matin, à l'aube (10h un peu passé!)

Petit passage matinal à la première conférence, bien remplie niveau public

Les conférences étant bien pleines, la journée a donc débuté par une pause café papotte, avant de se mettre en route.

Et ca chuchote pendant que certains sont concentrés!
Petit tour à la remise du prix Planet SF, avec invitation du Paolo Bacigalupi pour son prix d'il y a quelques années.







Jerome Vincent, moderateur de la conférence sur Alan Turring


J'ai enchainé sur la rencontre avec Alan Turring, c'est à dire  le réalisateur d'un documentaire sur le sujet : Denis Van Waerebeke, et Sylvie Laine auteur d'une lettre dans le recueil "Lettres à Alan Turring ". J'ai adoré cette conférence, très bien documentée, notamment sur certains arrangements du film "Imitation Game". Alan Turring est fascinant par ce qu'il a amené à l'informatique mais aussi pour le mystère autour de l'homme. Je n'ai pu assister à la  projection du documentaire mais ce n'est que partie remise.



Ensuite direction le cinéma pour voir Psichonautas, film d'animation, effectivement pas pour les enfants contrairement à ce que pouvait laisser penser l'affiche. Très jolie découverte, bien plus sombre que ce que je pensais et qui fait réfléchir sur bien des thèmes écologiques et sociologiques.

Poursuite des conférences avec "Le gène égoïste" avec Gérard Klein, Philippe-Aubert Côté, Sylvain
Chambon, Pierre-Henri Gouyon, François Rouiller qui fait réfléchir la généticienne cachée en moi. La vision très scientifique de la génétique (et moins clinique) m'a un peu déstabilisée. Sommes nous uniquement des vecteurs pour la survie des gènes ? J'en ai profité pour faire un peu plus connaissance avec Mypianocanta, croisée une fois sur une sortie parisienne.

Puis dédicace de mon second tome de Metaquine, avec un nouveau personnage pouvant être issu de l'univers.
Utopiales vs Imaginales !

Retour en conférence pour "Technologie vs Effondrement" avec  Jean-Noël Lafargue, Philippe-Aubert Côté, Alain Damasio, Milad Doueihi, Sylvie Denis. Un conférence assez pessimiste sur le sort de la planète, mais aussi un regard critique sur la SF, très utilisatrice de l'effondrement pour lancer leur univers souvent post apocalyptique.

Fin de la journée avec le prix Julia Verlanger pour Karim Berrouka et "son club des punks contre l'apocalypse zombie". Pas lu de mon coté ...

Soirée pizza entre colocataires et recharge des batteries pour préparer ma dernière journée ! (Et oui, un week end sur les machines, nous transforme t-il pas un peu en robot ?)

lundi 7 novembre 2016

Les Utopiales 2016 : Jour 1






Cette année, je suis allée pour la première fois au festival des Utopiales qui se déroule à Nantes, orienté science fiction, à la fois coté littérature, mais aussi cinéma, et science.

Je suis restée du samedi au lundi, ce qui m'a permis de bien profiter des conférences, de faire des pauses cinéma et de croiser tout plein de monde cotoyé habituellement dans la bulle virtuelle. (Mon programme initial était ici, et il y a eu quelques changements, notamment en ce premier jour !)

Petite lecture dans le train !
Lille-Nantes direct, environ 4h de train, je suis donc arrivée après la pause déjeuner. Première journée assez calme pour moi, j'ai profité de la salle café, et surtout de mes blogopotes (Marie Juliet, Marmotte, Trolle Plume (et son homme) et Blacky ) que j'ai retrouvé assez facilement. La foule était assez dense pour ce premier jour, vu que le festival a battu son record de fréquentation. Il fallait donc anticiper les topos intéressants si on voulait être assis, ce qui sera mis en application le dimanche !








J'ai assisté à deux conférences ce premier jour :
Les machines traduiront-elles le futur ? : avec Sylvie Denis, Frédéric Landragin, Nathalie Mège, Philippe Curval, Milad Doueih.
Discussion intéressante sur les capacités des machines à la traduction littérale et finalement ce qui donne un sens au texte, notamment le contexte qui a souvent du mal à être perçu par ladite machine.

Et à la rencontre avec Francois Rouiller, auteur de Métaquine, dont j'ai lu le premier tome en mai, et j'ai entamé la lecture du second pendant mon voyage dans le train, histoire de me mettre dans l'ambiance avec le festival. Rencontre intéressante, notamment la partie explication de photos et tableaux. Ce qui me fait penser qu'il faut que je retrouve le fameux tableau de Hopper très présent dans le premier tome.
 
