mercredi 26 avril 2017

"Les seigneurs de Bohen" d'Estelle Faye

Auteur que j'ai découvert par sa trilogie jeunesse : Thya, Enoch et Aylus, dont la structure m'avait vraiment épatée, j'avais hâte de découvrir son dernier roman, en un seul volume qui nous amène dans une fantasy qui semble de prime abord plus classique

Résumé


Couverture Les Seigneurs de Bohen
Je vais vous raconter comment l'Empire est mort.  L'Empire de Bohen, le plus puissant jamais connu, qui tirait sa richesse du lirium, ce métal aux reflets d'étoile, que les nomades de ma steppe appellent le sang blanc du monde. Un Empire fort de dix siècles d'existence, qui dans son aveuglement se croyait éternel. J'évoquerai pour vous les héros qui provoquèrent sa chute. Vous ne trouverez parmi eux ni grands seigneurs, ni sages conseillers, ni splendides princesses, ni nobles chevaliers... Non, je vais vous narrer les hauts faits de Sainte-Étoile, l'escrimeur errant au passé trouble, persuadé de porter un monstre dans son crâne. De Maëve la morguenne, la sorcière des ports des Havres, qui voulait libérer les océans. De Wens, le clerc de notaire, condamné à l'enfer des mines et qui dans les ténèbres découvrit une nouvelle voie... Et de tant d'autres encore, de ceux dont le monde n'attendait rien, mais qui malgré cela y laissèrent leur empreinte.Et le vent emportera mes mots sur la steppe. Le vent, au-delà, les murmurera dans Bohen. Avec un peu de chance, le monde se souviendra.

Mon avis

J'ai beaucoup aimé ce roman de fantasy qui raconte un bout d'histoire du royaume de Bohen, à travers plusieurs personnages, dont les liens se tissent au fur et à mesure, parfois à distance.
L'univers de Bohen est riche, la magie variée sans être surpuissante et son histoire nous montre que tout évènement peut être lié.
L'histoire est surtout centrée sur les personnages qui sont le point fort du livre et correspond à un récit chorale : plusieurs points de vue, des évènements qui finalement se regroupent.

Sainte Etoile, que j'ai parfois trouvé difficile à cerner au début est un personnage fascinant ainsi que Sorenz. Son insert est plein d'ironie et on devine au fur et à mesure leur attachement réciproque. Son histoire est peut être la plus complète et surprenante, notamment dans ses choix et sa manière de gerer sa vie.
Maeve est une jeune femme forte, qui suit un schéma classique d'"initiation" dans les romans de fantasy. Son voyage plein de rebondissement nous permet de mieux capter la géographie et certaines relations. Le dénouement qui la concerne m'a touché dans l'espoir qu'elle donne aux jeunes qui veulent poursuivre leur rêve, leur destinée.
Cigale est un de mes personnages favoris, jeune fille discrète et déterminée, j'ai aimé la voir évoluer et éclore.
Wens le scribe tisse une relation assez magique avec son bourreau, et leur parcours atypique. J'avoue avoir été fascinée par leur relation qui se tisse progressivement, mais moins touchée par son histoire. Je trouve dommage d'aussi peu les connaitre à la fin du roman.

J'ai trouvé ce livre assez féministe avec des personnages féminins marqués et qui m'ont plus intéressé finalement. En écrivant ce billet, je me rends compte que je n'ai pas forcément ressenti la parité entre les protagonistes, car les personnages secondaires féminin aussi sont forts, comme Sonia, Lantane ou la sœur de Wens.

J'ai aimé les différents univers présents, entre les camps de mercenaires, le château et les différentes villes dans lesquelles les héros évoleunt, les peuples de la mer. Tout ceci est riche, étoffé et nous sommes assez rapidement à l'aise malgré les changements réguliers de lieux et de narrateur. 
Enfin je trouve ce livre très riche sur les thèmes abordés, que ce soit sur l'amour et la sexualité qui est présent sans aucun coté mièvre ou mettant mal à l'aise, ou dans les choix qu'il faut faire pour atteindre ses objectifs, la réussite de ses actions et notre place dans le monde qui ne dépend que de nous. Chaque personnage suit une trajectoire vraiment différente mais leur objectif est au delà de leur propre personne.

Comme souvent dans ces univers, un seul tome nous satisfait car l'histoire se termine réellement mais nous frustre car j'ai eu l'impression d'effleurer beaucoup de personnages et de leur histoire.


Au total : Un récit de fantasy riche et dense que je conseille pour ceux qui veulent découvrir l'auteur.

D'autres avis chez : Marie, Blacky, ...


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Lettre F : 591 pages


dimanche 23 avril 2017

"L'étrange bibliothèque" de Haruki Murakami


Murakami est connu pour ses récits plutôt orientés fantastiques avec des fanatiques et ceux qui n'accrochent pas (en tout cas, je le perçois comme tel). Il fait partie des auteurs qui me fascinent tout en ayant peur de faire partie de la seconde catégorie. J'ai déjà lu 'Underground' mais je ne pense pas qu'il représente vraiment les écrits oniriques de l'auteur, alors j'ai craqué pour ce petit livre illustré pour me mettre dans l'ambiance et sauter le cap de "Kafka sur le rivage".

Résumé

Couverture L'étrange bibliothèque 
Je m'assis sur le lit, m'enfouis le visage dans les mains. Pourquoi devais-je subir une telle épreuve ? Alors que j'étais simplement venu à la bibliothèque emprunter des livres !


 






Mon avis

Petit livre pouvant faire penser à un conte, il se lit vite tout en prenant le temps d'admirer les illustrations de ce livre avec plusieurs niveaux d'image.

J'ai aimé suivre le héros dans cette étrange bibliothèque et rencontrer avec lui la jeune fille et l'homme mouton.
Livre court mais finalement assez intense dans la situation improbable qu'il décrit.
Je suis tombée sous le charme de l'auteur et de son imagination, même si mes passages en bibliothèques risquent d'être un peu différent.
La question de la connaissance et de ses bénéfices est amenée de manière différente ainsi que son utilisation. L'importance des livres dans une société pour la transmission du savoir fait partie des messages que je retiendrais, dans une société où le numérique prend facilement la place.

Au total : Une découverte dans l'univers de Murakami, qui me convainc de tenter ma chance, un jour, avec Kafka sur le rivage.

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Lettre M : 73 pages

lundi 17 avril 2017

"Le château blanc" d'Orhan Pamuk

Lu dans le cadre du Book Club, qui avait pour thème de lire un livre de cet auteur, j'ai découvert lors de nos discussions l'histoire de cet auteur, prix nobel de littérature.

Résumé

Extrait du 4ème de courverture :
  Le narrateur est un Italien de vingt ans, féru d'astronomie et de mathématiques. Capturé par des marins turcs et jeté dans la prison d'Istanbul, il se dit médecin, et est offert comme esclave à un hodja, un savant. Le maître oriental et l'esclave occidental se ressemblent de manière effrayante, éprouvent une méfiance immédiate l'un pour l'autre.





