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lundi 4 avril 2016

[Roman graphique] Le sculpteur de Scott McCLoud

Recu dans le cadre de l'opération Price Minister pour le festival d'Angoulème, un roman graphique qui me tentait bien par le thème abordé. J'avoue avoir eu une petite surprise quand j'ai vu l'épaisseur de ce livre, mais aucune déception à la fin de ma lecture

Résumé

Couverture Le Sculpteur 

David Smith consacre sa vie à l'art – jusqu'à l'extrême. Grâce à un pacte avec le diable, le jeune artiste voit son rêve d'enfance réalisé : pouvoir sculpter tout ce qu'il souhaite, à mains nues. Mais ce pouvoir hors norme ne vient pas sans prix... il ne lui reste que 200 jours à vivre, pendant lesquels décider quoi créer d'inoubliable est loin d'être simple. D'autant que rencontrer l'amour de sa vie le 11ème jour ne vient rien faciliter.



Mon avis

Ce roman graphique est un coup de cœur, à la fois pour le graphisme et l'histoire retracée.

David Smith, nom ordinaire au destin qui l'est moins, sculpteur talentueux dès le plus jeune âge, repéré tôt qui se grille auprès des acheteurs sur des erreurs de jeunesse.
Nous le découvrons vers 25 ans
à la recherche du succès perdu, dans une dépression assez profonde.
J'ai aimé ressentir par les cases les émotions de David ressentir de l'empathie juste sur les traits et les situations.
Il faut pour apprécier ce livre aimer les personnages malmenés par leur auteur ; il n'existe que quelques pages, jours de répit dans ce récit.

Sa rencontre avec Harry va changer sa vie, et surtout sa manière de sculpter. Je me suis attachée à ce David torturé qui apprend à transmettre les émotions à la pierre et à associer le soi et ce que les autres recherchent dans une sculpture.




Les personnages qui gravitent autour de lui sont tout aussi intéressants, que ce soit Ollie, dont l'amitié est indefectible ou Meg forte et fragile à la fois, fantasque et décalée qui apporte ce vent de folie au sérieux initial de David tout en lui apportant une certaine stabilité. Leurs relations sont fortes, subissent des étapes, des épreuves mais restent crédibles.


Les dessins sont extrêmement forts, soutenus par du texte qui n'est jamais prépondérant et tout en douceur du fait des choix de couleurs, blanc, gris, noir et bleu. Le trait est bien net, et apporte le mouvement ou l'émotion qui suffit à comprendre la scène.







Les pages sont parfois libres de texte, souvent avec un premier tiers sur tout la largeur de la page, et un second tiers avec des marges, ce qui lui donne un profil assez particulier et permet de repérer finalement les passages forts, lorsque l'émotion prend tout la page. 

On peut survoler ce livre en tournant les pages ou prendre le temps d'apprécier les détails de chaque case et se laisser porter par l'émotion et la ville de New York très bien retranscrite.

Au total : Un très beau roman graphique sur le thème de l'âme damnée. Des dessins forts qui portent une histoire universelle. Je le recommande vivement.

dimanche 1 novembre 2015

[Bande Dessinée] "La petite mort" de Davy Mourier

J'ai profité du mois d'octobre et du challenge Halloween pour découvrir la trilogie "La petite mort" par Davy Mourier

Résumé

Premier tome :
La Petite Mort vit des jours heureux avec Papa et Maman Mort. Il va à l'école, tombe amoureux d'une fille de sa classe et essaie de se faire des amis. Bref, à quelques détails près, la Petite Mort est un enfant comme les autres, si ce n'est qu'il a un avenir tout tracé : quand il sera grand, il reprendra le travail de Faucheuse de son père. Ce qui tombe mal, car la Petite Mort veut être fleuriste !



Mon avis

Photos issues de mon Instagram !


Ces 3 tomes forment un ensemble complet, où la petite mort évolue au fur et à mesure. L'humour est omniprésent, notamment grâce aux fausses publicités (Hello Kittu !).
La petite mort rêve d'être fleuriste, mais d'abord il doit aller à l'école et subir les moqueries de ses camarades.
J'ai bien aimé les 2 premiers tomes, plein de rebondissement dans les apprentissages de la mort, dans ses conflits avec ses parents et le grand tout !
Le troisième tome est plus sombre, moins drôle et m'a moins plu même s'il est intéressant de voir le personnage principal changer de rôle et tendre à son objectif final.

Les personnages secondaires sont cools, que ce soit Ludovic, jeune homme leucémique qui devient l'ami de la Mort, ou Aude sa dulcinée qu'il n'arrive pas à séduite et encore le poisson qui permet la communication avec le grand tout et ses transformations.