Extrait de l'exposition Metaquine



J'en ai profité pour faire le tour de l'exposition Metaquine et admirer les talents de dessinateur de Mr Rouiller (je vous conseille de suivre son IG d'ailleurs) ! Je suis arrivée malheureusement un peu tard pour faire dédicacer mon second tome ce jour la.



L'interro surprise sur l'Uchronie débordant, je n'ai pu assister à cette conférence, j'en ai donc profité pour faire quelques achats :



Achats du samedi
L'anthologie des Utopiales

Thinking Eternity de Raphael Granier de Cassagnac, conseillé par mes copines de virée !

Pepper en action



J'ai croisé Pepper pendant mes déambulations dans les expositions scientifiques, petit robot dansant mais pas que !


Pour finir la journée en beauté, petite crêperie dans le centre de Nantes, et une bonne nuit de sommeil avant d'entamer le second jour !

mardi 25 octobre 2016

Préparation pour les Utopiales 2016

Cette année, je vais aux Utopiales !!

utopialesLes Utopiales, festival annuel de SF à Nantes du 29 octobre au 3 novembre. Un programme dense avec conférences orientées "Machines" (thème de l'année), projection cinématographique et nombreuses dédicaces.

"Les machines, cet assemblage qui permet au philosophe comme à l’ouvrier de soulever le monde. Grâce à elles, nous sommes plus forts, nous allons plus loin, plus haut, plus vite. Grâce à elles, nous explorons, nous transformons. Les machines, extraordinaires ou non, servent nos aspirations, nos désirs, nos projets, nos futurs. Mais si une génération grandit et évolue par rapport à la précédente, les machines, en tant que filles de l’humanité, nous dépasseront-elles un jour ? Nous remplaceront-elles ? Pouvons-nous continuer de grandir et d’évoluer si les machines se substituent à nous ?"

Pour ma part, j'y serais du samedi midi au lundi inclus !

Le programme est assez intense, avec 3 conférences parallèles et des projections de films en plus.

Pour le samedi, où j'arrive en début d'après midi je prévois léger :
Le vaisseau spatial  comme personnage à 14h
Interro surprise : Uchronie à 17h

 Pour le dimanche :
Je suis intéressée par la projection de Psiconotas de Rivero et Vazquez à 13h45
En conférence :
Le gène égoïste ou la machine mythologique à 16h
Jules Verne saga à 18h

Pour le lundi

12h : Mécanisme de la SF masculine
13h : Dystopie vs post apocalyptique : mécanisme d'un succès jeunesse
16h : Le héros handicapé en SF

J'espère avoir le temps de passer aux expositions, de me faire dédicacer "La fille Flute" de Paolo Bacigalupi, les second tomes de Métaquine (F. Rouiller), et d'Omale (L. Genefort), la Horde du contrevent d'A. Damasio, me décider pour un livre de L. Davoust et d'autres auteurs dont mes compagnons de voyage ne manqueront pas de me faire l'éloge !
Bref, je sens que je ne vais pas voir les 2 jours 1/2 passer !

N'hésitez pas à me faire signe si on se croise ! (Je vais essayer de penser à un badge ...)

samedi 15 octobre 2016

"Station Eleven" d'Emily Saint John Mandel

Rentrée littéraire SF pour changer, recommandé par pas mal de monde sur le blogosphère (cf Cornwall, Blacky, Acro  ) je me suis laissée tenter sans difficultés.

Résumé

Couverture Station ElevenUne pandémie foudroyante a décimé la civilisation. Une troupe d’acteurs et de musiciens nomadise entre de petites communautés de survivants pour leur jouer du Shakespeare. Ce répertoire classique en est venu à représenter l’espoir et l’humanité au milieu des étendues dépeuplées de l’Amérique du Nord.

Centré sur la pandémie mais s’étendant sur plusieurs décennies avant et après, Station Eleven entrelace les destinées de plusieurs personnages dont les existences ont été liées à celle d’un acteur connu, décédé sur scène la veille du cataclysme en jouant Le Roi Lear. Un mystérieux illustré, Station Eleven, étrangement prémonitoire, apparaît comme un fil conducteur entre eux…



Mon avis

Il est de ces livres dont on se rend compte de l'immersion qu'après l'avoir terminé. Il en fait partie.
J'ai tourné les pages tranquillement et me suis réservé des pauses lectures pour en profiter pleinement, choses que je n'avais pas forcément fait sur mes dernières lectures avec le même entrain.
J'ai aimé la temporalité du récit, entre présent et passé, retour en arrière et quête d'un monde meilleur. Chaque personnage prend sa place dans cette toile lentement tissée par l'auteur.

Il y a le monde moderne avec quelques pistes de réflexion sur la célébrité, les paparazzis, nos modes de communication si rapide que l'on oublie la prouesse technologique sous jacente, la place de l'art et de la bande dessinée.