Mon Avis

Surtout ne pas lire l'ensemble du  quatrième de couverture de mon édition qui est un fait un résumé complet du livre. La dernière phrase correspondant aux dernières pages. Soit, les autres lecteurs du club avaient deviné le dénouement, il n’empêche qu'on ne lit pas de la même manière un livre quand on attend le twist qui va lancer l'histoire, alors qu'il la conclut.

Je suis ressortie assez perplexe de ma lecture.
J'ai ressenti tour au long de la lecture une envie de poursuivre ce roman, malgré une ambiance parfois assez oppressante, voire malsaine associée à un manque d'action franc. 

L'écriture de l'auteur est très centrée sur la réflexion autour du soi, des différences culturelles et de son reflet.  La plongée dans le monde ottoman du XVIIème siecle est une histoire que je méconnais actuellement ou dans son histoire plus ancienne. L'actuelle Turquie est dirigée par des sultans/pachas et profondément islamique, et le récit nous plonge dans des intrigues de cour qui sont parfois déstabilisantes.

La relation entre le narrateur et le "Maître" met en évidence cette opposition occident/orient, notamment dans certains scènes en huis clos, thème qui a l'air souvent présent dans ses autres romans.

Le livre est relativement court et malgré certains passages un peu longuet, les pages tournent rapidement.

Au total : Une découverte de cet auteur, qui après discussion au book club, n'est pas forcement le meilleur pour débuter. Je garde en tête "Mon nom est rouge" et "Istanbul" pour poursuivre ma découverte.

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Lettre P : 257 pages

dimanche 16 avril 2017

"Le livre de Perle" de Timothée de Fombelle

J'ai découvert cet auteur par ma lecture de Tobie Lolness dont la blogosphère était extremement positive et j'avais beaucoup aimé cet univers onirique.

Résumé

Couverture Le livre de PerleTombé dans notre monde une nuit d’orage, un homme emprunte le nom de Joshua Perle et commence une vie d’exilé. Cette nouvelle vie fugitive, déchirée par un chagrin d’amour, est aussi une quête mystérieuse. Au fil du siècle, Perle rassemble un trésor pour défaire le sort qui l’a conduit loin de chez lui. Mais ceux qui l’ont banni et le traquent le laisseront-ils trouver le chemin du retour? Perle a-t-il raison de penser que la fille qu’il aime l’attend toujours là-bas?

Mon avis

Le livre de Perle est un conte de fée moderne en gardant certains codes.
Le livre est découpé en 3 parties, et une fois plongé dedans, il est difficile d'interrompre sa lecture.

J'ai aimé le personnage de Joshua Perle qui donne son nom au roman. Vendeur de Guimauve dans le Paris des années 30-40s, son personnage et son évolution sont vraiment le point fort du livre.
On voyage en France, mais aussi dans un monde imaginaire, où un prince tombe amoureux d'une fée avec des ennemis qui essaient de les séparer. La fée prend sa place progressivement dans le récit, pour devenir bien plus qu'une princesse de conte classique. Le lien entre les 2 mondes est ténu et la recherche d'objets confirmant l'existence du monde féérique nous replonge un peu dans l'enfance, et la pensée magique.

Comme lors de ma précédente lecture, j'ai été touchée par l'écriture si poétique de l'auteur, par la cohérence de son univers et les caractères si complexes de ses personnages.
J'apprécie les livres étiquetés jeunesse qui m'ouvrent l'esprit et apporte des pistes de réflexions sur différents thèmes, notamment la mémoire, la place des contes dans notre vie, les héros ordinaires du quotidien ...

Au total : Une nouvelle plongée dans l'univers si particulier de Timothée de Fombelle. Une lecture riche et intense.

jeudi 9 mars 2017

"Le soleil des Scorta" de Laurent Gaude

En pleine réflexion sur l'auteur à présenter à mon prochain book club et en préparation d'un week end à Milan, je suis tombé sur ce roman qui traine dans ma PAL depuis 2013 (et oui...) et je l'ai dévoré le temps de mon week end, plongée dans cette Italie du Sud

 Résumé

La lignée des Scorta est née d'un viol et du péché. Maudite et méprisée, cette famille est guettée par la folie et la pauvreté. A Montepuccio, dans le sud de l'Italie, seul l'éclat de l'argent peut éclipser l'indignité d'une telle naissance. C'est en accédant à l'aisance matérielle que les Scorta pensent éloigner d'eux l'opprobe. Mais si le jugement des hommes finit par ne plus les atteindre, le destin, lui, peut les rattraper. Le temps, cette course interminable du soleil brûlant les terres de Montepuccio, balayera ces existences de labeur et de folie. A l'histoire de cette famille hors du commun se mêle la confession de sa doyenne, Carmela, qui résonne comme un testament spirituel à destination de la descendance. Pour que ne s'éteigne jamais la fierté, cette force des Scorta.

Mon avis

Il est certain livre dont on ne sait comment en parler, tellement il y a de choses à dire tout en voulant un peu les garder pour soi !

Je me suis complètement plongée en Italie du sud grâce à ce roman. Les descriptions nous amènent dans les Pouilles, dans ce pays chaud, plein de cailloux, d'oliviers et de pécheurs.

Il s'agit d'une chronique familiale mais aussi d'un village qui montre un certain mode de vie, où les trajets étaient longs (en âne notamment), les déplacements plus calculés et un isolement géographique qui s'estompe avec le temps. Sans être un huis clos, on ressent la vie de ce village et la pression de la vie en communauté qui s'exerce, à la fois alternant entre rivalité et entraide.

La famille Scorta est quant à elle touchante et parfois déstabilisante. Elle centre le récit et le point de vue tout en permettant du fait de ses différents membres de prendre du recul. Nous sommes plongés dans la vie du début du XXème siècle où la pauvreté était monnaie courante et nous voyons les évolutions de carrière, d'objectifs et surtout de caractère de chaque membre.

J'ai aussi beaucoup aimé la succession des prêtres qui reflète à la fois leur rôle repère ou délétère, selon leur interprétation de la religion et de ses préceptes et leur intégration dans un village qu'ils découvrent.

Contrebande, trafic humain, voyage en Amérique, guerre d'Espagne, tourisme de masse, tout un siècle en fil rouge à travers la vie d'une famille ! 

Au total : Un roman familial dans l'Italie du Sud qui retrace le XXème siècle. Un Goncourt franchement accessible !

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Lettre G 321 pages

dimanche 5 mars 2017

"L'effet Churten" d'Ursula Le Guin

Recueil de 3 nouvelles dans son univers SF (Voir Le monde de Rocannon, La main gauche de la nuit), ce livre est sorti en début d'année, et j'avais envie de me replonger doucement dans cet univers.