Au total : Humour noir et décalé sont au rendez vous de ces 3 tomes.

 Challenge Halloween 2015.jpg

mardi 11 novembre 2014

BD : "Mauvais genre" de Chloe Cruchaudet

Je profite des rendez vous éphémères de Sophie sur le thème de la premiere guerre mondiale  pour parler cette bande dessinée dont je n'avais pas eu le temps de mettre en billet.

Résumé : 
Couverture Mauvais GenrePaul et Louise s’aiment, Paul et Louise se marient, mais la Première Guerre mondiale éclate et les sépare. Paul, qui veut à tout prix échapper à l’enfer des tranchées, devient déserteur et retrouve Louise à Paris. Il est sain et sauf, mais condamné à rester caché dans une chambre d’hôtel. Pour mettre fin à sa clandestinité, Paul imagine alors une solution : changer d’identité. Désormais il se fera appeler… Suzanne. Entre confusion des genres et traumatismes de guerre, le couple va alors connaître un destin hors norme.




Mon avis

Mauvais genre fait partie de ces romans graphiques qui prennent aux tripes, plongés dans la vie des protagonistes. La tension est omniprésente, pas d'humour, des sujets graves traités avec beaucoup de délicatesse, mais aussi de réalisme que ce soit la désertion, le stress post traumatique ou le changement de genre. Le thème amène à réfléchir, fait bouger nos préjugés et certaines idées reçues.

La situation de Paul et Louise nous émeut.
On est fasciné par Paul qui se transforme en Suzanne, qui se découvre une nouvelle manière d'être et de vivre, qui correspond peut être mieux à ses envies. Mais entre Suzanne et Paul, il est difficile de savoir qui prend le dessus, si le personnage crée pour la survie ne prend pas le pas sur le mari aimant du début, s'il n'est pas plus facile de rester derrière son masque, plutôt que de revenir à soi même.
La quête d'identité est présente : qui suis je, que vais je devenir, comment s'adapter en restant soit même ? Au final, on se perd comme le personnage dans l'identité qu'il présente qu'il souhaite être et devenir. Perdu dans ses aspirations d'avant guerre, puis de déserteur ayant trouvé un équilibre, son avenir tiraillé entre deux personnalités si différentes ne pouvait finalement qu'être tragique. Dès les premières pages débutant par un procès, cet avenir nous est évoqué.


On est éblouit par Louise, qui reste auprès de son mari, jusqu'à son acte de courage ultime.

Les dessins gris avec une pointe de rouge servent magnifiquement l'histoire. Le passage dans les tranchées est criant de réalisme. 

Les héros de la guerre sont à la fois les soldats, mais aussi toutes ces femmes qui ont du la vivre dans leur quotidien, seules avec le rationnement alimentaire imposé, les difficulté financières. La fin de la guerre n'est qu'une ouverture vers une vie meilleure. Il est difficile pour les anciens soldats de reprendre le quotidien.

Au total : Un roman graphique qui sous le thème de la désertion durant la première guerre mondiale aborde des sujets bien plus complexes comme le changement de genre, et la dépersonnalisation.

D'autres avis : ici, la, ou encore par ici

verdun_memorial


lundi 3 mars 2014

"Melody" de Sylvie Rancourt


Quand j'ai vu le thème du mois de février du challenge de Froggy, je me suis dit "Mince", c'est pas trop mon truc, et ceux que j'ai lu ne m'inspirent pas un article de blog. (Bon, vu le prochain mois, je ne suis pas gâtée !)


Photo

Finalement, plus que le premier tome de 50 nuances de Grey que l'on m'a offert à mon anniversaire l'an dernier, j'ai décidé de parler de Melody, une bande dessinée qui parle de Strip Tease.

"Résumé" ou plutot concept

Danseuse dans les bars de Montréal au début des années 1980, Sylvie Rancourt met à la disposition des clients un fascicule exposant, en bande dessinée, les aléas de son métier. 


Mon avis :

Le graphisme est assez déstabilisant, car assez simpliste. Noir et blanc, des traits efficaces sans trop de détail ni dans les décors, ni dans les corps des personnages.

L'histoire nous amène à suivre une femme ayant décidé de faire de la danse sensuelle pour arrondir les fins de mois.
On écarquille les yeux devant son homme, goujat fini, et son attachement à celui ci. Malheureusement le récit s'essoufle à mi parcours, avec une certaine répétition et une non évolution de l'héroïne et des dessins, qui restent simples et naïfs.
Erotique, on peut en discuter. Présentant des scènes osées oui. Ambiance bar à prostituées aussi !

