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samedi 28 octobre 2017

Le jour d'avant de Sorj Chalandon



Recu dans le cadre de l'opération "Les matchs de la rentrée littéraire"organisé annuellement par PriceMinister, j'ai choisi ce livre du fait du thème abordé et de l'auteur que j'avais envie de découvrir depuis quelques années.

Résumé
Une publication partagée par Rose (@rose_alphie) le

" Venge-nous de la mine " , avait écrit mon père. Ses derniers mots. Et je le lui ai promis, poings levés au ciel après sa disparition brutale. J'allais venger mon frère, mort en ouvrier. Venger mon père, parti en paysan. Venger ma mère, esseulée à jamais. J'allais punir les Houillères, et tous ces salauds qui n'avaient jamais payé pour leurs crimes.


Mon avis

Habitant le Nord depuis maintenant 4 ans, ce titre aux accents régionaux m'intriguait.

L'histoire suit Michel, frère et neveu de mineur, fils d'agriculteur dans le Nord, dont la jeunesse a été marquée par un accident tragique ayant entrainé le décès de son frère, alors qu'il avait 16 ans et ayant entrainé la rupture de l'unité familiale.
Son père ne souhaitait pas que la mine emporte son fils comme elle avait emporté son frère. Michel a poursuivi sa vie à la recherche d'une vengeance, pour son frère, pour son père et pour ceux emportés par la mine dans la catastrophe de Lievin, dont le procès n'a pas vraiment mis en avant les responsabilités des dirigeants qui cherchaient la rentabilité au dépens de la sécurité des employés.

Ce roman aborde des sujets qui restent d'actualité, notamment sur les conditions de travail et le retentissement sur la santé des travailleurs, mais aussi sur la vengeance et la place de la justice dans la société.
Il rend  hommage à les travailleurs du charbon qui ont fait vivre toute une région, et dont chaque personne originaire du bassin minier en a fait partie directement ou indirectement.

Le personnage de Michel est fascinant par sa ténacité, pugnacité mais aussi par les secrets qu'il cache et qui se révèlent au fur et à mesure. Au fur et à mesure que son histoire est révélée, la compassion et la surprise se succèdent, et il est finalement difficile de "juger" les actes de Michel, et de savoir que ressentir face à ce personnage.

L'histoire est bien menée, en deux parties, avec une tension qui monte progressivement.
J'ai aussi beaucoup apprécié les personnages secondaires, dont la plupart se révèlent au fur et à mesure du roman avec leur part d'ombre et de lumière qui les rendent si crédibles et proches de nous.

Au total : Une plongée dans le bassin minier pleine de surprise et de souvenir qui m'a fait découvrir l'écriture de Sorj Chalandon. Je me laisserai surement tenter par d'autres livres de cet auteur.



lundi 2 octobre 2017

"Une prière pour Owen" de John Irving

Repéré depuis quasiment mes débuts bloguesques, mis dans ma liste ABC depuis 4 ans, sans que j'ose passer le cap, cette année était la bonne pour cette découverte !

Résumé

Owen tue la mère de John, son meilleur ami, d'une balle de base-ball perdue. À onze ans, il se proclame instrument de Dieu, et grâce à lui, John devient chrétien. C'était avant Kennedy, la guerre du Vietnam et la prolifération de l'arme nucléaire. John se souvient de son ami d'enfance, et avec une nostalgie pleine de colère, d'une certaine Amérique, égocentrique et triomphante.

Mon avis

Je n'ai pas dévoré, mais plutôt savouré ce livre riche, dense qui dépeint une Amérique des années 60-70s, en pleine guerre de Vietnam, crise des missiles et scandales présidentiels (M. Monroe, Nixon...) par le biais d'un expatrié, narrateur de la vie de son ami.
Ce livre restera dans ma mémoire à la fois pour les personnages, mais aussi pour ce regard si particulier sur certains évènements, sur l'Amérique des petites villes et l'amitié indéfectible entre Owen et le narrateur.

Le départ est étrange, et correspond au résumé. Je me suis demandée à plusieurs reprises ce qui liait les 2 personnages, puis au fur et à mesure de la lecture, on découvre l'intelligence, le charisme d'Owen qui ne demandaient qu'à s'épanouir.

L'histoire de sa vie, racontée par son ami,est faite de petites quêtes qui prennent de l'importance, de combats qui semblent perdus d'avance à la recherche d'une justice.
Il y a pas mal de passage sur la discrimination, du fait du physique d'Owen, qu'il me reste difficile de visualiser. Sa voix notamment, retranscrite en majuscule pour signifier son timbre particulier (et qui m'a fait penser à la Mort de Pratchett, plus dans mon genre actuel de lecture) et accentuer sa parole est un mystère.
La religion a aussi un place très importante. Les différentes églises sont abordées, et malgré la foi des personnages, il existe un certain recul des personnages sur leur pratique et leur croyance. Owen lui même très croyant, pensant être un instrument de Dieu reste assez distant avec l’Église en elle même.

Les personnages secondaires sont parfois caricaturaux (comme la mère de son rival à l'université) mais souvent plein de surprises et finalement la plupart du temps attachant, ce qui est surement majoré du fait de la position du narrateur lorsqu'il parle de sa famille (comme sa mère, son beau père ou sa grand mère).
Il m'est difficile d'en dire plus sur ces 700 pages intenses en réflexion et en moment de vie.
 On ressent l'incompréhension ressentie pour la guerre, dans le décompte des victimes et la motivation des engagés.

Au total : L'humanité du narrateur mais surtout d'Owen, ses convictions pacifistes éclatent au fur et à mesure de la lecture et je ne peux que vous conseiller de les découvrir et de vous laisser emporter par ce récit de vie si particulier.

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Lettre I 699 pages

mercredi 20 septembre 2017

"Veridienne" de Chloé Chevalier (Récits du Demi Loup tome 1)

Acheté lors d'une opération Bragelonne, j'ai repéré ce livre, parlant de princesses et de suivantes, après de nombreux avis positifs sur la toile.

Résumé

Couverture Récits du Demi-Loup, tome 1 : Véridienne
Au bord de l’implosion, le royaume du Demi-Loup oscille dangereusement entre l’épidémie foudroyante qui le ravage, la Preste Mort, les prémisses d’une guerre civile, et l’apparente indifférence de son roi. Les princesses Malvane et Calvina, insouciantes des menaces qui pèsent sur le monde qui les entoure, grandissent dans la plus complète indolence auprès de leurs Suivantes. Nées un jour plus tard que les futures souveraines auxquelles une règle stricte les attache pour leur existence entière, les Suivantes auraient dû être deux. Elles sont trois.



Mon avis

J'ai bien aimé ce livre, qui nous plonge dans un univers médiéval où les intrigues politiques sont nombreuses et au premier plan.