Il y a le post viral, où une partie de la population a été décimé. Ce virus qui nous rappelle les psychoses grippe A, grippe aviaire. Quel serait notre réaction face à cette pandémie, s'enfermer chez soi ? Accepter les faits et choisir son lieu final ?
Si on survit quelle serait notre attitude, comment se reconstruire ? La symphonie itinérante nous permet de voir plusieurs facettes de réaction toujours sur un fond d'art musical ou littéraire et les comics sont le réel fil rouge, chose rare.
Les personnages sont touchants, que ce soit Kirsten dont on devine sa part d'ombre, Arthur dans son rôle de star immature qui enchaine les conquêtes et ne sait comment gérer sa notoriété, Miranda, artiste solitaire qui évolue au fil des pages dans sa vie personnelle et professionnelle. J'ai aimé la maturité de ces personnages, de les suivre sur plusieurs périodes clés et les liens qui les unissent.

A travers le prophète, on devine une certaine vision de la religion, de la nécessité de certains de croire en quelque chose pour rester construit mais aussi la mesquinerie de la nature humaine et ce besoin hiérarchie qui s'instaure assez naturellement. J'aurais apprécié que cet aspect soit plus creusé.

Au total : Une lecture fascinante et très humaine dans ce monde post apocalyptique.


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Lettre S : 432 pages

mercredi 24 août 2016

"Omale" de Laurent Genefort

Lecture d'été du forum Planète SF, je me suis laissée tenter au vue des avis positifs de cette série. Je n'ai lu que le premier livre de cette édition, me réservant la suite pour plus tard (d'autant qu'elle semble moins entrainante que ce tome).

Résumé

Couverture Omale, intégrale, tome 1
Dans un lointain futur... trois espèces cohabitent sur Omale les humains, les Chiles et les Hodgqins. Six individus se retrouvent en possession d'un bris d'œuf et décident d'en décrypter l'inscription. Ils s'embarquent sur une nef aérienne afin d'accomplir la quête pour laquelle ils ont été élus. C'est au cours d'un vol mouvementé qu'ils apprendront progressivement à se connaître grâce au fejij, le jeu des relations chile - subtil révélateur des caractères, des personnalités et des leçons du passé.


 

Mon avis

J'ai déjà lu Points chauds du même auteur, dont j'avais aimé l'univers. J'ai retrouvé dans ce roman les même défauts que dans ma lecture précédente, un univers intéressant, dense mais tout est trop rapide, survolé.

J'ai adoré les personnages, six explorateurs différents par la race, le passé, plein de ressemblances et d'antagonisme. Leurs histoires nous sont contées au fur et à mesure, nous ouvrant l'esprit sur Omale, cette planète bien mystérieuse que ce soit par sa géographie, sa population constituée de 3 rehs ou son histoire. J'ai aimé découvrir le tout et j'ai envie de poursuivre ma plongée dans ce monde si différent. Il y a pleins de piste de réflexion dont le parallèle avec le monde actuel est assez flagrant, que ce soit la place de la technologie et de la survie à tout prix, de la tolérance des différences et de l'intégration des religions dans la société. On devine ce monde plein d'histoire et riche en référence.

Le fil conducteur est truffé cependant de facilités, notamment la réunion des 6 personnages embarqués sur la même nef, certains combats. Le rythme est soutenu avec de nombreux rebondissements, peut être trop d'ailleurs et souvent l'histoire avance d'un coup en quelques pages sans qu'on ait le temps de bien saisir l'ensemble des choses et je me suis prise à regretter des descriptions plus précises des actions.

Au total : Une lecture sympathique qui ouvre sur un univers exploité finalement sur 2 livres d'environ 1000 pages chacun qui devrait m'aider à oublier ce sentiment de trop peu.

jeudi 21 juillet 2016

"I.R.L" d'Agnès Marot

Livre acheté lors des Imaginales 2016, je l'ai lu assez rapidement attirée par le thème abordé et les échos plutot favorables.

Résumé


Couverture I.R.L.Chloé Blanche a grandi à Life City. Comme tous ses habitants, elle ignore qu'ils sont filmés en permanence. Elle ignore qu'ils sont un divertissement pour des milliers et des milliers de foyers. Elle ignore qu'ils sont les personnages de Play Your Life, l'émission qui fait fureur hors de Life City, IRL. Elle ignore surtout à quel point ils sont manipulés. Lorsqu'elle rencontre Hilmi, le nouveau à la peau caramel, elle tombe immédiatement amoureuse. Mais ceux qui tirent les ficelles ne le lui destinent pas. C'est ainsi qu'elle découvre la nature de tous ceux qui vivent à Life City : les personnages d'un immense jeu vidéo




Mon avis

J'ai beaucoup joué aux Sims, sur ordinateur, ou plus récemment sur tablette. Ce livre apporte une vision assez futuriste de ce jeu, mélangé à priori avec Truman Show, film que je n'ai jamais vu mais qui me tente du coup !

