jeudi 31 mars 2016

Nymphéas noirs de Michel Bussi

Lu dans le cadre de mon club de lecture, un auteur dont on entend beaucoup parler et un thème qui me tentait.

Résumé


Couverture Nymphéas noirs
Tout n'est qu'illusion, surtout quand un jeu de miroirs multiplie les indices et brouille les pistes. Pourtant les meurtres qui troublent la quiétude de Giverny, le village cher à Claude Monet, sont bien réels. Au coeur de l'intrigue, trois femmes : une fillette de onze ans douée pour la peinture, une institutrice redoutablement séduisante et une vieille femme aux yeux de hibou qui voit tout et sait tout. Et puis, bien sûr, une passion dévastatrice. Le tout sur fond de rumeur de toiles perdues ou volées, dont les fameux Nymphéas noirs. Perdues ou volées, telles les illusions quand passé et présent se confondent et que jeunesse et mort défient le temps.



Mon avis

Je lis assez peu de policier et j'avoue ne pas avoir particulièrement apprécié celui ci.

D'abord l'écriture, un récit à plusieurs voix où nous suivons une vieille dame avec des airs de conspiratrices, dont on sent dès le début que ce n'est pas la vraie méchante. Cette partie est écrite à la première personne et ne m'a pas vraiment intéressée du fait des trop nombreux effets d'annonce, dont je n'attendais rien.

Les autres points de vue sont à la troisième personne, nous suivons l’enquête de Laurenç Serenac sur le meurtre de l'ophtalmologue riche, cliché à lui tout seul du mec du Sud Ouest, policier dont l'instinct prime sur la logique, jeux d'humour avec son second qui m'a semblé tellement vu et revu... 
Enfin la petite Fanette, dont on sent que l'origine fait partie du mystère, mais qui n'a pas vraiment retenu mon attention. Il existe des digressions peu intéressantes sur ses copains de classe qui sont présentés comme des boulets mais rien de transcendantal.

J'ai été particulièrement agacée par les personnages. L'inspecteur qui drague à tout va, charmeur de belles femmes qui s'attire spontanément la sympathie de la plupart de la gent féminine, ou la maitresse qui cherche à séduire et à être sauvée, l'adjoint flic père et époux idéal, avec une lubie. L'image de la femme est d'ailleurs assez triste dans ce livre, elles paraissent peu combatives, femmes soumises à leur mari...

Le seul personnage intéressant a été à mon avis le peintre américain, ami mystérieux de Fanette et l'intrigue qui court autour, vrai personnage ou délire d'une enfant solitaire ?

Le vrai point positif de ce livre est la visite de Giverny et de ses alentours, les descriptions de la maison du Monet, du village et l'ensemble des informations de cette époque, qui semble bien documenté. J'ai aimé aussi découvrir le musée de Vernon et sa salle des impressionnistes!

L'enquête en elle même bénéficie d'un twist que je n'avais pas vraiment cherché donc anticiper, permettant de relier les  fils conducteurs. Il explique certains passages un peu bizarre sur les liens entre les  3 personnages féminins mis en avant.

La scène finale m'a désespéré de bons sentiments ... (L'amour toujours, je t'attendrai jusqu'au bout...) et n'étais pas vraiment nécessaire à mon avis.

Au total : Un roman policier très bien documenté sur les peintres impressionnistes, mais qui ne m'a pas vraiment convaincu ni donné envie de découvrir d'autres livres de l'auteur.

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Lettre B Policier 493 pages

mercredi 30 mars 2016

"L'opéra de Shaya" de Sylvie Laine

Un recueil de nouvelles dont j'ai lu beaucoup d'avis positifs. J'ai profité d'une promotion ActuSF pour me le procurer en numérique.

Résumé

Couverture L'Opéra de Shaya 


So-Ann, née dans un vaisseau spatial, a du mal à s’habituer aux coutumes étranges et contraignantes des mondes où se sont établis les humains. Alors quand elle entend parler de Shaya, cette planète où la faune et la flore sont en totale empathie avec ses visiteurs, elle n’hésite pas une seule seconde. Mais en vérité, qui s’adapte à qui ? Quels mystères se cachent dans ce monde qui semble idéal ?



Mon avis

J'ai beaucoup aimé ce recueil de nouvelles, alors que j'avais quelques appréhensions du fait du thème très "space opéra". J'ai trouvé ce recueil très homogène avec des pistes de réflexion sur la différence, le partage et découverte de l'autre. L'écriture est très douce et bien imagée.

Le premier texte est une novella et porte le titre éponyme. Le début de ma nouvelle m'a semblé un peu facile (je cherche un but dans ma vie et je croise le bon monsieur à peine arrivée sur une nouvelle planète qui me propose LA solution), mais dès l'arrivée sur Shaya, j'ai été transportée par et sur cette planète, ses adaptations et les personnages présents sur cette planète, leur fonctionnement. Le dénouement est déstabilisant, et nous pose la question du don de soi.