Les personnages principaux sont féminins, et pour une fois ne subissent pas une quête initiatique à travers le royaume (même si les premières pages concernant de Calvina et Lufthilde pourrait s'y apparenter).
Même si certains passages tournent au conflit adolescents, j'ai apprécié la toile de fond sous-jacente, et notamment la dégradation progressive du royaume Demi Loup, abandonné par son roi qui semble y faire surtout acte de présence. La menace de la maladie et le retour du Prince réveille ce royaume endormi.

En refermant ce livre, je me suis surtout qu'il était surprenant qu'un royaume laisse autant de liberté à 'ses princesses' appelées à prendre le pouvoir, et qu'il manque finalement une figure parentale à cette troupe de jeunes filles qui vivent au rythme de leur vie de château sans vraiment appréhender le monde extérieur.
Les relations entre les princesses et leur suivantes font partie du charme de ce roman, pas vraiment  domestiques, mais pas leur égales non plus. Leur rôle est difficile à appréhender, d'autant plus qu'il existe des entorses assez faciles aux règles et que ce fonctionnement n'est pas "classique" dans la littérature.

Le rythme est assez lent, l'histoire rapporté par des journaux qui s'alternent, avec parfois quelques difficultés à reconnaitre la plume initiale, le style étant assez linéaire.
L'univers se développe au fur et à mesure, et une fois la dernière page tournée, j'ai envie de découvrir la suite. Les personnages principaux et secondaires finalement ne sont qu'ébauchés, ainsi que leur monde et on perçoit la richesse des caractères et de leur évolution potentielle et leur retentissement sur l'univers. Rien ne semble figé à la fin de ce premier tome et les possibilités pour la suite semblent vraiment pouvoir partir dans plusieurs orientations très différentes.

Au total : Un premier tome qui met bien en place l'univers du Demi Loup et donne envie de poursuivre les histoire de Calvina/Malvane et leur suivantes, d'autant plus que l'adolescence étant terminée, leur action auront du poids

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Lettre C : 376 pages

mercredi 26 juillet 2017

"Comme un conte" de Graham Joyce

Acheté lors d'une opération Bragelonne, je m'étais laissé tentée après avoir lu "Lignes de vie" de cet auteur, très bon roman qui est une ligne fantastique discrète.

Résumé

Couverture Comme un conteIl y a vingt ans, une adolescente nommée Tara disparaît sans laisser de trace. Son corps n'a jamais été retrouvé, et sa famille a fini par accepter son deuil. Pourtant, le soir de Noël, on frappe trois coups à la porte. Sur le seuil se tient une jeune fille qui ressemble étrangement à Tara. Et elle a l'air toujours aussi jeune... après la joie des retrouvailles, des questions se posent. Peter, qui ne croit pas aux miracles, croit encore moins à l'histoire de sa soeur, qui prétend avoir été enlevée par des fées...





Mon avis

Je me suis laissée moins emporter par ce roman que Lignes de vie. Certains éléments sont pourtant assez similaires, notamment les liens familiaux forts entre les personnages, et la ligne fantastique troublante.

Cependant le personnage de Tara reste assez mystérieux tout du long, et finalement peu charismatique. Elle revient après 20 ans de disparition et raconte une histoire, semblable à un conte de fée. L'histoire personnelle de Tara avant sa disparition est racontée par épisodes de flash-back et on découvre le fonctionnement de cette famille et de son entourage, jusqu'à la disparition.

J'ai trouvé le personnage de son frère plus attachant, surement car plus ancré dans la réalité notamment dans sa recherche de comprendre ce qui s'est passé. Sa famille, avec son fils Jack et sa femme apportent des petit plus à l'histoire et de l'humanité à ce récit.
L'autre personnage assez lumineux  du roamn est Richie, l'amoureux adolescent qui tenta de survivre à sa disparition après en avoir été accusé. Lui aussi son évolution apporte au récit humanité et fantastique, juste par touche.

L'histoire est bien rythmée, et j'ai apprécié ma lecture mais une fois la dernière page tournée, je suis restée sur ma faim. 

Au total : Un roman fantastique entre réalité et conte de fée. Un petit manque de charisme chez le personnage principal cependant pour que j'y accroche complètement.

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Lettre J 440 pages

lundi 17 juillet 2017

"La vérité sur l'affaire Harry Quebert" de Joel Dicker

Livre que l'on m'a offert peu de temps après sa sortie, j'avoue avoir été un peu échaudée par son épaisseur. Je l'ai finalement lu en assez peu de temps.

Résumé

Couverture La vérité sur l'affaire Harry QuébertÀ New York, au printemps 2008, lorsque l'Amérique bruisse des prémices de l'élection présidentielle, Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est dans la tourmente : il est incapable d'écrire le nouveau roman qu'il doit remettre à son éditeur d'ici quelques mois. Le délai est près d'expirer quand soudain tout bascule pour lui : son ami et ancien professeur d'université, Harry Quebert, l'un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec qui il aurait eu une liaison.
Convaincu de l'innocence de Harry, Marcus abandonne tout pour se rendre dans le New Hampshire et mener son enquête. Il est rapidement dépassé par les événements : l'enquête s'enfonce et il fait l'objet de menaces. Pour innocenter Harry et sauver sa carrière d écrivain, il doit absolument répondre à trois questions : Qui a tué Nola Kellergan ? Que s'est-il passé dans le New Hampshire à l'été 1975 ? Et comment écrit-on un roman à succès ?


Mon avis

Je suis dans ma période policier, après le roman de Fred Vargas. Encore un fois, je me suis retrouvée happée par l'histoire.

L’enquête est plutôt sympathique avec une plongée dans l'Amérique des années 70s, les ambitions de chacun parfois rattrapées par la réalité (j'ai eu pas mal de compassion pour Jenny...) et le rappel des limitations des technologies actuellement accessibles.
On n'échappe malheureusement pas à quelques clichés (la mère de Marcus, Robert, beauf en puissance) et à certaines ficelles (Tiens il ne devait pas creuser ce point, et quelques 200 pages plus tard et ca entraine un ultime rebondissement...). De même, le rapprochement entre Marcus et le policier en charge de l’enquête est finalement assez facile, à croire qu'il est possible de devenir détective privé en lien avec la police en quelques minutes.

Les personnages sont attachants, et assez creusés pour apporter leur lot de surprise, y compris quand on pense les avoir cernés. La galerie est modérée mais bien différenciée et j'ai apprécié suivre leur vie dans les années 70 et leur vie actuelle. Chacun apporte une facette de la vie de Nola et sa place dans le village.

La fin est pleine (un peu trop?) de rebondissements mais apporte toutes les explications attendues.
J'ai aimé la mise en abyme effectuée par l'auteur avec les conseils d'écriture du maitre à l'élève qui s’accordent pas mal aux chapitres du livre et cette impression qu'il écrit ce livre en même temps que notre lecture. (Même si je conçois que ce procédé a pu en agacer certains).