En tout cas un bande dessinée originale qui sort de mes lectures habituelles, à réserver cependant à un public averti désirant voir les bars de l'autre coté.

Site les inrockshttps://www.lesinrocks.com/2013/03/14/livres/bd-melody-le-temoignage-desarmant-dune-strip-teaseuse-dans-les-annees-80-11375076/

mercredi 13 mars 2013

[BD]"Demain, Demain" de Laurent Maffre

Lue dans le cadre de La BD fait son Festival chez Priceminister, j'ai choisi cette bd devant le thème, le titre que je trouve plein d'optimisme et la couverture noire et blanc qui m'intriguait

Résumé




- Ca c'est pas une maison, ça c'est une cabane, dans une cabane il pleut, dans une cabane il fait froid !
À la croisée du documentaire et de la fiction, le destin d'une famille algérienne, du bidonville de Nanterre à son relogement.

Source : site Acte Sud






Mon avis :

Cette bande dessinée faisait partie de la sélection officielle du dernier festival d’Angoulême.

Retraçant l'histoire de Kader, et de sa famille arrivée d'Algérie pour vivre en France, et contrairement à ce qu’ils pensaient dans le bidonville de Nanterre, proche des travaux de la Défense dans les années 60s.

On retrouve dans ce livre, pleins de thèmes que je ne lis pas souvent en bulles, notamment à tout ce qui touche l'immigration et ses conséquences : la misère, l'entraide nécessaire pour continuer, les illusions perdues. Loin de nous faire couler des larmes, cette histoire met en avant le courage de ces hommes et femmes, qui dans l'espoir du plein emploi sont venus en France pour gagner leur vie, ont abandonné village et terre natale pour un avenir meilleur, notamment pour leurs enfants.

L'histoire est narré à la fois du coté des hommes, qui travaillent sur les bâtiments en construction qu'ils ne peuvent pas habiter, sur leur démarches permanentes auprès de l'administration française pour obtenir un logement décent, le racisme ambiant, mais aussi du coté de femmes, de leur rêves brisés et du quotidien dans un logement qui ne tient que par leur courage, là où les réparations sont interdites, où l'humidité est permanente, alors qu'il n'y a pas d'eau potable.
Blogger ne veut pas la mettre dans le bon sens...

Malgré un temps assez court qui nous est relaté (environ 4 ans), les changements politiques des différentes périodes sont bien intégrés avec notamment l'indépendance de l'Algérie et ses répercussions sur leur vie quotidienne.
On perçoit de manière criante toute l'ambivalence de notre pays, heureux d'accueillir de la main d’œuvre, mais refusant de les intégrer de manière décente, sauf s'ils changent de nationalité (et encore...).


Les dessins sont vraiment beaux, en noir et blanc, criant de précisions notamment sur les grand plans, et marquent souvent le contraste entre leur condition de vie et ce qu'ils construisent.

Au total : Une bande dessinée qui m'a charmé tant par le thème traité avec plein de pudeur que des dessins magnifiques. Par contre, je n'ai que peu d'espoir à la sortie de cette lecture, contrairement à ce que le titre me laisser croire...

Ma note : 17/20

mercredi 20 février 2013

[Mercredi BD] "Il était une fois en France" de F.Nury et S. Vallée

Me baladant dans les rayons d'une grande surface dédiée aux livres, je suis tombé sur cette série.  J'ai pris les deux premiers tomes devant les dessins et l'époque évoquée, sans regret !

Quatrième de couverture :

Orphelin.
Immigré.
Ferrailleur.
Milliardaire.
Collabo.
Résistant.

Criminel pour certains,
héros pour d'autres...
Joseph Joanovici fut tout cela,
et bien plus encore.

Voici son histoire

Mon avis :

J'ai eu une grande période d’intérêt littéraire et touristique pour la seconde guerre mondiale, qui s'est un peu tassé, mais j'apprécie de lire des livres sur cette période, et notamment qui peuvent m'apporter un point de vue différent de notre vision lycéenne.

Dans ces deux premiers tomes, on découvre Joseph Joanovici de son enfance (quelques cases), à son mariage, son exil en France, ses débuts dans l'entreprise familiale, son comportement avant puis pendant l'occupation.
J'ai été bluffé par la fluidité des changements d'époque grâce aux dessins, à leurs couleurs et aux textes qui donnent vraiment un rythme à l'histoire. En effet, on traverse les années d'une case à la suivante sans difficultés de compréhension et avec un naturel très agréable.