J'ai aimé la structure du roman en 3 parties et les aller-retour dans différents moments de la vie de Chloé. La première met en place l'intrigue, et j'ai été assez surprise par l'évolution de l'histoire et notamment l'existence de la troisième partie. Il existe des petits clins d’œil qui pourront faire sourire le lecteur (comme l'adresse du personnage de Cindy !)

Chloé, adolescente IA avec des sentiments, se dévoile à nu aux habitants du monde réel qui la dirigent. Le récit débute donc avec des passages plein de lucidité où elle revient sur certains éléments de sa vie pour mettre les gens face à leur voyeurisme et à leur décision qui ont impacté sa vie sans que ceux ci ne réalisent vraiment les implications.

Renverser une structure en place, motiver les foules pour être suivie fait partie des difficultés que rencontre Chloé et j'ai apprécié que certaines choses ne se déroulent pas comme désiré et qu'elle échoue dans certaines situations.
Ses relations avec les différents types de personnages évoluent et on sent son évolution dans ses choix. Une IA proche de l'humanité et la question de leur place dans la société est bien amenée.
Sous ce personnage la question de l'intelligence et de l'humanité est soulevée. La place du divertissement dans notre quotidien, notamment dans l'observation des autres humains à leur semi insu aussi.

Malheureusement les personnages qui tournent autour de Chloé ne sont pas assez étoffés à mon gout. J'aurais aimé percevoir le point de vue d'autres personnages du réel pour un peu plus de profondeur. Notamment, l'opposant de Chloé a ce coté manichéen un peu agaçant, mais représente à mon sens certains de nos dirigeants, plus intéressés par le contrôle des masses et leur profit personnel que par les humains. De même j'ai assez peu apprécié le personnage de Link, que j'ai trouvé assez transparent au fil du récit malgré son rôle clé.

Au total : Un roman adolescent qui pose les questions des répercussions de la télé réalité et de la limite de l'humanité dans les personnages virtuels. Sujets actuels et bien amenés.


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Lettre M 442 pages

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  1. Lire un livre dans lequel une IA ou des robots ont un rôle prépondérant.


dimanche 3 juillet 2016

"Black Out" de Connie Willis

Voyage dans le temps et seconde guerre mondiale, un mélange qui m'attire d'emblée !

Résumé

Couverture Blitz, tome 1 : Black-Out


En 2060, les voyages dans le temps sont devenus chose courante et de nombreux historiens partent en mission. Soudainement, le labo des voyages temporels les annule toutes et modifie les programmes. 

Mon avis

J'ai beaucoup aimé ce premier tome. Ayant lu sur de nombreux blogs qu'il s'agissait plus d'une plongée dans l'Angleterre en plein Blitz et assez peu de voyage dans le temps, je n'ai pas été surprise ni déçue de l'histoire.

Le point fort de ce livre est dans l'immersion dans le blitz que ce soit avec les enfants évacués de Londres, dans l'univers de vendeuses de magasin ou dans les abris anti aérien. Certains passages clés de la guerre sont aussi très bien relatés, notamment Dunkerque tout en gardant un lien avec l'intrigue fil rouge des voyageurs. D'autres passages ne semblent pas avoir de lien cependant, et j'espère que le second tome reprendra ces personnages.

Nous suivons dans ce roman trois historiens qui doivent pour valider leur études vivre le sujet relaté par une mission dans le passé. Concept surprenant mais fascinant, qui n'a jamais rêvé de remonter le temps pour voir la réalité de certains faits historiques ? Après revivre certaines scènes de guerre et donc se mettre en danger peut sembler un peu suicidaire et il existe un certain flou sur la préparation et les missions précédentes de chaque personnage présenté.

Les différents personnages suivis sont très différents de caractère et dans leur manière d'aborder les imprévus dus à leur situation et l'alternance de point de vue permet de bien rythmer le livre et l'action. J'ai bien aimé Merope et Polly, moins Mickael complètement rigide au changement de lieu, malheureusement nous les connaissons trop peu dans leur contexte de 2060 et sommes propulsées avec elle dans ce contexte historique lourd et angoissant.

Il y a cependant quelques longueurs et répétitions qui parfois font perdre le fil initial, certains arcs secondaires peu palpitant notamment car je ne suis pas une féru de Shakespeare et de ses pièces.