L'histoire se suffit en elle même, mais un autre livre avec comme personnage principal Marcus est sorti depuis peu, et je me laisserai facilement tenter.

Au total : Un bon page-turner sur fond d'Amérique des années 70s !

jeudi 6 juillet 2017

"La porte des enfers" de Laurent Gaudé



Couverture La porte des enfers

Lu dans le cadre du club de lecture, j'ai eu du mal à entrer dans l'histoire probablement du fait du thème initial abordé (la perte de son enfant par accident) puis la seconde partie m'a complètement embarquée.

Résumé

 2002, dans un restaurant de Naples, Filippo Scalfaro accomplit sa vengeance : il poignarde au ventre un client puis, le couteau sur la gorge, il le force à l’accompagner dehors, le fait monter dans une voiture, prend la direction du cimetière. Parvenu là, il le traîne jusqu’à une tombe et lui en fait déchiffrer l’inscription. Puis il lui tranche les doigts des mains et le laisse là, saignant et gémissant.
1980, dans les rues encombrées de Naples, Matteo tire par la main son fils et se hâte vers l’école. A un carrefour, soudain éclate une fusillade. Matteo s’est jeté à terre, couchant contre lui son petit garçon. Quand il se relève, il est baigné du sang de l’enfant, atteint par une balle perdue.


Mon avis

C'est mon second roman de cet auteur cette année, et encore une fois je suis séduite par son écriture et sa manière d'aborder des sujets difficiles, de faire de la littérature contemporaine avec une touche de fantastique.
Comme souvent les personnages sont au centre du récit, même si la ville de Naples est aussi à l'honneur (pas forcément dans son coté très touristique) surtout dans sa religiosité et sa population.

La détresse de Giuliana et Matteo est poignante, et leur attitude si différente face à ce deuil porte ce livre. J'ai apprécié la manière dont est traitée la descente aux enfers (littérale et figurée) de Mattéo, à travers ses rencontres nocturnes, son errance à la recherche d'un but et son humanité qui éclot au fur et à mesure du roman.
Ses rencontres nocturnes nous offre un panel de personnages émouvants et plein de nuances. Malgré une apparence défavorable, on sent l'humanité qui se dégage d'eux et leur amour de la vie.

J'ai cependant trouvé que l'histoire était assez longue à se mettre en place et la seconde partie bien plus dynamique et intéressante. La scène finale apporte une touche d'espoir à ce récit très sombre du fait des thèmes abordés.

Au total : Un livre sur le deuil et la vengeance. Pas mon préféré de l'auteur mais une bonne lecture, pleine de réflexion.

Les avis lors du club ont été assez divergent, entre les conquis de base, ceux qui ont trouvé beaucoup de facilité dans le récit, notamment aux enfers (et ont fait un parallèle avec Danté), et les mitigés qui ont aussi trouvé que le début était trop lourd et lent à se mettre en place.

dimanche 2 juillet 2017

"Pars vite et reviens tard" de Fred Vargas

Ce livre est dans ma PAL depuis un bon moment, offert par une collègue qui apprécie beaucoup cet auteur. J'avais essayé de le lire il y a quelques temps, sans accrocher au départ. J'ai redonné sa chance à ce titre et l'ai lu en 5 jours.

Résumé

Ce sont des signes étranges, tracés à la peinture noire sur des portes d'appartements, dans des immeubles situés d'un bout à l'autre de Paris. Une sorte de grand 4 inversé, muni de deux barres sur la branche basse. En dessous, trois lettres : CTL. A première vue, on pourrait croire à l'œuvre d'un tagueur. Le commissaire Adamsberg, lui, y décèle une menace sourde, un relent maléfique. De son côté, Joss Le Guern, le Crieur de la place Edgar-Quinet, se demande qui glisse dans sa boîte à messages d'incompréhensibles annonces accompagnées d'un paiement bien au-dessus du tarif. Un plaisantin ou un cinglé ? Certains textes sont en latin, d'autres semblent copiés dans des ouvrages vieux de plusieurs siècles. Mais tous prédisent le retour d'un fléau venu du fond des âges...

Mon avis

Je lis assez peu de policier préférant les regarder en série télé, pourtant quand je referme un livre comme celui ci, je me dis que je devrais m'y plonger plus souvent pour une lecture détente, demandant pourtant certain suivi pour ne pas être perdue dans les personnages et dans les détails importants pour l'histoire. J'avoue que certains personnages secondaires n'ont pas retenu mon attention et aux révélations finales, j'ai eu du mal à les remettre en place.

Le personnage principal d'Adamsberg, commissaire tout en feeling, et son acolyte plus pragmatique font la force de ce livre, car l'intrigue elle même est servie par quelques facilités, notamment lorsque pour l'histoire des peintures sur les portes et les experts trouvés sans trop lutter.
Mais le caractère, la ténacité et sa capacité à faire jouer ses réseaux d'Adamsberg sont plutôt positifs pour l'histoire. Les personnages secondaires sont fouillés et plein d'intrigues secondaires qui étoffent ce récit. J'ai aimé me retrouver plongée avec le "crieur" place Edgar Quinet (que j'ai beaucoup fréquenté), au milieu d'habitants semblant si réel, qu'on pourrait les croiser.
Le fil rouge avec Camille apporte assez peu à l'histoire mais maintient ce coté assez fantasque du commissaire.

Au total : Une plongée dans l'univers d'Adamsberg et de Vargas, plutôt positive. J'ai un autre titre dans ma PAL qui je lirai avec plaisir !

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Lettre V : 347 pages

jeudi 22 juin 2017

"Les hirondelles de Kaboul" de Yasmina Khadra

J'avais lu il y a quelque temps (bon ok 5 ans), L'attentat du même auteur qui m'avait marqué dans sa manière d'approcher certains faits du proche orient. Après l'avoir présenté à mon club de lecture, j'en ai profité pour sortir celui ci de ma PAL qui fait partie de la même "trilogie" au vue des thèmes abordés (Le dernier roman étant "Les sirènes de Bagdad".)

Résumé

Couverture Les hirondelles de KaboulDans les ruines brûlantes de la cité millénaire de Kaboul, la mort rôde, un turban noir autour du crâne. Ici une lapidation de femme, là un stade rempli pour des exécutions publiques. Les Taliban veillent. La joie & le rire sont devenus suspects. Atiq, le courageux moudjahid reconverti en geôlier, traîne sa peine. Toute fierté l'a quitté. Le goût de vivre à également abandonné Mohsen, qui rêvait de modernité. Son épouse Zunaira, avocate, plus belle que le ciel, est désormais condamnée à l'obscurité grillagée du tchadri. Alors Kaboul, que la folie guette, n'a plus d'autres histoires à offrir que des tragédies.