Résumé

Dans le vaste univers de l'Ekumen, tout voyage prend des années. Difficile de garder des relations avec sa famille et ses amis lorsque l'on doit passer d'une planète à l'autre. La galaxie est une mosaïque d'histoires humaines... Jusqu'au jour où on découvre par hasard l'effet Churten, une sorte de transport instantané, abolissant les distances comme jamais entre les mondes. Encore faut-il le maîtriser et l'utiliser à bon escient...






Mon avis

L'ensemble forme un tout assez cohérent avec 3 visions de l'effet Churten et de manière sous-jacente des réflexions sur l'homme et l'humanité. Je regrette cependant qu'elle soit inégale en ce qui concerne leur accessibilité, la première étant particulièrement dense en information.

"L'histoire des Shobies"
On est plongé assez vite dans le vif du sujet avec le premier équipage à tester l'effet Churten, effet permettant de voyager à une vitesse transluminale et donc de diminuer les temps de voyage.
J'ai eu beaucoup de mal à entrer dans l'histoire notamment du fait de la multitude de nouveaux personnages qui sont parfois difficile à identifier clairement. J'ai trouvé intéressant de mélanger des protagonistes des différents systèmes visités lors des précédents livres et à voir leur cohésion gagner.

"La danse de Ganam"
Texte plus classique avec l'arrivée sur une nouvelle planète et la confrontation entre ce que nous souhaitons y vivre et ce qui s'y passe vraiment, notamment la perception des autochtones. On y retrouve la notion d'émissaire et l'importance d'une période d'adaptation sans préjugés. La chute est bien trouvée et nous donne l'impression aussi d'avoir été touché par l'effet Churten.

"Le pécheur de la mer Intérieur"
On y retrouve aussi une découverte de planète, mais par l'intérieur et l'essai d'adaptation d'individu au monde nouveau qui s'ouvre. La recherche scientifique avance à grand pas dans cette nouvelle mais la conclusion s'avère profondément humaine et nous rappelle nos aspirations initiales et les différentes voies pour mener au bonheure. Une nouvelle touchante qui nous fait découvrir particulière la planète O et son mode de vie bien différent du notre.

Au total : Un recueil de nouvelle qui complète la série de l'Ekumen, et qui me rappelle que je me dois de la poursuivre.

D'autres avis chez : Xapur,

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Lettre L : 198 pages

mercredi 22 février 2017

"Mes vrais enfants" de Jo Walton

Je n'ai pas particulièrement accroché à Morwenna (mais débuté en anglais, alors je me promet régulièrement de lui laissé une nouvelle chance !), mais ce livre semblait faire l'unanimité dans ma blogosphère, alors je me suis laissée tentée.

Résumé

Née en 1926, Patricia Cowan finit ses jours dans une maison de retraite. Très âgée, très confuse, elle se souvient de ses deux vies. Dans l’une de ces existences, elle a épousé Mark, avec qui elle avait partagé une liaison épistolaire et platonique, un homme qui n’a pas tardé à montrer son véritable visage. Dans son autre vie, elle a enchaîné les succès professionnels, a rencontré Béatrice et a vécu heureuse avec cette dernière pendant plusieurs décennies. Dans chacune de ces vies, elle a eu des enfants. Elle les aime tous… Mais lesquels sont ses vrais enfants : ceux de l’âge nucléaire ou ceux de l’âge du progrès? Car Patricia ne se souvient pas seulement de ses vies distinctes, elle se souvient de deux mondes où l’Histoire a bifurqué en même temps que son histoire personnelle.


Mon avis

J'ai clairement adoré ce livre !
J'ai un peu ramé sur les premiers chapitres mais une fois la fourche enclenchée, j'ai adoré suivre Les deux trames permettant de se poser la question des conséquences de nos choix.

La vie initiale de Patricia est assez classique voir simple. J'ai apprécié suivre ces 2 vies parallèles, tout en respectant le personnage finalement fort de Patricia quelque soit son choix.

Après un passage à vide Trish remonte la pente, se fait entendre et avance au fur et à mesure. Pat démarre peut être plus simplement, mais elle nous montre sa capacité à surmonter les épreuves.
J'ai aimé le féminisme qui se dégage de ce livre, la critique sur la vie anglaise post seconde guerre mondiale et la place de la femme dans la société. Les combats de cette époque nous semblent lointains mais finalement assez fragiles.

J'ai aimé la vision de l'auteur sur le concept de famille, et d'amour filial quelle qu'en soit sa structure. Rien que sur ces deux thèmes, je trouve le livre très moderne et adapté à notre époque. 
Dans ses deux vies, l’héroïne a effectivement une relation privilégiée avec ses enfants, qu'elle construit progressivement. Sa bienveillance est un réconfort dans le monde actuel que je côtoie. La prise en charge de nos parents est aussi une thématique qui est abordée, entre sacrifice personnel et maison de retraite impersonnel, le choix reste inadapté quel qu’il soit. Son passage de fille à mère sur ce sujet est mis en miroir au fur et à mesure de son évolution de fille à mère puis grand mère. Sa relation avec son mari est aussi bien amenée, non édulcorée et loin des histoires d'amour traditionnelle. 

L'Italie est une destination qui  m'a toujours fait rêver, autant dire qu'un weekend à Florence me fait d'autant plus envie. L'ouverture sur le monde et la découverte culturelle a aussi une place majeure dans les 2 vies par la littérature ou l'art et l'architecture. Plein de moyens d'évasion, à notre hauteur finalement.

Le monde dans lequel elles évoluent n'est pas non plus un univers bisounours, notamment chez Pat, mais je retiens surtout un message de tolérance et d'espoir dans la vie de cette femme qu'elle soit réelle ou fantasmée.


Au total : Un coup de cœur pour ce livre très actuel au niveau des thèmes.

D'autres avis chez : Xapur, Nanet, Lune

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2/26 Lettre W : 352 pages

lundi 20 février 2017

"La horde du contrevent" d'Alain Damasio

Première lecture, ou plutôt relecture, de l'année pour moi dans le cadre de mon club lillois. J'avais découvert ce livre, 3 ans auparavant et il m'avait laissé un souvenir fort. Cette relecture a confirmé ces impressions !

Résumé


" Imaginez une Terre poncée, avec en son centre une bande de cinq mille kilomètres de large et sur ses franges un miroir de glace à peine rayable, inhabité. Imaginez qu'un vent féroce en rince la surface. Que les villages qui s'y sont accrochés, avec leurs maisons en goutte d'eau, les chars à voile qui la strient, les airpailleurs debout en plein flot, tous résistent. Imaginez qu'en Extrême-Aval ait été formé un bloc d'élite d'une vingtaine d'enfants aptes à remonter au cran, rafale en gueules, leur vie durant, le vent jusqu'à sa source, à ce jour jamais atteinte : l'Extrême-Amont.
Mon nom est Sov Strochnis, scribe. Mon nom est Caracole le troubadour et Oroshi Melicerte, aéromaître. Je m'appelle aussi Golgoth, traceur de la Horde, Arval l'éclaireur et parfois même Larco lorsque je braconne l'azur à la cage volante. Ensemble, nous formons la Horde du Contrevent. Il en a existé trente-trois en huit siècles, toutes infructueuses. Je vous parle au nom de la trente-quatrième : sans doute l'ultime. "

Mon avis

J'ai savouré cette lecture tout du long. J'ai pu profiter de cette relecture, moins centrée sur le fil conducteur, pour mieux appréhender l'univers créé par Alain Damasio et notamment dans les "crones" et les "vifs" cherchant  et comprenant mieux les différents indices au fur et à mesure du récit.