En me renseignant sur le livre, je découvre après lecture qu'il s’agit d'un dyptique s'intégrant dans une série plus large sur le voyage dans le temps avec le Pr Dunworthy et pour la peine, je comprends mieux le peu de détail concernant les filets, la construction des missions et le peu de présence de ce personnage qui semble pourtant central.

Au total : Un roman dense qui nous plonge au milieu du Londres des années 1940, partie que je connaissais assez peu. Je lirai sans aucun doute le second tome de ce diptyque pour voir comment la situation se dénoue.

D'autre avis chez : Tigger Lily, Blacky, Vert, Frankie, Lune,

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Lettre W : 693 pages
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SFF et diversité mini
Item 8 : Lire un livre SFFF parlant d’une ou de femme(s) dans la guerre

jeudi 23 juin 2016

"Métaquine" de Francois Rouiller

Un titre (Mélange de Dépakine* Kétamine* et Ritaline*) et un thème qui me parlent notamment sur un plan professionnel. J'ai profité des imaginales pour faire dédicacer mon livre et discuter de son inspiration avec l'auteur.

Résumé

Couverture Métaquine, tome 1 : IndicationsRégis, dernier de la classe, ne veut pas prendre de Métaquine®, le médicament qui transforme les cancres en écoliers modèles. Des millions d’enfants inadaptés bénéficient pourtant du traitement, au grand soulagement des profs et des parents. Mais Régis craint que la chimie dissolve le Duché, la contrée fabuleuse d’où son imagination tire châteaux, dinosaures et compagnons de jeu invisibles.

La mère du gamin s’est enfermée sous un casque de cybertox, son beau-père rumine des fantasmes de tueur en feuilletant d’abjects magazines. Il n’y a guère qu’une voisine, neuropsy à la retraite, pour l’aider à défendre ses rêves. Ou peut-être, en ville, cette politicienne remuante qui milite contre la distribution de psychotropes à l’école.

Mais que peuvent deux idéalistes face à un géant pharmaceutique et aux milliards de son budget marketing, alors qu’on découvre à la Métaquine® des vertus toujours plus prometteuses et que la planète entière a déjà gobé la pilule ?





Mon avis

Ce livre ne parle pas uniquement d'un traitement contre l'hyperactivité et les troubles de concentration, mais surtout d'un futur inquiétant. Les thèmes abordés sont assez riches, et contrairement à ce que je pensais, le livre n'est pas centré sur l'industrie pharmaceutique et les effets de ce médicaments miracles mais est bien plus vaste que ca.

A travers 6 personnages, l'auteur nous présente une société qui a dévié, vers la réalité virtuelle, un peu à la manière des personnages de Fahrenheit 451 de Ray Bradbury. Les casques de réalités virtuelles sont une grande partie de l'intrigue ainsi que les sociétés et programme qui les exploitent.
 L'addiction au SimDom ou à la Métaquine nous fait réfléchir de manière plus large à nos habitudes contemporaines, scotchés à nos écrans et nos relations virtuelles ou à nos gélules qui hantent nos pharmacies. J'ai bien aimé les parties avec Aurélie qui semblent hors du monde tout en gardant une certaine pertinence.

Il y a beaucoup de courage dans la plupart des personnages présentés, que ce soit Sophie, chercheuse à la retraite, où le poids des années disparait avec un projet qui l'entraine, Clotilde prête à renverser l'industrie pharmaceutique, comme peuvent l'être certains détracteurs hargneux.
Régis, le jeune garcon est un vrai personnage à part entière, avec ses relations avec le Duché (dont je ne suis pas sure d'avoir compris l'ensemble) mais n'est pas aussi présent que le laisse sous entendre la couverture.

 La galerie des personnage est variée et j'ai bien aimé découvrir au fil du roman la manière dont ils vont s'articuler entre eux et leur place assez équivalente dans le roman pour apporter finalement une vision assez juste et non centrée sur une seule perspective. On voit notamment les opposés entre Régie cible du traitement et ceux responsables du Marketing.
Au fur et à mesure du roman, de l'utilisation plus large de la Metaquine, on se doute que certains effets ne sont pas ceux attendus, ce qui permet d'ouvrir tranquillement pour le second tome, car ceux ci ne sont pas séparables...

Au total : Un premier roman qui tient ses promesse, même plus pour moi dans une société future plongée dans une réalité virtuelle qui découvre les vertus d'un médicament miracle pour la concentration. Le second tome sera bientôt dans ma PAL !




vendredi 3 juin 2016

"Memorex" de Cindy Van Wilder

Parfois, ca m'arrive de lire des nouveautés ! Un livre sur le thème de la mémoire et avec un fond d'industrie pharmaceutique, je me suis dit pourquoi pas ?