Mon avis

Il y avait longtemps que je n'avais pas lu un drame aussi fort.
 L'histoire, bien que courte, monte crescendo en suivant 2 couples dont les hommes se rencontrent initialement de manière fortuite et rapide, puis nous entrons dans leur intimité, leur intérieur avec leurs femmes, si différentes, mais pour lesquelles les sentiments sont forts. Ces histoires entrelacées qui vont finalement se rejoindre sont fortes. On découvre une partie du quotidien de la vie afghane sous la domination talibane. Les narrateurs évoquent les pertes de liberté, notamment pour les femmes dues au changement de régime et la difficulté de retrouver sa place lorsqu'on n'est pas de mèche avec le pouvoir.

Il m'est difficile de prendre du recul sur la situation décrite, entre le réel et le fantasmé tellement peu d'informations nous arrivent et tellement leur situation est différente de la mienne.
L'exil est évoqué à de nombreuses reprises et sa difficulté de mise en place explique une partie de la situation géopolitique actuelle.
Ce livre me fait poser beaucoup de questions sur la nationalité et sa valeur légale qui finalement détermine l'appartenance à un pays, même lorsque celui ci ne nous correspond plus, et conditionne notre mode et qualité de vie. De même quelle serait ma réaction si mon pays se modifiait autant et aussi rapidement ? Comment résister aux règles imposées dans la violence et la peur ?

Au total : Un livre court, mais fort qui évoque le quotidien à Kaboul sous domination talibane. Comme dans l'attentat, beaucoup de questions sont soulevées à la lecture de ce livre.

mardi 20 juin 2017

"Anamnèse de Lady Star" de L.L Kloeztler

Lu dans le cadre d'un club de lecture, on nous avait promis un livre dans un futur post attentat, avec une enquête policière. Je n'irai pas jusqu'à dire que la publicité était mensongère, mais je suis juste passée à coté de ce roman

Résumé

Futur proche.
Un attentat à Islamabad a provoqué une pandémie terrifiante. Les trois quarts de la population mondiale ont disparu. L'arme utilisée : la bombe iconique. Les coupables ont été retrouvés, jugés et exécutés. Mais certains se sont échappés.
Parmi eux, une femme, leur inspiratrice, leur muse. Sa simple existence est un risque : tant qu'elle vit, la connaissance menant à la bombe reste accessible.
Elle a disparu, n'a laissé aucune trace, pas l'ombre d'une ombre. Des hommes disent pourtant l'avoir rencontrée : savants, soldats, terroristes, ermites... Ont-ils rêvé?
Voici le récit d'une enquête, de l'Asie à l'Europe, des terres dévastées jusqu'aux sociétés hypertechnologiques de l'après-catastrophe. Un jeu de pistes, doublé d'une plongée dans les archives digitales de notre futur, avec le plus fou des enjeux : refermer la boîte de Pandore.


Mon avis

Il est de ces livres denses et déroutants dont on ne sait si les auteurs se rendent compte des difficultés d'approche de leur récit.
Je me suis perdue entre les différents personnages qui n'ont pas forcément éveillé un grand intérêt en moi que ce soit par leur quête ou par leur personnalité. 

Les chapitres  sont longs et finalement une fois installé dans l'aventure avec le personnage suivi, on change de décors et de personnage récurrent. Le fil rouge est ténu, on voit les éléments s'imbriquer dans la recherche de la bombe iconique et du personnage central, mais l'univers post-bombe ne m'a pas convaincu. Il m'a manqué des descriptions et surtout un souffle narratif qui m'embarque.
Peut être avais je besoin qu'on me tienne un peu plus la main sur ce récit (petit commentaire de la discussion qui en a suivi lors du club), mais j'avoue avoir eu l'impression d'un livre pour initié, habitué de l'auteur qui comprenait les subtilités des personnages, des changements de narration qui m'ont plus déstabilisé que vraiment embarqué et habitués aux variation de styles.

La discussion du groupe de lecture, porté par celui qui l'avait proposé m'a malheureusement convaincu qu'il s'agissait d'un livre assez élitiste (certains l'ont beaucoup apprécié alors qu'il ne s'agit pas de leur style de prédilection).

Au total : Je suis passée à coté de ce roman, et malgré les bons avis lus sur Vostok, pas sure de m'aventurer à nouveau dans l'univers de ces auteurs.

Petit souvenir de lecture, la construction l'ayant emporté!

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Lettre K : 300 pages avant abandon

dimanche 18 juin 2017

"Bouddica" de Jean Laurent Del Socorro


J'avais beaucoup aimé le "Royaume de vents et de colères", j'étais donc assez pressée de découvrir ce livre sur un personnage que je ne connais que par le biais d'un jeu vidéo.

Résumé

Couverture BoudiccaAngleterre, an I. Après la Gaule, l’Empire romain entend se rendre maître de l’île de Bretagne. Pourtant la révolte gronde parmi les Celtes, avec à leur tête Boudicca, la chef du clan icène. Qui est cette reine qui va raser Londres et faire trembler l’empire des aigles jusqu’à Rome ? À la fois amante, mère et guerrière mais avant tout femme libre au destin tragique, Boudicca est la biographie historique et onirique de celle qui incarne aujourd’hui encore la révolte.




Mon avis

Un petite plongée dans l'Angleterre celtique ? Voila un livre qui complète bien mes dernières vacances dans la campagne et le sud de ce pays.

Contrairement à son précédent roman, Bouddica est centrée un seul personnage, féminin, redécouverte dans un second temps comme pilier de la lutte anglaise contre Rome.
Reine celte, on découvre par son histoire une partie des us et coutumes de ce peuple, notamment leur religion et l'importance des druides dans leur organisation sociétale. On peut être surpris de l'équivalence de traitement entre hommes et femmes d'ailleurs alors que la société romaine était dirigée uniquement par des hommes. L'antagonisme entre les 2 sociétés est assez bien décrit, et notamment par les incompréhensions suscitées.

Le récit est court et composé de 3 parties, comprenant les étapes clés de sa vie. Son enfance et l'apprentissage de sa condition de reine, une période de transition avant que la fibre celte ne réapparaissent et que sa condition de colonisée ne la dépasse.

J'ai aimé suivre l'évolution de cette femme entière et droite, dont l'enrichissement personnel n'est pas sa priorité, mais sa liberté. Même si l'histoire est probablement romancée (la courte bibliographie de fin montre le peu de document disponible sur cette héroïne), j'ai apprécié découvrir cette guerrière, reine des Icènes avant tout et refusant les compromis en sa défaveur. Elle porte les interrogations de chacun face à un envahisseur, faut il se soumettre et protéger un maximum de citoyen ou se battre pour sa liberté coute que coute. Que vaut la parole de l'envahisseur, quel est le bon moment pour refuser l'oppression ?