La progression de la Horde, quête initiatique d'un groupe, m'a encore fasciné. Leur obstination, et leur cohésion tout au long de leur chemin malgré les obstacles pour cet objectif qui semble utopique fait la force de ce livre. On sent les fissures et l'esprit de solidarité qui passe au dessus pour faire face. Tous les métiers sont complémentaires et chaque membre apporte sa touche ce qui permet à la Horde d'être et de devenir celle qu'elle doit être.

Les caractères bien trempés de certains membres accompagnés de mode de narration "chorale" apporte une richesse dans le récit. On est charmé par Pietro, épaté par les connaissances d'Oroshi qui se révèle au fur et à mesure malgré un abord initial hautain, agressé par Golgoth chez qui la faille et l'humanité apparait au fur et à mesure.

On sent que l'auteur s'est amusé avec la langue française, que ce soit par le vocabulaire omniprésent autour du vent, et sa manière de le décrire en ponctuation ou par les joutes verbales de Caracole personnage à la fois fascinant et agaçant.
J'ai réfléchi à l’intérêt de l'écrit dans toute quête pour la transmission du savoir thème porté par Sov et à cette fin plus ouverte que ma première lecture ne m'avait donné l'impression.

Les discussion du club de lecture ont été de ce point enrichissante, notamment entre les fans (dont je faisais partie) et ceux qui n'avaient pas accroché au rythme, aux personnages ou à l'histoire en elle même, trouvant le l'univers ou les personnages assez froids et distants et sans empathie.

Au total : Une relecture qui m'a fait plaisir à la fois sur l'univers et sur les personnages riches et variés.
Un livre que je recommande pour une SF/Fantasy abordable !


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1/26 Lettre D 700 pages

dimanche 20 novembre 2016

"L'homme qui mit fin à l'histoire" de Ken Liu

Une novella qui a recu beaucoup d'échos positifs à sa sortie, sur un thème que j'apprécie.

Résumé

Futur proche.
Deux scientifiques mettent au point un procédé révolutionnaire permettant de retourner dans le passé. Une seule et unique fois par période visitée, pour une seule et unique personne, et sans aucune possibilité pour l'observateur d'interférer avec l'objet de son observation. Une révolution qui promet la vérité sur les périodes les plus obscures de l'histoire humaine. Plus de mensonges. Plus de secrets d'État.
Créée en 1932 sous mandat impérial japonais, dirigée par le général Shiro Ishii, l'Unité 731 se livra à l'expérimentation humaine à grande échelle dans la province chinoise du Mandchoukouo, entre 1936 et 1945, provoquant la mort de près d'un demi-million de personnes… L'Unité 731, à peine reconnue par le gouvernement japonais en 2002, passée sous silence par les forces d'occupation américaines pendant des années, est la première cible de cette invention révolutionnaire. La vérité à tout prix. Quitte à mettre fin à l'Histoire.



Mon avis

Entre récit SF et réflexion sur l'histoire, j'ai beaucoup aimé ce texte.

Le voyage dans le temps permet de mettre en avant une partie de l'histoire dont nous entendons peu parler dans le monde européen. Il n'y a pas que les nazis qui à priori ont fait des expériences humaines, et la récupération de leurs données post-guerre comme trésor inavouable mais utile.
L'antagonisme Japon-Chine est bien mis en avant dans ce roman et fait réfléchir sur nos préjugés envers ces 2 nations et certains évènements récents (la manifestation des asiatiques cet été). La double nationalité des personnages principaux permet de comprendre la différence de culture entre les pays asiatiques et "occidentaux" et les problèmes récurrents de compréhension qui en résulte.

La seconde partie aborde la définition de l'histoire, de modification de témoignages avec leur utilisation. Faut il inclure les témoignages riches en émotion dans les documents historiques ? La vérité est rarement unique, alors que les moments le sont et la technologie utilisés pour le voyage dans le passé met en évidence l'unicité du moment, non reproductible, à l'inverse des expériences scientifiques qui s'appuie fortement sur l'importance de la reproductibilité des expériences pour pouvoir les utiliser comme preuves.

 L'autre interrogation reste la notion de pardon et d'excuse des gouvernements et personnes contemporaines pour le passé de leur nation. Jusque quand l'Allemagne et le Japon devront-ils s'excuser des faits datant de plus de 2 générations (parfois eux même séquellaires de guerres antérieures)? La compréhension passe t-elle par le pardon ? Faut-il ouvrir les archives nationales sans intervalle de temps, pour limiter les négationnistes ?

J'ai enfin beaucoup aimé la forme de ce récit qui alterne les points de vue, scientifiques et humains permettant une richesse dans la confrontation des différents avis exposés et mettant en avant la complexité d'une seule vérité.

Au total : Un texte court mais dense, historique et philosophique sur la place et la définition de l'histoire dans notre société.

SFF et diversité mini
Item 7 : Se déroulant en Orient

mardi 15 novembre 2016

"L'enchanteur" de René Barjavel



Livre lu pour le book club de Livraddict. J'ai tellement ramé dessus que je ne l'ai terminé que bien plus tard, et n'ai donc pas pu participer à la discussion.

Résumé

Couverture L'enchanteur  Qui ne connaît Merlin ? Il se joue du temps qui passe, reste jeune et beau, vif et moqueur, tendre, pour tout dire Enchanteur. Et Viviane, la seule femme qui ne l'ait pas jugé inaccessible, et l'aime ? Galaad, dit Lancelot du Lac? Guenièvre, son amour mais sa reine, la femme du roi Arthur ? Elween, sa mère, qui le conduit au Graal voilé ? Perceval et Bénie ? Les chevaliers de la Table Ronde ? Personne comme Barjavel, qui fait le récit de leurs amours, des exploits chevaleresques et des quêtes impossibles, à la frontière du rêve, de la légende et de l'Histoire. Dans une Bretagne mythique, il y a plus de mille ans, vivait un Enchanteur. Quand il quitta le royaume des hommes, il laissa un regret qui n'a jamais guéri. Le voici revenu


Mon avis

J'aime beaucoup les livres, et autres dérivés issus de la légende des chevaliers de la Table ronde.

 Ce livre change de mes précédentes lectures en mettant en avant surtout Merlin, et déroulant l'histoire d'un point de vue détaché, comme l'est Merlin avec l'ensemble des chevaliers, présents mais essayant de ne pas trop interférer, mais les manipulant pour accéder enfin au Graal.