Le personnage principal est fascinant de part son intelligence qu'il cache initialement, son intuition.
On le suit dans son ascension, la manière dont il se crée un réseau, met en place des magouilles, tout en essayant de protéger sa famille. Il reste difficile à cerner dans ses objectifs, aspirations finales, et semble être un éternel insatisfait, ce qui fait sa force finalement. Tirant les ficelles, complotant avec police et allemand, on est en plein dans la magouille, qui devait être monnaie courante à cette époque et qui doit persister ...

J'ai par ailleurs beaucoup aimé la préface qui débute le tome 2 et reprend les grandes lignes du premier tome tout en apportant quelques explications.
Le premier tome est orienté sur la vie de Joseph, son ascension, sa fin (?), le second plus sur la question juive et la manière dont Joseph traverse cette époque, ses concessions, mais aussi son attachement à sa religion.

Au total : Une vraie bonne découverte, une histoire complexe portée admirablement par des dessins aux trait détaillés.


Les 2 personnages féminins




mercredi 5 décembre 2012

[BD] "Chambres noires : Esprit es-tu là ?" d'Olivier Bleys et Yomgui Dumont

Une bande dessinée acheté ce week end au salon de Montreuil, j'ai été particulièrement attirée par la couverture notamment par le trait et les couleurs.

Résumé

 
Paris, 1877. Dans le studio de « photographie fluidique » de la famille Pénouquet, des bourgeois s’entretiennent avec leurs parents défunts puis posent en leur compagnie. Ce n’est bien sûr qu’un trucage : Louise et Tristan, les jumeaux adoptifs de la maison, se griment en spectres pour tromper les clients. Mais un jour, le visage d’un vrai fantôme apparaît sur les clichés… Au même moment, les jumeaux sont enlevés par une obscure confrérie royaliste, la Salamandre. Quel lien établir entre cette disparition et l’intrus surnaturel sur les photos ? La famille Pénouquet mène l’enquête !







Mon avis :

Ce premier tome bourré d'humour et bien amené met en scène une famille atypique, avec un homme, sa femme en portrait, le grand oncle ancien baroudeur et des enfants, plus ou moins âgés.
Tous sont bien différenciés que ce soit par le trait de dessin ou de caractère.

La plus jeune, muette


La plongée dans la famille
De manière assez étonnante, cette bande dessinée débute par un "article" réalisé par un journaliste-client de cette gentille famille, qui témoigne de son "expérience", qui nous met bien dans l'ambiance de cette petite famille, en nous présentant chaque membre.

La première planche est aussi assez déroutante dans le découpage des cases, et dans le fourmillement de détail.

L'histoire, sous des apparences simplistes, tient la route, et il me tarde de découvrir le fin mot de la disparition des jumeaux et le but de la Salamandre.





Un petit coté Munch?


Les dessins peuvent être perturbant dans leur forme allongée, élancée, sans cou pour certains personnages, avec des scènes pouvant faire penser à des oeuvres contemporaines.

Les tons sont assez sombres, et reflètent bien l'époque industrielle.






Au total : Une plongée dans le Paris du XIXè à travers les talents de photographes et de manipulateur de la famille Pénouquet.

lundi 15 octobre 2012

[BD] Le bleu est une couleur chaude de Julie Maroh

Une BD que j'ai lu finalement un peu par hasard, et un très jolie découverte



Mon avis


Comme je l'ai d'autant plus apprécié que je n'avais pas lu de résumé, et le 4ème de couverture est assez bref, j'ai laissé cette partie vide.

Dès les premières pages, on sent le drame sous-jacent qui va se dérouler sous nos yeux, et finalement c'est avec beaucoup de pudeur que l'auteur nous parle de l'homosexualité féminine, un sujet bien moins abordée que son versant masculin, et un sujet peu abordé classiquement.

Les dessins sont doux et délicats, et portent magnifiquement l'histoire. Les tons sont plutôt beiges, avec la note de bleu qui démarque Emma, personnage principal de l'histoire.
L'histoire est émouvante et criante de vérité sur le ressenti au moment de l'adolescence puis par la suite de certaines situations, l'évolution de Clémentine, autre personnage principal est bien amené.


Au total : une bande dessinée que je ne peux que conseiller à la fois pour le graphisme et le thème abordé !

Le blog de l'auteur aussi est à visiter !

lundi 13 août 2012

Quai d'Orsay, tome 1 : Chroniques diplomatiques d'Abel Lanzac & Christophe Blain

Une bande dessinée qui m'intriguait par son contenu, et sa couverture, j'ai franchi le pas de la lecture.