Au total : Un livre court centré sur une guerrière, assez moderne dans ses réflexions. Un peu moins prenant que le livre précédent, mais une bonne lecture plutôt historique que vraiment imaginaire.




samedi 27 mai 2017

"Mordred" de Justine Niogret

J'avais beaucoup aimé "Chien du heaume" et j'avais envie de découvrir cette auteur dans sa revisite de la légende arthurienne.

Résumé

Couverture MordredOyez la sinistre et triste histoire de Mordred, le chevalier renégat. La légende veut que Mordred, fruit des amours incestueuses d’Arthur et de sa sœur Morgause, soit un traître, un fou, un assassin. Mais ce que l’on appelle trahison ne serait-il pas un sacrifice ? Alité après une terrible blessure reçue lors d’une joute, Mordred rêve nuit après nuit pour échapper à la douleur. Il rêve de la douceur de son enfance enfuie, du fracas de ses premiers combats, de sa solitude au sein des chevaliers. Et de ses nombreuses heures passées auprès d’Arthur, du difficile apprentissage de son métier des armes et de l’amour filial.



Mon avis

Le début a été assez difficile, car je ne m'attendais pas à un roman aussi mélancolique avec une structure temporelle assez éclatée. J'ai donc mis un bon tiers du roman à me plonger dans l'histoire, à me saisir des différents repères spatiaux.

On suit Mordred dans plusieurs évènements de sa vie qui sont tous reliés au moment du récit, mais les repères temporaux sont parfois flous. Une fois cette structure apprivoisée, on rentre dans le récit, dans ce rythme lent alternant les gloires passées et de sa souffrance au quotidien.

Les thèmes abordés sont multiples, notamment, la vieillesse, l'importance de sa construction en tant qu'être qui débute dès l'enfance, la relation oncle/neveu avec Arthur que l'on voit aussi sous un autre point de vue.
Peut être, ai-je été troublée par le décalage entre les légendes arthuriennes souvent abordée dans leur coté  bataille et jeunesse et ce roman plus intimiste, centré sur la douleur, la maladie et le bilan de leur action.


Un des points forts de ce roman repose sur les personnages. Morgause, fée exilée dans sa foret, proche de la nature, respectée par ceux qui la connaissent, son "rival" au château fait réfléchir Mordred par sa mesquinerie et savoir ce qu'il cherche de la vie. Arthur, roi qui tente de tisser un lien avec son neveu, malgré nombre de non-dit et une communication pas forcément aisée.


Au total : Une revisite de la légende arthurienne, centrée sur les relations humaines et leur impact.

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Lettre N : 186 pages

lundi 22 mai 2017

"Everything, Everything" de Nicola Yoon

Lu pour le book club sur Livraddict, j'ai été agréablement surprise par ce livre Young adult

Résumé

Ma maladie est aussi rare que célèbre, mais vous la connaissez sans doute sous le nom de « maladie de l’enfant-bulle ». En gros, je suis allergique au monde. Je viens d’avoir dix-huit ans, et je n’ai jamais mis un pied dehors. Un jour, un camion de déménagement arrive. Je regarde par la fenêtre et je le vois. Le fils des nouveaux voisins est grand, mince et habillé tout en noir. Il remarque que je l’observe, et nos yeux se croisent pour la première fois. Dans la vie, on ne peut pas tout prévoir, mais on peut prévoir certaines choses. Par exemple, je vais certainement tomber amoureuse de lui. Et ce sera certainement un désastre.



Mon avis

Je me suis lancée dans ce livre sans vraiment lire le résumé. Au départ, j'avoue avoir eu une impression de mélange de "Wonder" et "Nos étoiles contraires" que j'avais trouvé trop pleins de bon sentiments. Finalement, mon ressenti est assez positif, notamment au vue de la seconde partie et des conséquences de certains choix.

Le couple Olly-Maddy est mignon, j'ai aimé leur approche de séduction et leur franchise relative l'un envers l'autre.
J'ai aimé aussi la relation mère fille, même si cette fusion due aux effets de la maladie de Maddy peut être troublante au départ. Garder sa fille dans cette bulle est un certain sacrifice. De même, son infirmière apporte une vraie touche d'humanité dans l'univers assez aseptisé et rodé de Maddy.
Quand à Olivier, jeune homme avec ses soucis propres, il est finalement assez éloigné du prince charmant mais son comportement, sa gentillesse apparaissent rapidement.

La maladie est abordée sous un angle différent, plus sur les conséquences et les risques que vraiment la pathologie en elle même et certains passages qui pourraient sembler approximatif sont finalement assez cohérent dans la globalité du livre.

Au total : Un livre YA de bonne qualité avec un couple plutôt mignon et l'accent mis sur la relation mère/fille

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Lettre Y : 360 pages

mercredi 26 avril 2017

"Les seigneurs de Bohen" d'Estelle Faye

Auteur que j'ai découvert par sa trilogie jeunesse : Thya, Enoch et Aylus, dont la structure m'avait vraiment épatée, j'avais hâte de découvrir son dernier roman, en un seul volume qui nous amène dans une fantasy qui semble de prime abord plus classique

Résumé


Couverture Les Seigneurs de Bohen
Je vais vous raconter comment l'Empire est mort.  L'Empire de Bohen, le plus puissant jamais connu, qui tirait sa richesse du lirium, ce métal aux reflets d'étoile, que les nomades de ma steppe appellent le sang blanc du monde. Un Empire fort de dix siècles d'existence, qui dans son aveuglement se croyait éternel. J'évoquerai pour vous les héros qui provoquèrent sa chute. Vous ne trouverez parmi eux ni grands seigneurs, ni sages conseillers, ni splendides princesses, ni nobles chevaliers... Non, je vais vous narrer les hauts faits de Sainte-Étoile, l'escrimeur errant au passé trouble, persuadé de porter un monstre dans son crâne. De Maëve la morguenne, la sorcière des ports des Havres, qui voulait libérer les océans. De Wens, le clerc de notaire, condamné à l'enfer des mines et qui dans les ténèbres découvrit une nouvelle voie... Et de tant d'autres encore, de ceux dont le monde n'attendait rien, mais qui malgré cela y laissèrent leur empreinte.Et le vent emportera mes mots sur la steppe. Le vent, au-delà, les murmurera dans Bohen. Avec un peu de chance, le monde se souviendra.

Mon avis

J'ai beaucoup aimé ce roman de fantasy qui raconte un bout d'histoire du royaume de Bohen, à travers plusieurs personnages, dont les liens se tissent au fur et à mesure, parfois à distance.
L'univers de Bohen est riche, la magie variée sans être surpuissante et son histoire nous montre que tout évènement peut être lié.
L'histoire est surtout centrée sur les personnages qui sont le point fort du livre et correspond à un récit chorale : plusieurs points de vue, des évènements qui finalement se regroupent.