J'ai été assez déstabilisée par la forme, presque comme une succession de contes avec parfois des personnages qui reviennent (mais dont j'avais un peu oublié la trame narrative lors de leur retour).
Malheureusement j'ai eu du mal à accrocher à ce fil conducteur qu'est Merlin, manipulateur, autant que le Diable, du destin de chaque. Il est finalement omniprésent mais absent de la plupart des petites aventures vécues par les chevaliers.

Il existe une certaine misogynie dans ce livre qui est peut être témoin de l'époque d'Arthur mais pas que. La mère de 9 enfants qui les laissent repartir tous avec leur père, et décide d'aller au couvent oO, d'ailleurs ce couvent accueille un nombre de mère dépitée assez impressionnant... Guenièvre est reléguée la plupart du temps à ses amours, mais dans un paragraphe, on note son talent à gérer Camelott en l'absence d'Arthur, toujours en vadrouille.

Merlin et Arthur, souvent moteur des livres sur cette légende, sont assez antipathiques et j'ai eu du mal à m'intéresser à leur quête qui semble vaine, au vue du nombre de morts qu'il existe dans ce roman (et qui ne semblent affecter personne). Arthur est de ce fait assez passif, et tout le monde semble juste attendre un signe de Merlin pour partir ou poursuivre son aventure.

J'ai eu l'impression d'être assez loin de la légende initiale, telle que je me l'imagine et aucun personnage ne m'a vraiment accroché. Morgane est reléguée à la méchante vicieuse et très sexuée.
Viviane, prétendante de Merlin, attend comme les autres son heure et laisse partir les enfants qu'elle élève sans jamais protester se laissant complètement guider par son "maître". Les chevaliers sont presque interchangeables vu leur quête identique (le graal et leur identité profonde) et leurs échecs qui s'accumulent.

Au total : Une déception pour ce livre que beaucoup considèrent comme un classique. Je n'ai pas spécialement accroché au style narratif et les personnages m'ont semblé assez transparents.

lundi 14 novembre 2016

Utopiales J3 : Le lundi

Dernier jour pour ma part sur place, avec pour objectif visiter Mars, découvrir la zone des jeux, assister des conférences et voir Premier contact. Objectifs remplis ! (Petit rappel : Jour 1, Jour2)



On commence la journée, par la traditionnelle pause café, en attendant la visite de Mars en 3D, effectivement moins remplie le matin et hors week end. Explications précises et accessibles des différentes choses connues et à voir sur la planète rouge par une planétologue. Plein de choses sont encore à régler pour savoir s'il existait une vie sur Mars, et comment se comportait l'eau la bas.  Petite note pour les curieux, ca tourne un peu et j'avais un peu la nausée en sortant de là !

Puis première conférence entrainée par mes copines, où j'avoue ne pas avoir été très attentive sur Les Machines Alchimiques avec X. Mauméjean et P. Bacigalupi.

Je me suis ensuite déplacée vers les mécanismes de la SF au masculin, conférence pleine d'humour et de torsion de préjugés avec : Catherine Dufour, Sara Doke, Sylvie Lainé, Ariane Gélinas, Michèle Laframboise.
Au final, je me suis demandée si inviter autant d'auteur femmes sur ce thème, ne revenait pas à discuter de la SF au féminin, thème récurrent où les participantes notaient être fréquemment invitées, presque comme caution féminine des festivals .

Quelques citations : "Les femmes moches ou de plus de 40 ans n'existent pas en masculine"
"Quand un homme raconte une histoire d'amour, il est sensible; quand c'est une femme elle est fleur bleue.  "
"Rien ne décrit vraiment une écriture "masculine " alors que l'écriture féminine est souvent discutée."

J'ai enchainé sur les dystopies vs post-apocalyptique : Mécanismes d'un sujet jeunesse avec Agnes Marot et Léna  Johame. Pas beaucoup de décryptage dans cette conférence très remplie niveau public, plutôt de la promotion des romans des 2 auteurs.
  "Il veut un monde meilleur pour être tranquille pour vivre sa vie amoureuse" Vu comme ca, je me suis dit que l'adolescent n'était peut être pas une référence d'idéal humaniste!



Des moutons et une voie lactée!

Puis petite pause à l'espace jeu, pour jouer avec des moutons galactiques avec Mr Plume. Les animateurs étaient présents pour expliquer les règles des différents jeux.

Suivie d'un petit tour à la librairie, pour acheter un cadeau pour mon homme (La fille automate de Paolo Bacigalupi) et Lettres à Alan Turring. Raisonnable, non? 






Enfin dernière conférence : Le héros handicapé en science fiction avec Laurence Suhner, Michèle Laframboise, Paolo Bacigalupi, Clément Pélissier.

Les héros de comics étaient mis en avant, notamment Daredevil, car le handicap peut être présenté comme une force. Plein de références intéressantes, j'ai découvert par ce biais les travaux de Clément Pélissier, et je me suis dit qu'il avait eu de la chance !

"Le handicap n'est pas un point faible. Le point faible est ce qui met le personnage en danger de mort. (Comme la kryptonite et Superman) "


En attente de la séance ciné, on ne se sent pas seul !
Direction le cinéma et vu le nombre de gens qui attendaient, ce n'était pas du luxe, pour aller voir Premier contact de Denis Villeneuve.
Un film très beau sur le plan esthétique et beaucoup de discussions ensuite avec les autres spectateurs pour comparer nos ressentis et libres interprétations !




 La journée s'est terminée par la remise des prix (et donc une envie de découvrir Anna Starobinets), puis dernière soirée papote avant de reprendre le train le mardi matin.

Butin des Utopiales : 4 livres et une jolie photo de Nantes que j'ai finalement assez peu visitée.

D'autres compte rendus chez MarmotteXapur, Tigger Lily, Vert, Trolle, MJ (dans une petite année surement)

vendredi 11 novembre 2016

Week end à 1000 !

Petit billet pour préparer mon week end à 1000 que je mettrais à jour au fur et à mesure !

Patit rappel : Le week end à 1000 est organisé sur le blog de LiliDraw  et l'objectif est de lire un maximum de pages (si possible 1000) sur le week end, tout en encourageant les autres participantes ! 

Ma PAL : 



Petit point à 18h samedi :

Lecture avec petite tasse de thé !
J'ai lu 20 pages hier soir de "la lettre de Conrad", après avoir vu Dr Strange au cinéma (j'ai pas franchement aimé le personnage principal, mélangé à un scénario Marvel de super héros, je n'en ferai pas une très bonne presse).


Depuis ce matin j'ai lu 290 pages de "la Voleuse de livres" en 3 sessions entrecoupées d'une sieste, dont j'aime beaucoup l'ambiance et les liens entre les différents personnages !




Au programme de la soirée  du samedi : Lecture soit poursuivre la Voleuse, soit lire des BD, soit finir la lettre de Conrad, et cuisine !