Résumé

 Quatrième de couverture
Le jeune Arthur Vlaminck est embauché en tant que chargé du "langage" par le ministre des Affaires étrangères Alexandre Taillard de Worms. En clair, il doit écrire les discours du ministre ! Mais encore faut-il se faire une place entre le directeur du cabinet et les conseillers qui gravitent dans un Quai d'Orsay où le stress, l'ambition et les coups fourrés ne sont pas rares... Inspiré de l'expérience d'Abel Lanzac qui fut conseiller dans un ministère, cet album restitue une vision de la politique à la fois pleine d'acuité et d'humour. Un pur régal !






Mon avis

Je sors assez mitigée de cette lecture.


Source Iconovox
Le point fort de cette bande dessinée réside dans ses dialogues et texte, plus que dans le dessin qui reste assez minimaliste, aussi bien au niveau des personnages que des décors.

On est plongé dans la politique internationale à travers le responsable de l'écriture des discours, qui se retrouve à ce poste de manière presque fortuite, et qui est le narrateur.

Finalement, a-t-on besoin d'une formation pour ce poste, ou suffit-il d'avoir des pistons? Ceci est vrai pour écrire ses fameux discours dont on a l'impression que personne ne les lis, ou pour gérer l'image de la France à travers les différents crises internationales. Corruption et magouille semble être la seule solution à toutes les affaires...




Source : http://bandesapart.blogspot.fr
Je suis ressortie de cette lecture avec une image assez négative des gens qui travaillent dans ce milieu, entre profiteurs et désintéressés, incompétents ou juste noyé de travail, bref tout semble assez injuste, avec des efforts pauvrement récompensés.

Le ministre des affaires étrangères se définit comme un visionnaire, avec une idée arrêtée de ses discours qu'il modifie au fil des rencontres avec des intellectuels qui tentent de mettre leur pattes dans le message à faire passer sans donner l'impression d'avoir le recul nécessaire.
On sent que l'auteur a vécu intensément ses mois au service du ministère à y laisser sa vie de couple, sa vie amicale, sa santé, pour finalement un bénéfice qui ne nous apparait pas clairement.




Au total : Une vision assez cynique et extrémiste du monde politique. Il m'a peut être manqué peut être quelques clés pour déchiffrer correctement ce livre.
Je lirais probablement le tome 2 par curiosité, car la lecture en est assez rapide finalement...

mardi 7 août 2012

[Lundi BD] "Notes" tome 1 de Boulet

Du blog de Boulet, j'ai surtout le souvenir de la ligne qui rugit, et je m'apercois que je n'ai jamais vraiment fait attention à ses strips... Chose réparée grace à cet album !

Résumé :
4ème de couverture :

“Dans Notes, vous trouverez sous la forme de billets d'humeur de nombreuses réflexions sur la vie quotidienne, la musique, la télé, les auteurs de BD, la nourriture en général et la péremption en particulier, sur le sexe et un peu sur Mireille Matthieu. Toutes ces réflexions sortent de mes carnets à dessin et servaient à alimenter un blog ouvert en 2004 sous les conseils de mes amis (Ils trouvaient que – je cite – "ce serait quand même plus pratique que tes p+++ de mails groupés qui pèsent trois tonnes"). Ce premier tome est une compilation de la première année, les autres suivront sous peu.” Boulet



Mon avis : 

J'ai beaucoup aimé ce recueil de note, sans thème fixe, car fait sur la temporalité.
Certaines nous parlent particulièrement, d'autres sont un chouille trop geek pour pouvoir vraiment me sentir concerné.




Boulet a un dessin qui est à la fois reconnaissable (dans ses traits carrés) mais parfois surprenant, sur certaines planches qui semblent vraiment plus travaillé. Finalement, on a les planches où le dialogue prime, plutôt noire et blanches avec du texte et celles qui sont vraiment travaillés avec des traits et des couleurs.










Racletttttttttte !



Dans ce recueil, on trouve donc des runnings gag raclette, et dédicaces (la version cachée des auteurs en dédicaces ! ), une ode à la SNCF, ses tarifs et son administration, de la vie en colocation, et un voyage à Séoul.




Un mélange hétérogène mais qui fonctionne, je pars donc à la découverte plus approfondie de son blog et de ses prochaines notes !

Petit hommage au Temps du twist, récemment lu :




lundi 23 juillet 2012

Lundi BD : Polina de Bastien Vives


Cette bande dessinée est un vrai coup de cœur pour moi, j'ai accroché à l'histoire ainsi qu'au style particulier mais enchanteur du dessin.