Sainte Etoile, que j'ai parfois trouvé difficile à cerner au début est un personnage fascinant ainsi que Sorenz. Son insert est plein d'ironie et on devine au fur et à mesure leur attachement réciproque. Son histoire est peut être la plus complète et surprenante, notamment dans ses choix et sa manière de gerer sa vie.
Maeve est une jeune femme forte, qui suit un schéma classique d'"initiation" dans les romans de fantasy. Son voyage plein de rebondissement nous permet de mieux capter la géographie et certaines relations. Le dénouement qui la concerne m'a touché dans l'espoir qu'elle donne aux jeunes qui veulent poursuivre leur rêve, leur destinée.
Cigale est un de mes personnages favoris, jeune fille discrète et déterminée, j'ai aimé la voir évoluer et éclore.
Wens le scribe tisse une relation assez magique avec son bourreau, et leur parcours atypique. J'avoue avoir été fascinée par leur relation qui se tisse progressivement, mais moins touchée par son histoire. Je trouve dommage d'aussi peu les connaitre à la fin du roman.

J'ai trouvé ce livre assez féministe avec des personnages féminins marqués et qui m'ont plus intéressé finalement. En écrivant ce billet, je me rends compte que je n'ai pas forcément ressenti la parité entre les protagonistes, car les personnages secondaires féminin aussi sont forts, comme Sonia, Lantane ou la sœur de Wens.

J'ai aimé les différents univers présents, entre les camps de mercenaires, le château et les différentes villes dans lesquelles les héros évoleunt, les peuples de la mer. Tout ceci est riche, étoffé et nous sommes assez rapidement à l'aise malgré les changements réguliers de lieux et de narrateur. 
Enfin je trouve ce livre très riche sur les thèmes abordés, que ce soit sur l'amour et la sexualité qui est présent sans aucun coté mièvre ou mettant mal à l'aise, ou dans les choix qu'il faut faire pour atteindre ses objectifs, la réussite de ses actions et notre place dans le monde qui ne dépend que de nous. Chaque personnage suit une trajectoire vraiment différente mais leur objectif est au delà de leur propre personne.

Comme souvent dans ces univers, un seul tome nous satisfait car l'histoire se termine réellement mais nous frustre car j'ai eu l'impression d'effleurer beaucoup de personnages et de leur histoire.


Au total : Un récit de fantasy riche et dense que je conseille pour ceux qui veulent découvrir l'auteur.

D'autres avis chez : Marie, Blacky, ...


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Lettre F : 591 pages


dimanche 23 avril 2017

"L'étrange bibliothèque" de Haruki Murakami


Murakami est connu pour ses récits plutôt orientés fantastiques avec des fanatiques et ceux qui n'accrochent pas (en tout cas, je le perçois comme tel). Il fait partie des auteurs qui me fascinent tout en ayant peur de faire partie de la seconde catégorie. J'ai déjà lu 'Underground' mais je ne pense pas qu'il représente vraiment les écrits oniriques de l'auteur, alors j'ai craqué pour ce petit livre illustré pour me mettre dans l'ambiance et sauter le cap de "Kafka sur le rivage".

Résumé

Couverture L'étrange bibliothèque 
Je m'assis sur le lit, m'enfouis le visage dans les mains. Pourquoi devais-je subir une telle épreuve ? Alors que j'étais simplement venu à la bibliothèque emprunter des livres !


 






Mon avis

Petit livre pouvant faire penser à un conte, il se lit vite tout en prenant le temps d'admirer les illustrations de ce livre avec plusieurs niveaux d'image.

J'ai aimé suivre le héros dans cette étrange bibliothèque et rencontrer avec lui la jeune fille et l'homme mouton.
Livre court mais finalement assez intense dans la situation improbable qu'il décrit.
Je suis tombée sous le charme de l'auteur et de son imagination, même si mes passages en bibliothèques risquent d'être un peu différent.
La question de la connaissance et de ses bénéfices est amenée de manière différente ainsi que son utilisation. L'importance des livres dans une société pour la transmission du savoir fait partie des messages que je retiendrais, dans une société où le numérique prend facilement la place.

Au total : Une découverte dans l'univers de Murakami, qui me convainc de tenter ma chance, un jour, avec Kafka sur le rivage.

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Lettre M : 73 pages

lundi 17 avril 2017

"Le château blanc" d'Orhan Pamuk

Lu dans le cadre du Book Club, qui avait pour thème de lire un livre de cet auteur, j'ai découvert lors de nos discussions l'histoire de cet auteur, prix nobel de littérature.

Résumé

Extrait du 4ème de courverture :
  Le narrateur est un Italien de vingt ans, féru d'astronomie et de mathématiques. Capturé par des marins turcs et jeté dans la prison d'Istanbul, il se dit médecin, et est offert comme esclave à un hodja, un savant. Le maître oriental et l'esclave occidental se ressemblent de manière effrayante, éprouvent une méfiance immédiate l'un pour l'autre.





Mon Avis

Surtout ne pas lire l'ensemble du  quatrième de couverture de mon édition qui est un fait un résumé complet du livre. La dernière phrase correspondant aux dernières pages. Soit, les autres lecteurs du club avaient deviné le dénouement, il n’empêche qu'on ne lit pas de la même manière un livre quand on attend le twist qui va lancer l'histoire, alors qu'il la conclut.

Je suis ressortie assez perplexe de ma lecture.
J'ai ressenti tour au long de la lecture une envie de poursuivre ce roman, malgré une ambiance parfois assez oppressante, voire malsaine associée à un manque d'action franc. 

L'écriture de l'auteur est très centrée sur la réflexion autour du soi, des différences culturelles et de son reflet.  La plongée dans le monde ottoman du XVIIème siecle est une histoire que je méconnais actuellement ou dans son histoire plus ancienne. L'actuelle Turquie est dirigée par des sultans/pachas et profondément islamique, et le récit nous plonge dans des intrigues de cour qui sont parfois déstabilisantes.

La relation entre le narrateur et le "Maître" met en évidence cette opposition occident/orient, notamment dans certains scènes en huis clos, thème qui a l'air souvent présent dans ses autres romans.

Le livre est relativement court et malgré certains passages un peu longuet, les pages tournent rapidement.

Au total : Une découverte de cet auteur, qui après discussion au book club, n'est pas forcement le meilleur pour débuter. Je garde en tête "Mon nom est rouge" et "Istanbul" pour poursuivre ma découverte.