Le second texte : Grenade au bord du ciel, m'a moins convaincu. On découvre une lune inhabituelle et son exploration. La question du bonheur et de la quête de soi est mise en avant, un peu comme dans le texte précédent. Peut être le texte était-il trop court?

Le troisième texte : Petits arrangements intragalactiques fait partie des textes qui apportent une touche d'humour dans un recueil. Les sapinous, les bubons comestibles ont l'air de sortir d'une soirée sous substances illicites !

Le dernier texte : Un amour de sable est aussi poétique que le premier texte. La découverte de l'autre par le toucher, le partage font partie des thèmes abordés.

Au total : Un recueil de nouvelle SF homogène qui m'a fait voyager le temps de ma lecture. Je recommande !

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Lettre L : science fiction 192 pages
SFF et diversité mini
Consigne 19 : Lire un recueil de nouvelles SFFF
Challenge FrancofouChallenge Maison : CRAAA

jeudi 10 mars 2016

"Journal d'un vampire en pyjama" de Mathias Malzieu

Habituellement, je n'accroche pas trop aux témoignages trop centré sur le malade et l'hôpital du fait de mon métier qui m'y confronte quotidiennement. Les premiers retours sur ce roman et mon envie de découvrir l'auteur (et surtout son univers) m'ont convaincu d'essayer.

Résumé

Couverture Journal d'un vampire en pyjama


« Me faire sauver la vie est l’aventure la plus extraordinaire que j’aie jamais vécue. »







Mon avis

Ce récit intimiste retrace le combat de l'auteur contre sa maladie, l'aplasie médullaire.
L'ensemble est marqué de sa patte, de son écriture avec des digressions oniriques, et quelques hallucinations, dont la plus présente est Dame Ocles.

J'ai beaucoup aimé ce livre qui évoque les difficultés d'une maladie chronique, même si l'espoir de la guérison est présent dans son roman et qui montre la nécessité de rester humain quand on est soignant. Les passages d'écoute du patient, d'aide au quotidien (comme apporter du cola) font tout autant partie du traitement que les perfusions et les examens.

Le point fort du roman est l'imaginaire de l'auteur qui permet l'évasion de son quotidien de malade. Son changement de vie du fait de sa pathologie est flagrant, mais la personne reste la même, se rapproche peut être un peu plus de certains de ses proches.
Si on excepte sa déclaration d'amour quasi constante pour Rosie, et sa famille proche, je n'ai pas eu l'impression d'un récit trop intrusif dans sa vie qui m'aurait mis mal à l'aise comme d'autres romans que j'ai lu centré sur la vie de l'auteur.

Ma déception reste un détail pragmatique en ce qui concerne la qualité du papier. Au format et prix du livre, avoir des feuilles transparentes reste assez choquant...

Au total : Un récit sur le vécu de la maladie chronique étoffé par l'écriture de Mathias Malzieu. A découvrir si le thème vous intéresse.

mercredi 9 mars 2016

"La passe miroir, livre 1 : Les fiancés de l'hiver" de Christelle Dabos

Un livre dont j'entends énormément parlé sur la blogosphère, j'ai profité d'une lecture commune avec partage pendant la lecture pour le lire.

Résumé

Couverture La Passe-miroir, tome 1 : Les fiancés de l'hiverSous son écharpe élimée et ses lunettes de myope, Ophélie cache des dons singuliers : elle peut lire le passé des objets et traverser les miroirs. Elle vit paisiblement sur l'Arche d'Anima quand on la fiance à Thorn, du puissant clan des Dragons. La jeune fille doit quitter sa famille et le suivre à la Citacielle, capitale flottante du Pôle. À quelle fin a-t-elle été choisie ? Pourquoi doit-elle dissimuler sa véritable identité ? Sans le savoir, Ophélie devient le jouet d'un complot mortel.





Mon avis

Je termine ce livre assez mitigée.