Dimanche 10h30 :
 J'ai fini la lettre de Conrad entre hier soir et ce matin (+120 pages).
Et lu les 2 derniers tomes de la saga Okko : Très jolie sage sur le plan visuel avec un personnage principal attachant bien que mystérieux jusqu'au bout et une plongée dans le Japon médiéval. (+130 pages)

J'en suis donc à 540 pages !

Petite pause pour le moment avant une reprise en début d'après midi.

Dimanche 19h30 :
Après une pause de 7 heures (cookies, ménage et fin de tricot), je me suis replongée dans La voleuse de livres (390 pages/527) et j'ai lu l'Arabe du Futur, tome 2 (158 pages)

J'en suis à 798 pages.

Lundi matin : J'ai continué d'avancer dans la soirée "La voleuse de livres" et me suis arrêtée à 490 pages (sur 527, donc ca ne va pas tarder)

Soit 898 pages, pour une première vraie participation, je suis assez satisfaite du résultats, et surtout des livres que j'ai lu !

mercredi 9 novembre 2016

Utopiales 2016, Jour 2



Plein d'entrain et de motivation pour accéder aux conférences qui nous intéressaient, nous sommes arrivés le dimanche matin, à l'aube (10h un peu passé!)

Petit passage matinal à la première conférence, bien remplie niveau public

Les conférences étant bien pleines, la journée a donc débuté par une pause café papotte, avant de se mettre en route.

Et ca chuchote pendant que certains sont concentrés!
Petit tour à la remise du prix Planet SF, avec invitation du Paolo Bacigalupi pour son prix d'il y a quelques années.







Jerome Vincent, moderateur de la conférence sur Alan Turring


J'ai enchainé sur la rencontre avec Alan Turring, c'est à dire  le réalisateur d'un documentaire sur le sujet : Denis Van Waerebeke, et Sylvie Laine auteur d'une lettre dans le recueil "Lettres à Alan Turring ". J'ai adoré cette conférence, très bien documentée, notamment sur certains arrangements du film "Imitation Game". Alan Turring est fascinant par ce qu'il a amené à l'informatique mais aussi pour le mystère autour de l'homme. Je n'ai pu assister à la  projection du documentaire mais ce n'est que partie remise.



Ensuite direction le cinéma pour voir Psichonautas, film d'animation, effectivement pas pour les enfants contrairement à ce que pouvait laisser penser l'affiche. Très jolie découverte, bien plus sombre que ce que je pensais et qui fait réfléchir sur bien des thèmes écologiques et sociologiques.

Poursuite des conférences avec "Le gène égoïste" avec Gérard Klein, Philippe-Aubert Côté, Sylvain
Chambon, Pierre-Henri Gouyon, François Rouiller qui fait réfléchir la généticienne cachée en moi. La vision très scientifique de la génétique (et moins clinique) m'a un peu déstabilisée. Sommes nous uniquement des vecteurs pour la survie des gènes ? J'en ai profité pour faire un peu plus connaissance avec Mypianocanta, croisée une fois sur une sortie parisienne.

Puis dédicace de mon second tome de Metaquine, avec un nouveau personnage pouvant être issu de l'univers.
Utopiales vs Imaginales !

Retour en conférence pour "Technologie vs Effondrement" avec  Jean-Noël Lafargue, Philippe-Aubert Côté, Alain Damasio, Milad Doueihi, Sylvie Denis. Un conférence assez pessimiste sur le sort de la planète, mais aussi un regard critique sur la SF, très utilisatrice de l'effondrement pour lancer leur univers souvent post apocalyptique.

Fin de la journée avec le prix Julia Verlanger pour Karim Berrouka et "son club des punks contre l'apocalypse zombie". Pas lu de mon coté ...

Soirée pizza entre colocataires et recharge des batteries pour préparer ma dernière journée ! (Et oui, un week end sur les machines, nous transforme t-il pas un peu en robot ?)

lundi 7 novembre 2016

Les Utopiales 2016 : Jour 1






Cette année, je suis allée pour la première fois au festival des Utopiales qui se déroule à Nantes, orienté science fiction, à la fois coté littérature, mais aussi cinéma, et science.

Je suis restée du samedi au lundi, ce qui m'a permis de bien profiter des conférences, de faire des pauses cinéma et de croiser tout plein de monde cotoyé habituellement dans la bulle virtuelle. (Mon programme initial était ici, et il y a eu quelques changements, notamment en ce premier jour !)

Petite lecture dans le train !
Lille-Nantes direct, environ 4h de train, je suis donc arrivée après la pause déjeuner. Première journée assez calme pour moi, j'ai profité de la salle café, et surtout de mes blogopotes (Marie Juliet, Marmotte, Trolle Plume (et son homme) et Blacky ) que j'ai retrouvé assez facilement. La foule était assez dense pour ce premier jour, vu que le festival a battu son record de fréquentation. Il fallait donc anticiper les topos intéressants si on voulait être assis, ce qui sera mis en application le dimanche !








J'ai assisté à deux conférences ce premier jour :
Les machines traduiront-elles le futur ? : avec Sylvie Denis, Frédéric Landragin, Nathalie Mège, Philippe Curval, Milad Doueih.
Discussion intéressante sur les capacités des machines à la traduction littérale et finalement ce qui donne un sens au texte, notamment le contexte qui a souvent du mal à être perçu par ladite machine.

Et à la rencontre avec Francois Rouiller, auteur de Métaquine, dont j'ai lu le premier tome en mai, et j'ai entamé la lecture du second pendant mon voyage dans le train, histoire de me mettre dans l'ambiance avec le festival. Rencontre intéressante, notamment la partie explication de photos et tableaux. Ce qui me fait penser qu'il faut que je retrouve le fameux tableau de Hopper très présent dans le premier tome.
 
Extrait de l'exposition Metaquine



J'en ai profité pour faire le tour de l'exposition Metaquine et admirer les talents de dessinateur de Mr Rouiller (je vous conseille de suivre son IG d'ailleurs) ! Je suis arrivée malheureusement un peu tard pour faire dédicacer mon second tome ce jour la.



L'interro surprise sur l'Uchronie débordant, je n'ai pu assister à cette conférence, j'en ai donc profité pour faire quelques achats :



Achats du samedi
L'anthologie des Utopiales

Thinking Eternity de Raphael Granier de Cassagnac, conseillé par mes copines de virée !

Pepper en action



J'ai croisé Pepper pendant mes déambulations dans les expositions scientifiques, petit robot dansant mais pas que !


Pour finir la journée en beauté, petite crêperie dans le centre de Nantes, et une bonne nuit de sommeil avant d'entamer le second jour !

vendredi 28 octobre 2016

"Chanson douce" de Leila Slimani

Un livre qui me tentait par son thème et les retours positifs. Une fois débuté, je l'ai terminé en 2 jours, sans réussir à le lâcher, notamment dans les transports.