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Lettre P : 257 pages

jeudi 9 mars 2017

"Le soleil des Scorta" de Laurent Gaude

En pleine réflexion sur l'auteur à présenter à mon prochain book club et en préparation d'un week end à Milan, je suis tombé sur ce roman qui traine dans ma PAL depuis 2013 (et oui...) et je l'ai dévoré le temps de mon week end, plongée dans cette Italie du Sud

 Résumé

La lignée des Scorta est née d'un viol et du péché. Maudite et méprisée, cette famille est guettée par la folie et la pauvreté. A Montepuccio, dans le sud de l'Italie, seul l'éclat de l'argent peut éclipser l'indignité d'une telle naissance. C'est en accédant à l'aisance matérielle que les Scorta pensent éloigner d'eux l'opprobe. Mais si le jugement des hommes finit par ne plus les atteindre, le destin, lui, peut les rattraper. Le temps, cette course interminable du soleil brûlant les terres de Montepuccio, balayera ces existences de labeur et de folie. A l'histoire de cette famille hors du commun se mêle la confession de sa doyenne, Carmela, qui résonne comme un testament spirituel à destination de la descendance. Pour que ne s'éteigne jamais la fierté, cette force des Scorta.

Mon avis

Il est certain livre dont on ne sait comment en parler, tellement il y a de choses à dire tout en voulant un peu les garder pour soi !

Je me suis complètement plongée en Italie du sud grâce à ce roman. Les descriptions nous amènent dans les Pouilles, dans ce pays chaud, plein de cailloux, d'oliviers et de pécheurs.

Il s'agit d'une chronique familiale mais aussi d'un village qui montre un certain mode de vie, où les trajets étaient longs (en âne notamment), les déplacements plus calculés et un isolement géographique qui s'estompe avec le temps. Sans être un huis clos, on ressent la vie de ce village et la pression de la vie en communauté qui s'exerce, à la fois alternant entre rivalité et entraide.

La famille Scorta est quant à elle touchante et parfois déstabilisante. Elle centre le récit et le point de vue tout en permettant du fait de ses différents membres de prendre du recul. Nous sommes plongés dans la vie du début du XXème siècle où la pauvreté était monnaie courante et nous voyons les évolutions de carrière, d'objectifs et surtout de caractère de chaque membre.

J'ai aussi beaucoup aimé la succession des prêtres qui reflète à la fois leur rôle repère ou délétère, selon leur interprétation de la religion et de ses préceptes et leur intégration dans un village qu'ils découvrent.

Contrebande, trafic humain, voyage en Amérique, guerre d'Espagne, tourisme de masse, tout un siècle en fil rouge à travers la vie d'une famille ! 

Au total : Un roman familial dans l'Italie du Sud qui retrace le XXème siècle. Un Goncourt franchement accessible !

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Lettre G 321 pages

dimanche 20 novembre 2016

"L'homme qui mit fin à l'histoire" de Ken Liu

Une novella qui a recu beaucoup d'échos positifs à sa sortie, sur un thème que j'apprécie.

Résumé

Futur proche.
Deux scientifiques mettent au point un procédé révolutionnaire permettant de retourner dans le passé. Une seule et unique fois par période visitée, pour une seule et unique personne, et sans aucune possibilité pour l'observateur d'interférer avec l'objet de son observation. Une révolution qui promet la vérité sur les périodes les plus obscures de l'histoire humaine. Plus de mensonges. Plus de secrets d'État.
Créée en 1932 sous mandat impérial japonais, dirigée par le général Shiro Ishii, l'Unité 731 se livra à l'expérimentation humaine à grande échelle dans la province chinoise du Mandchoukouo, entre 1936 et 1945, provoquant la mort de près d'un demi-million de personnes… L'Unité 731, à peine reconnue par le gouvernement japonais en 2002, passée sous silence par les forces d'occupation américaines pendant des années, est la première cible de cette invention révolutionnaire. La vérité à tout prix. Quitte à mettre fin à l'Histoire.



Mon avis

Entre récit SF et réflexion sur l'histoire, j'ai beaucoup aimé ce texte.

Le voyage dans le temps permet de mettre en avant une partie de l'histoire dont nous entendons peu parler dans le monde européen. Il n'y a pas que les nazis qui à priori ont fait des expériences humaines, et la récupération de leurs données post-guerre comme trésor inavouable mais utile.
L'antagonisme Japon-Chine est bien mis en avant dans ce roman et fait réfléchir sur nos préjugés envers ces 2 nations et certains évènements récents (la manifestation des asiatiques cet été). La double nationalité des personnages principaux permet de comprendre la différence de culture entre les pays asiatiques et "occidentaux" et les problèmes récurrents de compréhension qui en résulte.

La seconde partie aborde la définition de l'histoire, de modification de témoignages avec leur utilisation. Faut il inclure les témoignages riches en émotion dans les documents historiques ? La vérité est rarement unique, alors que les moments le sont et la technologie utilisés pour le voyage dans le passé met en évidence l'unicité du moment, non reproductible, à l'inverse des expériences scientifiques qui s'appuie fortement sur l'importance de la reproductibilité des expériences pour pouvoir les utiliser comme preuves.

 L'autre interrogation reste la notion de pardon et d'excuse des gouvernements et personnes contemporaines pour le passé de leur nation. Jusque quand l'Allemagne et le Japon devront-ils s'excuser des faits datant de plus de 2 générations (parfois eux même séquellaires de guerres antérieures)? La compréhension passe t-elle par le pardon ? Faut-il ouvrir les archives nationales sans intervalle de temps, pour limiter les négationnistes ?

J'ai enfin beaucoup aimé la forme de ce récit qui alterne les points de vue, scientifiques et humains permettant une richesse dans la confrontation des différents avis exposés et mettant en avant la complexité d'une seule vérité.

Au total : Un texte court mais dense, historique et philosophique sur la place et la définition de l'histoire dans notre société.

SFF et diversité mini
Item 7 : Se déroulant en Orient

vendredi 28 octobre 2016

"Chanson douce" de Leila Slimani

Un livre qui me tentait par son thème et les retours positifs. Une fois débuté, je l'ai terminé en 2 jours, sans réussir à le lâcher, notamment dans les transports.

Résumé

Couverture Chanson douce 

Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d'un cabinet d'avocats, le couple se met à la recherche d'une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l'affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu'au drame.




Mon avis

Un livre qui se lit d'une traite, portée par une écriture envoutante qui donne envie de découvrir les différents personnages.
D'emblée nous sommes plongés dans cette histoire dont le dénouement nous apparait inéluctable. J'ai aimé cette entrée en matière et cette manière de remonter le temps, de comprendre les fils qui se tendent et se tissent.


Ce roman m'a beaucoup touché, et explique probablement mes difficultés à écrire cet article et je me doute que les résonances que j'ai ressentie ne seront pas forcément présentes chez tous.
Mon engouement pour ce livre tient probablement dans la projection que j'ai pu faire avec le personnage de Myriam, femme qui renoue avec sa vie active en laissant ses enfants à Louise, nounou providence.