4ème de couverture

 " Il faut être souple si vous voulez espérer un jour devenir danseuse. Si vous n'êtes pas souple à 6 ans, vous le serez encore moins à 16 ans. La souplesse et la grâce ne s'apprennent pas. C'est un don.
 Suivante... "








Mon avis

J’ai commencé cette BD, un peu comme ca par hasard, puis 15 minutes plus tard, j’y étais encore, et finalement, je l’ai dévorée.

L’histoire de départ est assez simple, l’évolution d’une danseuse, de sa petite enfance, jusque là où ses pas la portera.Sans être du monde de la danse, je me suis laissée emportée dans l'univers de Polina.

Ce qui fait la force de ce livre, sont les dessins, à la fois simples sur certaines cases, comme pour mieux faire passer les pensées, ou les figures de danse, mais parfois travaillés jusque dans les détails des lieux. Le noir et blanc sur fond gris est maitrisé, participe à la douceur et l’harmonie qui dégage ce livre tout en valorisant le travail sur les expressions et les postures.

Les personnages sont souvent simples dans leur aspect global tout en gardant des particularités permettant de les distinguer facilement, y compris lorsque Polina est noyée dans la foule des apprenties danseuses. 

issue de http://blog.lefigaro.fr/bd/2011/03/post-4.html
Polina surprend initialement avec son nez noir, mais notamment dans la période adulte, on y lit la douceur de son regard et de ses traits. On devine l’amour qu’elle porte à la danse, et l’affection pour son mentor. J’ai aimé le respect aux aînés qui dégage de ce livre, l’ambition qui doit être respectée si elle est bien délimitée.

« Les gens se trouvent toujours de bonnes raisons avant d’agir. Sachez qu’il n’y a pas de bonnes ou mauvaises raisons, et que les gens qui se justifient on déjà perdu.
Vous êtes la seule à savoir pourquoi vous passez cette audition. » page 76

La relation entre Polina et son entourage montre son évolution personnelle et professionnelle, les choix qu’elle fait, même si certains peuvent sembler surprenant, et j’ai suivi avec plaisir son parcours.

Les dialogues sont peu nombreux mais efficaces et présents lorsque le dessin est impossible.

Au total : Un coup cœur, un livre qui emporte dans le monde de la danse et qui fascine par la qualité de ses dessins et de ses dialogues.



Car j'ai beaucoup pensé au statue et tableau de Degas en voyant les dessins 


Un coup de cœur pour le challenge éponyme !


lundi 9 juillet 2012

Lundi BD [6] "Maus" d'Art Spiegelman


Un classique en bande dessinée, en noir et blanc mais qui véhicule beaucoup de messages.

Résumé


Maus est une bande dessinée d'Art Spiegelman. Elle raconte, à travers le dialogue de l'auteur et de son père, juif polonais, survivant des ghettos et d'Auschwitz, l'histoire des persécutions nazies, depuis les premières mesures anti-juives jusqu'à l'effondrement du Troisième Reich et l'immédiat après-guerre.
Maus a reçu le prix Pulitzer en 1992 et a été traduite en dix-huit langues.




Mon avis

La seconde guerre mondiale fait partie des thèmes sur lequel j’ai pas mal étudié, que ce soit par la lecture, les voyages (notamment les plages du débarquement, et la visite de Dachau) ou les films.
Maus retrace l’histoire de Vladek Spiegelman, juif polonais.

On découvre sa vie avant, couturier marié à une héritière qui a une entreprise florissante, et une situation sociale confortable puis son exil, la fausse impression de liberté qui existe au début, les magouilles pour travailler, obtenir d’autres tickets de rationnement et enfin son passage dans les camps de concentration, peut être le plus marquant.

L’histoire est porté à la fois par les dessins, même si le choix d’animaux peut rester discutable, on repère bien les objectifs de l’auteur, et par l’alternance de narration entre le présent, les difficultés d’écriture et la volonté de connaitre son passé et l’histoire racontée par son père, sans fioritures.

Ce livre m’a beaucoup fait penser à « Si c’est un homme » de Primo Levi, car il décrit la situation assez froidement, et malgré nos efforts, il est difficile de s’attacher aux personnages principaux. Ici le père d’Art Spiegelman, nous est montré à la fois à l’époque de l’écriture, avec toutes les conséquences familiales de cet évènement et pendant la guerre, avec les doutes permanents, les combines pour mieux s’en sortir. Il reste égal à lui-même tout le livre. L’histoire l’a peut être changé, mais on se dit que le caractère de base de Vladek est resté constant, et sa détermination l’a aidé à passer l’histoire.

Art Spiegelman est un enfant de l’après guerre, et il montre la difficulté qu’il a eu à tisser des liens avec son père, à exister par rapport à son frère décédé et c’est surement cette partie qui est la plus touchante.