Résumé

Couverture Chanson douce 

Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d'un cabinet d'avocats, le couple se met à la recherche d'une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l'affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu'au drame.




Mon avis

Un livre qui se lit d'une traite, portée par une écriture envoutante qui donne envie de découvrir les différents personnages.
D'emblée nous sommes plongés dans cette histoire dont le dénouement nous apparait inéluctable. J'ai aimé cette entrée en matière et cette manière de remonter le temps, de comprendre les fils qui se tendent et se tissent.


Ce roman m'a beaucoup touché, et explique probablement mes difficultés à écrire cet article et je me doute que les résonances que j'ai ressentie ne seront pas forcément présentes chez tous.
Mon engouement pour ce livre tient probablement dans la projection que j'ai pu faire avec le personnage de Myriam, femme qui renoue avec sa vie active en laissant ses enfants à Louise, nounou providence.

J'ai retrouvé dans Myriam, l'ambivalence de notre société qui nous demande un épanouissement personnel et professionnel tout en nous laissant des marges de manœuvres faibles, et une pression sociétale toujours patriarcale.
 Le personnage de Louise s'éclaire au fur et à mesure du roman, tout en laissant des zones d'ombre. On peut faire des hypothèses sur sa pathologie psychiatrique ou sociologique, nous montrant que le tout est souvent lié. Elle est l'autre facette de cette ambivalence entre vie personnelle et professionnelle dans son rapport avec les enfants en général.

Les hommes sont présents mais finalement assez transparent dans cette dualité féminine au centre du drame. Leur rôle dans la vie de leurs enfants restent à chaque fois assez mineur.

Le thème est glaçant mais l'écriture amène beaucoup de douceur et ne tombe pas dans le larmoyant.

Au total : Un roman intense dans lequel je me suis retrouvée plongée sans pouvoir décrocher. Beaucoup de pistes de réflexion sur la question de l'éducation et de notre mode de vie.

challenge12016br

mercredi 26 octobre 2016

"Mineure" de Yann Queffelec

"Les noces barbares" du même auteur sont sur ma liste ABC depuis que j'y participe. Ça fait 2 ans que je lis un autre livre de cet auteur, prise d'une inquiétude à l'idée de le débuter. J'ai découvert ce titre à la bibliothèque municipale et je l'ai dévoré malgré le malaise qui s'installe progressivement.

Résumé

Couverture Mineure Editions Le Livre de Poche 2010Qu'est-ce que le désir aux abords de l'âge mûr, lorsqu'on est courtisé par une jeune fille ? Sibylle a treize ans, Michel cinquante-cinq. Yann Queffélec analyse avec une minutie clinique les sentiments ambigus qui tourmentent son héros, homme marié, heureux, socialement établi, face à la passion brutale d'une adolescente aussi jeune que ses propres enfants, des jumelles. Non, il ne cédera pas...


Mon avis

Livre court qui m'a fait penser à "Délicieuses pourritures" de Joyce Carol Oates, du fait de l'inconfort induit par cette lecture.
La situation telle que le laisse deviner la couverture flirte avec les limites autorisées par notre société. Comment va s'en sortir le protagoniste ? Va t-il franchir la ligne ? Quelle est la part de fantasmé et de réel ?

J'avais peur de ne pas accrocher à ce récit à la première personne, mais le talent de l'auteur fait qu'on est plongé dans les tourmentes de cet homme, dans ses réflexions, les limites qu'il essaie de respecter. Que penser de Sybille, adolescente vue uniquement par les yeux du narrateur? Moment d'hallucinations de l'homme ou réelle manipulation de l'adolescente ? Leur confrontation  reste fascinante et angoissante dans son dénouement. Il est difficile de croire que les choses vont rester chastes et ce doute reste constant tout au long du livre.

Ce livre c'est aussi le récit d'une vie de couple telle qu'on peut le supposer après des années de mariage, entre routine et choix de vie qui entrainent parfois des frustrations. Les difficultés du couple sont aussi en avant dans les dialogues avec sa femme, ses filles. L'adultère fait partie des questions très présentes des 2 cotés. Le doute entraine t-il le passage à l'acte ?

Au final les femmes de ce livre restent bien mystérieuse, et il est curieux finalement de lire ce point de vue exclusivement masculin sur des thématiques souvent (tout du moins dans mes précédentes lectures) abordées par les femmes.

Au total : Un récit bien maitrisé entre un homme mur et une adolescente. Toujours sur le fil.

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Lettre Q : 118 pages

mardi 25 octobre 2016

Préparation pour les Utopiales 2016

Cette année, je vais aux Utopiales !!

utopialesLes Utopiales, festival annuel de SF à Nantes du 29 octobre au 3 novembre. Un programme dense avec conférences orientées "Machines" (thème de l'année), projection cinématographique et nombreuses dédicaces.

"Les machines, cet assemblage qui permet au philosophe comme à l’ouvrier de soulever le monde. Grâce à elles, nous sommes plus forts, nous allons plus loin, plus haut, plus vite. Grâce à elles, nous explorons, nous transformons. Les machines, extraordinaires ou non, servent nos aspirations, nos désirs, nos projets, nos futurs. Mais si une génération grandit et évolue par rapport à la précédente, les machines, en tant que filles de l’humanité, nous dépasseront-elles un jour ? Nous remplaceront-elles ? Pouvons-nous continuer de grandir et d’évoluer si les machines se substituent à nous ?"

Pour ma part, j'y serais du samedi midi au lundi inclus !

Le programme est assez intense, avec 3 conférences parallèles et des projections de films en plus.

Pour le samedi, où j'arrive en début d'après midi je prévois léger :
Le vaisseau spatial  comme personnage à 14h
Interro surprise : Uchronie à 17h

 Pour le dimanche :
Je suis intéressée par la projection de Psiconotas de Rivero et Vazquez à 13h45
En conférence :
Le gène égoïste ou la machine mythologique à 16h
Jules Verne saga à 18h

Pour le lundi

12h : Mécanisme de la SF masculine
13h : Dystopie vs post apocalyptique : mécanisme d'un succès jeunesse
16h : Le héros handicapé en SF

J'espère avoir le temps de passer aux expositions, de me faire dédicacer "La fille Flute" de Paolo Bacigalupi, les second tomes de Métaquine (F. Rouiller), et d'Omale (L. Genefort), la Horde du contrevent d'A. Damasio, me décider pour un livre de L. Davoust et d'autres auteurs dont mes compagnons de voyage ne manqueront pas de me faire l'éloge !
Bref, je sens que je ne vais pas voir les 2 jours 1/2 passer !

N'hésitez pas à me faire signe si on se croise ! (Je vais essayer de penser à un badge ...)

samedi 15 octobre 2016

"Station Eleven" d'Emily Saint John Mandel

Rentrée littéraire SF pour changer, recommandé par pas mal de monde sur le blogosphère (cf Cornwall, Blacky, Acro  ) je me suis laissée tenter sans difficultés.