Dans les bons points, il y a l'univers développé par l'auteur, intriguant, à la fois par les mondes visités, ressemblant à des iles aériennes, reliées par des dirigeable, et par les pouvoirs des différentes familles.
L'histoire est centrée sur Ophélie, appartenant à la famille des animistes dont chaque membre du clan semble avoir un pouvoir avec les objets ; elle lit l'histoire des objets et passe à travers les miroirs.
Thorn appartient quant à lui au clan des dragons, dont je ne vous dévoilerai pas les capacités. On découvre aussi les maitres des illusions, les nihilistes, les manipulateurs d'esprit. Bref tout un tas de capacités, et une guerre de pouvoir assez rondement menée.
Mon problème est d'avoir eu l'impression de survoler tout ce contexte, pour rester centrée sur Ophelie.
Hors j'ai trouvé ce personnage assez stéréotypé et fade, du genre moche à l'extérieur et belle à l'intérieur, mais pour cela il faut la connaitre, comme son grand oncle... D'ailleurs les autres membres de sa famille la dénigrent bien comme il faut, y compris sa mère qui ne pense qu'au mariage... Elle est timide effacée et pas grand monde ne s'intéresse vraiment à son opinion. D'ailleurs, la voila embarquée dans une histoire de mariage par ses aïeules, ambiance romance historique régence, où ni l'homme ni l’héroïne ne comprennent ceux qu'ils font là !
 La relation entre Thorn et Ophelie est forcément compliquée, pleine de non dits. Il l'embarque dans son pays en la laissant tout découvrir, histoire de la protéger par l'omission, en la met en pension chez sa tante pour l'éduquer.

J'aurais apprécié avoir un narrateur plus omniscient pour avoir du recul sur nombre de situation, ou un roman à plusieurs voix.

Car les personnages secondaires m'ont bien plus intéressé. Que ce soit Berenilde, impliquée jusqu'au cou dans les affaires de la cour qui se révèle à la fin du roman ou Archibald, ambassadeur atypique, plein de franchise mais dont la vision de la femme laisse perplexe.
Les esprits de famille sont aussi une véritable interrogation, nous les croisons alors qu'ils sont la base de la société dans laquelle les personnages évoluent.

L'écriture est très bien travaillée, les pages se tournent sans difficultés, sans facilités de langage.

Au total : Un premier tome plein de bonnes idées mais avec un personnage principal trop stéréotypé et une histoire de couple peu intéressante.
Je me laisserai probablement tentée par le second tome pour poursuivre l'exploration de l'univers, en espérant que les choses s'ouvrent plus sur l'univers.

Challenge Francofou

lundi 7 mars 2016

"La main gauche de la nuit" d'Ursula Le Guin

Un livre qui traine dans ma PAL depuis un bon moment, et que j'ai proposé en lecture commune pour mon club de lecture en mettant en avant le coté féministe de l'histoire ...

Résumé

Couverture La Main gauche de la nuit Editions Le Livre de Poche 2014Sur Gethen, la planète glacée que les premiers hommes ont baptisée Hiver, il n'y a ni hommes ni femmes, seulement des êtres humains. Des androgynes qui, dans certaines circonstances, adoptent les caractères de l'un ou l'autre sexe. Les sociétés nombreuses qui se partagent Gethen portent toutes la marque de cette indifférenciation sexuelle. L'Envoyé venu de la Terre, qui passe pour un monstre aux yeux des Géthéniens, parviendra-t-il à leur faire entendre le message de l'Ekumen ?


Mon avis

J'aime beaucoup les livre d' Ursula Le Guin, malgré leur rythme assez lent, et un manque d'action flagrant. J'apprécie surtout le fait que ses romans apportent beaucoup de pistes de réflexions, ce qui à mon avis est intéressant pour un club de lecture.

Ce roman appartient au cycle de l'Ekumen (dont j'ai déjà lu "Le monde de Rocannon"), et peut être associé à quelques nouvelles ayant lieu sur la même planète.

La planète mise en avant est particulière par son climat glaciaire, plein de neige et de glace. Le passage dans le glacier est un huis clos particulièrement oppressant. Les descriptions sont telles que je me suis sentie dans la tente avec les protagonistes, bloquée par le froid.

L'autre spécificité est sa population, androgyne, dont le genre ne se révèle qu'en de courtes périodes appelées Kemna et n'est jamais fixé. Il est ainsi étonnant de voir des dirigeants en congé "maternité" avec des conséquences sur la politique du pays.
D'ailleurs l'opposition entre les deux pays visités peuvent faire penser à la guerre froide, avec espionnage et quelques actions d'éclat aux frontières. Le second pays visité ressemble à s'y méprendre à un pays communiste dans tout sa logique de distribution au peuple.

J'ai cependant trouvé certaines longueurs qui se sont levées quand j'ai mieux perçu le dénouement du roman, et je pense plus en profiter sur une seconde lecture qui ne manquera pas d'arriver.

Quant au féminisme, j'avoue avoir eu du mal à le percevoir. Effectivement certaines discussions sur la différence de genre peuvent sembler déjà vues, mais certains participant du club de lecture nous a remis le texte dans son contexte historique, les années 60-70, ce qui permet d'apprécier les progrès parcourus.

Au total : Un roman du cycle de l'Ekumen qui nous amène sur une planète glacée avec une population déroutante. Un roman riche en réflexion à relire pour en apprécier toute sa richesse.

SFF et diversité mini
Défi  1 : une oeuvre de SF écrite par une femme