Au total : Une bande dessinée qui apporte une vision humaine de l’Histoire et d’un de ses évènements les plus marquants. A mettre entre toutes les mains.

Quelques photos de ma visite de Dachau : 





lundi 16 avril 2012

Lundi BD [5] : La légende du Changeling de Dubois et Fourquemin

Ma soeur a une bibliothèque de dingue, notamment en ce qui concerne les BDs. J'ai donc découvert celle ci lors de mon précédent voyage.

La légende du Changeling,Tome 1 : Le mal-venu




Résumé :


Au creux des arbres, au fond des forêts, dans chaque pierre, dans les champs et les plaines... Partout l'esprit de la nature est vivant. La légende dit que, tous les cent ans, un jeune garçon sera enlevé à ses parents par les fées et qu'il en reviendra transformé. Il pourra désormais communiquer avec la nature et ses forces magiques. Il est dit que ce jeune garçon combattra les êtres maléfiques voués au Seigneur du Chaos. Il est dit que de son combat dépendra l'avenir des êtres de Lumière. Et c'est le soir où une étoile s'émiettant des infinis viendra au milieu d'un cercle de pierres que la quête du Changeling commencera.


Mon avis :

Cette bande dessinée nous transporte dans les contes et légendes celtes/bretonnes/irlandaises? aussi bien à travers les dessins et détails des cases que les personnages et l'histoire.

On suit un petit garcon roux qui disparait et revient peu après sa naissance, on apprend à connaitre, ses parents, sa sœur. On découvre la campagne anglaise, puis Londres, la grande ville au début de l'industrialisation.
J'ai aimé me sentir plongé dans le quotidien des personnages de la campagne, puis de la ville, dans leurs difficultés quotidiennes, qui permettent d'ancrer l'histoire dans une certaine réalité, en apportant la touche de fantastique qui fait douter de sa réalité et nous fait osciller entre deux mondes. J'ai aimé les rencontres avec l'habitant de la foret, qui joue le rôle de mentor.

Ce premier tome est une mise en place, une découverte des personnages, des légendes qui vont, je pense, se développer par la suite. Le frère et la soeur sont mystérieux dans leur rapport avec la foret et la nature, et on se demande quels vont être leur rôle dans les prochains tomes.

Petit bémol : La série est en cours, je ne sais pas combien de tome sont prévus mais surement un certaine nombre...

Au total : Un premier tome au parfum de légende, qui donne envie de poursuivre.

lundi 19 mars 2012

Lundi BD [4] : "Lydie" de Zidrou et Jordi Lafebre

Attirée par la couverture tissée ainsi que par le regard de cette femme sous la pluie, j'ai amené "Lydie" avec moi.



Résumé

4ème de couverture :
"Lydie est mon hommage au quotidien, à la solidarité humaine, à la gentillesse. C'est mal vu d'être gentil de nos jours. Pourtant, la gentillesse, c'est comme le sucre sur les fraises : ca aide à faire passer les plus acides. Et puis, après, c'est tellement bon de lécher l'assiette."  Zidrou


Mon avis :

Attirée par le visuel, je n'ai pas été décue de cette bande dessinée. Comme l'auteur le fait remarquer sur le quatrième de couverture, c'est une histoire qui rend hommage à la gentillesse, à la compréhension. Une histoire un peu hors du temps mais dont on ne peut croire qu'elle puisse se passer dans notre époque et nos grandes villes.




Camille jeune fille un peu simplette, orpheline de mère, met Lydie au monde. Lydie, morte née, réapparait quelques 2 mois après sa naissance, car sa mère n'a pas réussi à en faire le deuil, elle se met à l'imaginer proche d'elle, à la faire grandir avec elle et son grand père, du baptême à l'école, des anniversaires aux fêtes du village.

Ce livre retrace l'ambiance des villages d'autrefois, où tout n'est pas rose, mais la solidarité existait pour le travail, pour le quotidien. Les légendes participaient à la vie quotidienne et renforçaient l'unité du quartier.
Elle apporte aussi une vraie réflexion sur le deuil, sur les pertes que chacun subit et la manière de l'aborder selon notre âge, notre attachement et le contexte.

L'évolution de Camille est intéressante, elle se prend en main, trouve du travail, apprend à gérer le quotidien, passe à travers les préjugés initiaux. Les personnages secondaires sont présents, plein d'humour ou de fiel, de naïveté ou malice, plein de détails qui nous plonge encore plus dans cette impasse du bébé à moustache.


Finalement la frontière entre le réel et l'imaginaire reste tenue, surtout pour les enfants.