Résumé

Couverture Station ElevenUne pandémie foudroyante a décimé la civilisation. Une troupe d’acteurs et de musiciens nomadise entre de petites communautés de survivants pour leur jouer du Shakespeare. Ce répertoire classique en est venu à représenter l’espoir et l’humanité au milieu des étendues dépeuplées de l’Amérique du Nord.

Centré sur la pandémie mais s’étendant sur plusieurs décennies avant et après, Station Eleven entrelace les destinées de plusieurs personnages dont les existences ont été liées à celle d’un acteur connu, décédé sur scène la veille du cataclysme en jouant Le Roi Lear. Un mystérieux illustré, Station Eleven, étrangement prémonitoire, apparaît comme un fil conducteur entre eux…



Mon avis

Il est de ces livres dont on se rend compte de l'immersion qu'après l'avoir terminé. Il en fait partie.
J'ai tourné les pages tranquillement et me suis réservé des pauses lectures pour en profiter pleinement, choses que je n'avais pas forcément fait sur mes dernières lectures avec le même entrain.
J'ai aimé la temporalité du récit, entre présent et passé, retour en arrière et quête d'un monde meilleur. Chaque personnage prend sa place dans cette toile lentement tissée par l'auteur.

Il y a le monde moderne avec quelques pistes de réflexion sur la célébrité, les paparazzis, nos modes de communication si rapide que l'on oublie la prouesse technologique sous jacente, la place de l'art et de la bande dessinée.

Il y a le post viral, où une partie de la population a été décimé. Ce virus qui nous rappelle les psychoses grippe A, grippe aviaire. Quel serait notre réaction face à cette pandémie, s'enfermer chez soi ? Accepter les faits et choisir son lieu final ?
Si on survit quelle serait notre attitude, comment se reconstruire ? La symphonie itinérante nous permet de voir plusieurs facettes de réaction toujours sur un fond d'art musical ou littéraire et les comics sont le réel fil rouge, chose rare.
Les personnages sont touchants, que ce soit Kirsten dont on devine sa part d'ombre, Arthur dans son rôle de star immature qui enchaine les conquêtes et ne sait comment gérer sa notoriété, Miranda, artiste solitaire qui évolue au fil des pages dans sa vie personnelle et professionnelle. J'ai aimé la maturité de ces personnages, de les suivre sur plusieurs périodes clés et les liens qui les unissent.

A travers le prophète, on devine une certaine vision de la religion, de la nécessité de certains de croire en quelque chose pour rester construit mais aussi la mesquinerie de la nature humaine et ce besoin hiérarchie qui s'instaure assez naturellement. J'aurais apprécié que cet aspect soit plus creusé.

Au total : Une lecture fascinante et très humaine dans ce monde post apocalyptique.


challenge12016br
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Lettre S : 432 pages

mardi 11 octobre 2016

"Les Immortelles" de Makenzy Orcel




Je cherchais un "O" pour mon challenge ABC et l’intérêt d'une bibliothèque est de pouvoir se laisser tenter par des titres différents de nos habitudes. J'avoue que l'actualité rend ce livre d'autant plus touchant.

Résumé


Couverture Les immortelles Les Immortelles, ce sont les prostituées de Port-au-Prince. L’une d’elles prend à parti l’inconnu monté la voir au bordel. Apprenant qu’il est écrivain, elle lui propose un marché : contre son corps, écrire l’histoire des putains défuntes, emportées par le séisme sous les décombres de béton. D’une surtout : la petite, la fugueuse Shakira venue sous son aile un jour dans la haine de sa bigote de mère.





Mon avis

J'apprécie de lire parfois des ovnis que ce soit sur le fond ou la forme.

La forme de journal intime dicté par une prostitué et retranscrit par un écrivant donne une écriture  peu dans le style académique mais chargée de sensations dans la brièveté des propos. Les paragraphes sont courts le plus souvent, comme une pensée hachée qui a du mal à suivre un fil tout en gardant une cohérence dans ses digressions.

Le fond raconte le quotidien d'une prostituée qui avait pris "sous son aile" une jeune, regrettant de l'avoir mise dans ce circuit tout en se rendant compte de peu la connaitre. 
On y découvre une amitié teintée de relation maternelle. La petite et sa mère, leur point de rupture l'amenant à la fugue et La petite et la narratrice, conseil dont elle ne voulait pas être proche. On sent l'incompréhension des personnages, la volonté de liberté de celle ci, notamment par son amour de la littérature.

Leur quotidien est décrit de manière assez pudique mais donne une idée de leur condition de vie, avant le séisme et leur manière de s'adapter à l'après, de regretter les disparues souvent anonyme dans la foule.

Au total : Une plongée dans Haïti, après le séisme par un œil inhabituel mais intense.

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Lettre O : 144 pages


dimanche 9 octobre 2016

"Ecoutez nos défaites" de Laurent Gaude

J'ai eu un petit craquage en cette rentrée littéraire entre auteur référent pour moi et bouche à oreille...
Laurent Gaude est un auteur que j'ai découvert  grâce à la blogosphère et dont l'écriture et les thèmes abordés (historiques) me bottent le plus souvent.

Résumé













Mon avis

J'avoue avoir eu du mal à me plonger dans ce récit chorale. Il me manquait des notions d'histoire internationale notamment sur la guerre de sécession et l’invasion italienne en Ethiopie. Je me suis renseignée au fur et à mesure de ma lecture sur certains protagonistes pour approfondir le sujet.

Une fois chaque personnage apprivoisé, j'ai aimé suivre le parallèle entre chaque histoire, et me poser des questions sur le concept de victoire. Les causes de la guerre peuvent sembler juste, mais finalement les vainqueurs sont-ils vraiment victorieux ? Qui paie le prix de la guerre  sur le plan humain, sur les traumatismes de chaque population ? Et surtout comment rebondir après une défaite alors que notre époque tend vers l'erreur impossible et le refus de l'échec. Cette question reste très actuelle quand on voit la situation syrienne ...
J'ai apprécié le parallèle avec cette situation dans la prise de Palmyre sous un autre angle. Les personnages "non historiques", contemporains sont touchant d'humanité et de fragilité. J'ai aimé leur rencontre et le fil qui se tissait entre eux malgré les différences.

J'ai découvert Haile Selassié, son combat, sa dignité malgré avoir dérogé au code de son peuple mais aussi Hannibal, bien plus qu'une traversée des Alpes en éléphant qui fait sa réputation et la guerre de Sécession peu connue de ce coté de l'Atlantique et tellement fondatrice pour d'autres.
Ce livre évoque l'Histoire avec les histoires, les combats de chaque remis dans leur contexte, tout en montrant leur universalité. Une lecture instructive et qui fait réfléchir.

Au total : Un début un peu difficile pour moi mais assez rapidement je me suis plongée dans ce dédale d'histoires qui font réfléchir sur le sens des défaites et des victoires.


challenge12016br