J'ai retrouvé dans Myriam, l'ambivalence de notre société qui nous demande un épanouissement personnel et professionnel tout en nous laissant des marges de manœuvres faibles, et une pression sociétale toujours patriarcale.
 Le personnage de Louise s'éclaire au fur et à mesure du roman, tout en laissant des zones d'ombre. On peut faire des hypothèses sur sa pathologie psychiatrique ou sociologique, nous montrant que le tout est souvent lié. Elle est l'autre facette de cette ambivalence entre vie personnelle et professionnelle dans son rapport avec les enfants en général.

Les hommes sont présents mais finalement assez transparent dans cette dualité féminine au centre du drame. Leur rôle dans la vie de leurs enfants restent à chaque fois assez mineur.

Le thème est glaçant mais l'écriture amène beaucoup de douceur et ne tombe pas dans le larmoyant.

Au total : Un roman intense dans lequel je me suis retrouvée plongée sans pouvoir décrocher. Beaucoup de pistes de réflexion sur la question de l'éducation et de notre mode de vie.

challenge12016br

mercredi 26 octobre 2016

"Mineure" de Yann Queffelec

"Les noces barbares" du même auteur sont sur ma liste ABC depuis que j'y participe. Ça fait 2 ans que je lis un autre livre de cet auteur, prise d'une inquiétude à l'idée de le débuter. J'ai découvert ce titre à la bibliothèque municipale et je l'ai dévoré malgré le malaise qui s'installe progressivement.

Résumé

Couverture Mineure Editions Le Livre de Poche 2010Qu'est-ce que le désir aux abords de l'âge mûr, lorsqu'on est courtisé par une jeune fille ? Sibylle a treize ans, Michel cinquante-cinq. Yann Queffélec analyse avec une minutie clinique les sentiments ambigus qui tourmentent son héros, homme marié, heureux, socialement établi, face à la passion brutale d'une adolescente aussi jeune que ses propres enfants, des jumelles. Non, il ne cédera pas...


Mon avis

Livre court qui m'a fait penser à "Délicieuses pourritures" de Joyce Carol Oates, du fait de l'inconfort induit par cette lecture.
La situation telle que le laisse deviner la couverture flirte avec les limites autorisées par notre société. Comment va s'en sortir le protagoniste ? Va t-il franchir la ligne ? Quelle est la part de fantasmé et de réel ?

J'avais peur de ne pas accrocher à ce récit à la première personne, mais le talent de l'auteur fait qu'on est plongé dans les tourmentes de cet homme, dans ses réflexions, les limites qu'il essaie de respecter. Que penser de Sybille, adolescente vue uniquement par les yeux du narrateur? Moment d'hallucinations de l'homme ou réelle manipulation de l'adolescente ? Leur confrontation  reste fascinante et angoissante dans son dénouement. Il est difficile de croire que les choses vont rester chastes et ce doute reste constant tout au long du livre.

Ce livre c'est aussi le récit d'une vie de couple telle qu'on peut le supposer après des années de mariage, entre routine et choix de vie qui entrainent parfois des frustrations. Les difficultés du couple sont aussi en avant dans les dialogues avec sa femme, ses filles. L'adultère fait partie des questions très présentes des 2 cotés. Le doute entraine t-il le passage à l'acte ?

Au final les femmes de ce livre restent bien mystérieuse, et il est curieux finalement de lire ce point de vue exclusivement masculin sur des thématiques souvent (tout du moins dans mes précédentes lectures) abordées par les femmes.

Au total : Un récit bien maitrisé entre un homme mur et une adolescente. Toujours sur le fil.

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Lettre Q : 118 pages

samedi 15 octobre 2016

"Station Eleven" d'Emily Saint John Mandel

Rentrée littéraire SF pour changer, recommandé par pas mal de monde sur le blogosphère (cf Cornwall, Blacky, Acro  ) je me suis laissée tenter sans difficultés.

Résumé

Couverture Station ElevenUne pandémie foudroyante a décimé la civilisation. Une troupe d’acteurs et de musiciens nomadise entre de petites communautés de survivants pour leur jouer du Shakespeare. Ce répertoire classique en est venu à représenter l’espoir et l’humanité au milieu des étendues dépeuplées de l’Amérique du Nord.

Centré sur la pandémie mais s’étendant sur plusieurs décennies avant et après, Station Eleven entrelace les destinées de plusieurs personnages dont les existences ont été liées à celle d’un acteur connu, décédé sur scène la veille du cataclysme en jouant Le Roi Lear. Un mystérieux illustré, Station Eleven, étrangement prémonitoire, apparaît comme un fil conducteur entre eux…



Mon avis

Il est de ces livres dont on se rend compte de l'immersion qu'après l'avoir terminé. Il en fait partie.
J'ai tourné les pages tranquillement et me suis réservé des pauses lectures pour en profiter pleinement, choses que je n'avais pas forcément fait sur mes dernières lectures avec le même entrain.
J'ai aimé la temporalité du récit, entre présent et passé, retour en arrière et quête d'un monde meilleur. Chaque personnage prend sa place dans cette toile lentement tissée par l'auteur.

Il y a le monde moderne avec quelques pistes de réflexion sur la célébrité, les paparazzis, nos modes de communication si rapide que l'on oublie la prouesse technologique sous jacente, la place de l'art et de la bande dessinée.

Il y a le post viral, où une partie de la population a été décimé. Ce virus qui nous rappelle les psychoses grippe A, grippe aviaire. Quel serait notre réaction face à cette pandémie, s'enfermer chez soi ? Accepter les faits et choisir son lieu final ?
Si on survit quelle serait notre attitude, comment se reconstruire ? La symphonie itinérante nous permet de voir plusieurs facettes de réaction toujours sur un fond d'art musical ou littéraire et les comics sont le réel fil rouge, chose rare.
Les personnages sont touchants, que ce soit Kirsten dont on devine sa part d'ombre, Arthur dans son rôle de star immature qui enchaine les conquêtes et ne sait comment gérer sa notoriété, Miranda, artiste solitaire qui évolue au fil des pages dans sa vie personnelle et professionnelle. J'ai aimé la maturité de ces personnages, de les suivre sur plusieurs périodes clés et les liens qui les unissent.

A travers le prophète, on devine une certaine vision de la religion, de la nécessité de certains de croire en quelque chose pour rester construit mais aussi la mesquinerie de la nature humaine et ce besoin hiérarchie qui s'instaure assez naturellement. J'aurais apprécié que cet aspect soit plus creusé.

Au total : Une lecture fascinante et très humaine dans ce monde post apocalyptique.


challenge12016br
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Lettre S : 432 pages