Résumé


Couverture Memorex2022. Cela fait un an que la vie de Réha a basculé. Un an que sa mère est morte dans un attentat contre sa fondation, Breathe, qui promeut un art contemporain et engagé. Un an que son père, un scientifique de génie, ne quitte plus Star Island, l'île familiale. Un an qu'Aïki, son frère jumeau, son complice de toujours, s'est muré dans une indifférence qui la fait souffrir. Le jour de ce sinistre anniversaire, la famille est réunie sur l'île : c'est le moment de lever les mystères, les tabous, les rancoeurs que Réha ressasse depuis un an. Au coeur de l'énigme : Memorex, la multinationale pharmaceutique de son père, ainsi que ses expérimentations sur la mémoire. Des expérimentations qui attisent les convoitises de personnages puissants et sans scrupules, prêts à tout pour accomplir leurs rêves les plus fous.


Mon avis

J'ai beaucoup aimé lire ce page turner, terminé juste avant les Imaginales, histoire de ne pas avoir à le trimballer dans mon sac, ce qui veut dire qu'il n'est pas (et probablement ne sera pas) dédicacé.

On suit Reha, adolescente, pour une fois pas trop chiante, avec un comportement qui ne m'a pas semblé dément à la recherche de ce qui s'est réellement passé un an auparavant, lorsque la fondation crée par sa mère a été victime d'un attentat lors d'une soirée particulièrement importante.

La présentation de Reha et de sa famille amène doucement l'ambiance du roman, la tension monte dans les mails anonymes et la suspicion est présente partout.
J'ai particulièrement apprécié le huis clos, qui est bien mené, découvrir d'autres personnages, comme sa tante ou l'amie de son frère. Le rythme est enlevé entre passage d'action et article mettant dans l'ambiance. Les personnages se dévoilent au fur et à mesure tout en laissant la place aux hypothèses. Chaque chapitre donne envie de lire le suivant au plus vite !

Le dénouement surprend sans en faire trop, malgré un passage très "le méchant raconte son histoire et le temps qu'il perd lui sera fatal ...".
Mon petit bémol est finalement d'en savoir si peu sur "Mémorex", qu'il soit plus un prétexte à l'histoire alors que je l’espérais au centre. Les autres idées scientifiques développées (un peu de flou pour ne pas spoiler) nous plongent dans un futur assez inquiétant.

Au total : Un bon page turner sur fond de roman d'anticipation. La plume de Cindy Van Wilder est toujours aussi plaisante alors que nous sommes à mille lieux des Outrepasseurs !

SFF et diversité mini
Item 6 : Young Adult

mercredi 30 mars 2016

"L'opéra de Shaya" de Sylvie Laine

Un recueil de nouvelles dont j'ai lu beaucoup d'avis positifs. J'ai profité d'une promotion ActuSF pour me le procurer en numérique.

Résumé

Couverture L'Opéra de Shaya 


So-Ann, née dans un vaisseau spatial, a du mal à s’habituer aux coutumes étranges et contraignantes des mondes où se sont établis les humains. Alors quand elle entend parler de Shaya, cette planète où la faune et la flore sont en totale empathie avec ses visiteurs, elle n’hésite pas une seule seconde. Mais en vérité, qui s’adapte à qui ? Quels mystères se cachent dans ce monde qui semble idéal ?



Mon avis

J'ai beaucoup aimé ce recueil de nouvelles, alors que j'avais quelques appréhensions du fait du thème très "space opéra". J'ai trouvé ce recueil très homogène avec des pistes de réflexion sur la différence, le partage et découverte de l'autre. L'écriture est très douce et bien imagée.

Le premier texte est une novella et porte le titre éponyme. Le début de ma nouvelle m'a semblé un peu facile (je cherche un but dans ma vie et je croise le bon monsieur à peine arrivée sur une nouvelle planète qui me propose LA solution), mais dès l'arrivée sur Shaya, j'ai été transportée par et sur cette planète, ses adaptations et les personnages présents sur cette planète, leur fonctionnement. Le dénouement est déstabilisant, et nous pose la question du don de soi.

Le second texte : Grenade au bord du ciel, m'a moins convaincu. On découvre une lune inhabituelle et son exploration. La question du bonheur et de la quête de soi est mise en avant, un peu comme dans le texte précédent. Peut être le texte était-il trop court?

Le troisième texte : Petits arrangements intragalactiques fait partie des textes qui apportent une touche d'humour dans un recueil. Les sapinous, les bubons comestibles ont l'air de sortir d'une soirée sous substances illicites !

Le dernier texte : Un amour de sable est aussi poétique que le premier texte. La découverte de l'autre par le toucher, le partage font partie des thèmes abordés.

Au total : Un recueil de nouvelle SF homogène qui m'a fait voyager le temps de ma lecture. Je recommande !