J'ai beaucoup apprécié les lumières des différentes cases, de l'hiver au printemps, de la tristesse à la renaissance, la nuit, le jour, le tout dans une ambiance un peu sépia, pour nous donner cette impression de plongée dans le passé. Les personnages ont des courbes douces mais reconnaissables. Texte et images se complètent sans être redondant.

Au total : Un joli moment d'émotion à travers cette bande dessinée mettant en scène un autre temps.


(Les extraits se trouvent page 7 et page 44)

lundi 27 février 2012

Lundi BD [3] : "Idées noires" de Franquin


Un bande dessinée achetée, il y a un petit moment au décours d'une exposition sur Franquin, plus orientée Spirou et Marsupilami, j'avais particulièrement apprécié les quelques planches vues lors de cette exposition.



Quatrième de couverture

Lorsqu’après avoir lu une page d’Idées Noires de Franquin, on ferme les yeux, l’obscurité qui suit est encore de Franquin.

Version Wikipédia : Franquin a créé cette série alors qu’il était en période de dépression. Il y renoue avec un graphisme plus pur, évitant toute fioriture (usage du noir et blanc), privilégiant les silhouettes et les ombres toujours plus noires.
Ces gags, souvent cruels et sadiques, fustigeant la bêtise humaine, connaîtront un grand succès.

Mon avis

Surtout connu pour ses Gaston Lagaffe, Franquin, avec ce recueil de planches, nous plonge dans son humour noir, très noir. Fini les blagues au travail, les personnages bêtes mais gentils. Ici, on voit des chasseurs, des malfaiteurs, des chefs d’entreprise obnubilés par le profit et la guerre. 

Personnellement j’adhère, et j’adore. En quelques cases et sans couleurs, Franquin nous offre sa vision du monde et des humains.
 Les premières  planches sont accompagnées d’un titre débutant par  « Il ne faut pas confondre »  émission en direct et radioactivité ; vulgaire ignorant et platane (qui j’apprécie énormément) ; et surtout pale capitaine et peine capitale, avec sa rangée de guillotine.

 Cruelle, sans pitié, la nature reprend souvent ses droits sur ces hommes qui l’oublient. Point de héros récurrent, mais des insectes, des lapins, des monstres plus ou moins imaginaires qui nous font réfléchir et vibrer sur le sens de notre vie et de notre monde.

Au total : Un recueil qui fait partie de mes bandes dessinées préférées. A feuilleter sans hésiter.

Pour aller plus loin : Le site des idées noires

Quelques planches pour la route:

1ère et dernière planche



lundi 20 février 2012

Lundi BD [2] : "L'assassin Royal" Tome 1 : Le batard de Jean Charles Gaudin et Laurent Sieurac


J’ai lu il y a fort longtemps L’assassin royal de Robin Hobb, série qui m’a fait découvrir et apprécier la fantasy. J’ai envie de me replonger dans cet univers, alors avant de m’attaquer à la relecture, la bande dessinée, m’est apparue comme une alternative intéressante.



Mon avis

Je me souviens de la trame de l’histoire, plus que des détails du livre.

Cette BD semble suivre cette trame, on y retrouve les moments clés de l’arrivée de Fitz dans le château des Lonvoyants. On découvre Umbre, Subtil, Vérité, Royal et l’ensemble des personnages qui feront le charme de la série. Le fou ne fait qu’une courte apparition, la magie n’y est qu’évoquée sans plus. Fitz est attachant dans sa découverte de ce qui va devenir son quotidien, son univers.

J’ai apprécié me replonger dans cet univers, dont les paysages ressemblent à ce que je m’étais imaginé à quelques détails près. Par contre, l’histoire est survolée, et pas mal de détails, explications sont raccourcis, ou supprimés, bref, je ne sais pas si un œil neuf peut apprécier ce qui fait le charme de cette série, notamment la plume de Robin Hobb qui permet de s'évader facilement.

Petit bémol, les dessins des personnages, j’ai trouvé que Vérité/Royal et Burrich se ressemblent énormément niveau visage, et qu’il était ainsi difficile de s’y retrouver, il leur manque un signe distinctif, notamment au niveau de leur carrure et certains ne sont pas ressemblant à mon imagination personnelle (bon c'est purement subjectif comme remarque...).

Au total : Une bande dessinée qui respecte l’univers et l’histoire de Robin Hobb, un bon complément à ma relecture (qui s’annonce proche !) mais peut être un peu trop survolé pour une découverte.

Petites informations autres : Le premier cycle devrait contenir 9 bande dessinées au total (3 BD par tome US)

Petites photos trouvées surr le site bdgest