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Lettre L : science fiction 192 pages
SFF et diversité mini
Consigne 19 : Lire un recueil de nouvelles SFFF
Challenge FrancofouChallenge Maison : CRAAA

lundi 7 mars 2016

"La main gauche de la nuit" d'Ursula Le Guin

Un livre qui traine dans ma PAL depuis un bon moment, et que j'ai proposé en lecture commune pour mon club de lecture en mettant en avant le coté féministe de l'histoire ...

Résumé

Couverture La Main gauche de la nuit Editions Le Livre de Poche 2014Sur Gethen, la planète glacée que les premiers hommes ont baptisée Hiver, il n'y a ni hommes ni femmes, seulement des êtres humains. Des androgynes qui, dans certaines circonstances, adoptent les caractères de l'un ou l'autre sexe. Les sociétés nombreuses qui se partagent Gethen portent toutes la marque de cette indifférenciation sexuelle. L'Envoyé venu de la Terre, qui passe pour un monstre aux yeux des Géthéniens, parviendra-t-il à leur faire entendre le message de l'Ekumen ?


Mon avis

J'aime beaucoup les livre d' Ursula Le Guin, malgré leur rythme assez lent, et un manque d'action flagrant. J'apprécie surtout le fait que ses romans apportent beaucoup de pistes de réflexions, ce qui à mon avis est intéressant pour un club de lecture.

Ce roman appartient au cycle de l'Ekumen (dont j'ai déjà lu "Le monde de Rocannon"), et peut être associé à quelques nouvelles ayant lieu sur la même planète.

La planète mise en avant est particulière par son climat glaciaire, plein de neige et de glace. Le passage dans le glacier est un huis clos particulièrement oppressant. Les descriptions sont telles que je me suis sentie dans la tente avec les protagonistes, bloquée par le froid.

L'autre spécificité est sa population, androgyne, dont le genre ne se révèle qu'en de courtes périodes appelées Kemna et n'est jamais fixé. Il est ainsi étonnant de voir des dirigeants en congé "maternité" avec des conséquences sur la politique du pays.
D'ailleurs l'opposition entre les deux pays visités peuvent faire penser à la guerre froide, avec espionnage et quelques actions d'éclat aux frontières. Le second pays visité ressemble à s'y méprendre à un pays communiste dans tout sa logique de distribution au peuple.

J'ai cependant trouvé certaines longueurs qui se sont levées quand j'ai mieux perçu le dénouement du roman, et je pense plus en profiter sur une seconde lecture qui ne manquera pas d'arriver.

Quant au féminisme, j'avoue avoir eu du mal à le percevoir. Effectivement certaines discussions sur la différence de genre peuvent sembler déjà vues, mais certains participant du club de lecture nous a remis le texte dans son contexte historique, les années 60-70, ce qui permet d'apprécier les progrès parcourus.

Au total : Un roman du cycle de l'Ekumen qui nous amène sur une planète glacée avec une population déroutante. Un roman riche en réflexion à relire pour en apprécier toute sa richesse.

SFF et diversité mini
Défi  1 : une oeuvre de SF écrite par une femme

samedi 16 janvier 2016

"La cinquième vague" de Rick Yancey

Initialement dans ma liste ABC de 2015, j'ai ramé pour le terminer, malgré un début sur les chapeaux de roue. Je me contenterais peut etre de l'adaptation cinéma pour les prochains tomes

Résumé

Couverture La 5e vague, tome 11ère Vague : Extinction des feux
2e Vague : Déferlante
3e Vague : Pandémie
4e Vague : Silence

La 5e Vague arrive...
Ils connaissent notre manière de penser. Ils savent comment nous exterminer. Ils nous ont enlevé toute raison de vivre. Ils viennent maintenant nous arracher ce pour quoi nous sommes prêts à mourir…

À l’aube de la 5e Vague, sur une bretelle d’autoroute désertée, Cassie tente de Leur échapper…Eux, ces êtres qui ressemblent trait pour trait aux humains et qui écument la campagne, exécutant quiconque a le malheur de croiser Leur chemin. Eux, qui ont balayé les dernières poches de résistance et dispersé les quelques rescapés…
Pour Cassie, rester en vie signifie rester seule
.

Mon avis

J'ai refermé ce livre assez mitigée dans mon avis.

J'ai aimé le concept de vague et d'invasion extraterrestre un peu différente de ce qu'il en est d'habitude. Le début de l'histoire, très ambiance survie, met la pression et fait défiler les pages.

Puis patatras arrivent les hommes. Les 2 hommes de la vie de Cassie, le fameux Ben, dont on devine vite l'identité quand s'ouvre sa partie, et Evan qui m'a un peu plus surprise dans sa véritable identité, même si Cassie pas forcément très maligne sur le coup nous aiguille pas mal. Héroïne capable de survivre au pire, avec un cœur d'artichaut et de midinette...

Quand au cœur de l'intrigue, récupérer son frère et garder son nounours en mémoire pour se souvenir de son passé, le tout en survivant dans des situations extrêmes, bon j'ai été moyennement convaincue. Et les personnages croisés par Ben dans le centre sont aussi tellement téléphonés... Bref des clichés et de moments de soupirs de mon coté.
Il s'agit d'un premier tome et çà se sent, le dénouement nous laisse un peu en plan, alors que les personnages décollent.

L'autre point agaçant, ce sont certaines longueurs, notamment la rencontre entre Cassie et Evan, et l'apprentissage de Ben auraient pu être plus punchy.
Certains faits sont assez simples à deviner,  l'auteur nous lance un peu trop de pistes et au final les révélations n'en sont pas, bref quelques pétards mouillés par ci par là.

Les personnages sont trop classiques notamment Ben, beau gosse footballeur du lycée dont les muscles ne servent à rien en condition de survie, Cassie, nunuche transparente du même lycée qui se révèle une survivante sans pitié et Evan fermier au grand cœur qui se révèle tellement plus. Quand le bouseux se révèle être intelligent, mignon et musclé...

Quand aux extraterrestres, on ne connait pas grand chose à part qu'ils ont presque trouvé le moyen de détruire l'humanité en quelques mois. Leur but final est assez abstrait pour le moment, et leur motivation pour détruire l'humanité mais en conserver un bout m'a aussi laissé perplexe.

Pourtant, certains passages sont vraiment bien trouvés et on survit avec Cassie en doutant sur l'avenir et ses décisions.

Au total : Un roman qui a fait le buzz avec des qualités dans sa manière de voir les extraterrestres notamment. Cependant des longueurs et de clichés qui ne me motivent pas vraiment à lire la suite.

dimanche 22 novembre 2015

"L'évangile cannibale" de Fabien Clavel

J'ai découvert, il y a peu, le challenge FrancoFou de Doris, et son mois spécial ActuSF. Ayant envie d'action, j'en ai profité pour sortir ce roman, acheté lors de imaginales 2014 sur ce résumé alléchant : Des papys vs des zombies !

Résumé

Couverture L'Evangile CannibaleAux Mûriers, l’ennui tue tout aussi sûrement que la vieillesse. Matt Cirois, 90 ans et des poussières, passe le temps qu’il lui reste à jouer les gâteux. Tout aurait pu continuer ainsi si Maglia, la doyenne de la maison de retraite, n’avait vu en rêve le fléau s’abattre sur le monde. Et quand, après quarante jours et quarante nuits de réclusion, les pensionnaires retrouvent la lumière et entrent en chaises roulantes dans un Paris dévasté, c’est pour s’apercevoir qu’ils sont devenus les proies de créatures encore moins vivantes qu’eux. Que la chasse commence...




Mon avis

Avec ce résumé, je m'étais imaginé une bataille de déambulateur contre des zombies. Bon, autant dire que l'action n'est pas à la hauteur de mon imagination qui avait un peu débordé du concept !

Je suis globalement déçue de ma lecture, à laquelle il manquait le fun que j’espérais. Après le lire juste après le 13 novembre n'était peut être pas le plus malin...

Dans les points positifs, j'ai aimé suivre Matthieu vieil acariâtre paranoïaque qui suit le mouvement au départ, puis prend son envol. Ses remarques acerbes, ses plans se révèlent parfois bien plus tordus qu'ils ne le semblent. Les autres personnages apportent aussi leur lots de péripétie et de difficultés. Maglia, ses "visions et sa démence, Chris le gentil bêta, il y a dans ce livre toute une palette de personnages reflétant bien notre société.
La plongée dans ce monde du troisième âge apporte une vision assez réelle des maisons de retraite, du vécu des pensionnaires et de la place de nos anciens dans notre société.
La méthode de zombification, survolée, apporte aussi des réflexions sur l'inverse, la jeunesse éternelle et à tout prix.

J'ai cependant trouvé un manque de rythme dans ce récit, un flou assez frustrant dans leur chevauchée, même si leur esprit semble tout aussi flou. Il y a assez peu de combats, et on se retrouve plutôt dans un livre de survie malgré tous leur handicaps. La scène avec Manon m'a paru par ailleurs assez superflue, mais il était intéressant de voir leur réaction face à d'autres personnages
.
Par ailleurs, j'ai été assez gênée par un manque de majuscules sur tous les prénoms, autoroute et autres mots qui habituellement en méritent.

Au total : Un peu déçue de roman où il m'a manqué un peu de dérision et de second degré.

Challenge Francofou