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mercredi 20 septembre 2017

"Veridienne" de Chloé Chevalier (Récits du Demi Loup tome 1)

Acheté lors d'une opération Bragelonne, j'ai repéré ce livre, parlant de princesses et de suivantes, après de nombreux avis positifs sur la toile.

Résumé

Couverture Récits du Demi-Loup, tome 1 : Véridienne
Au bord de l’implosion, le royaume du Demi-Loup oscille dangereusement entre l’épidémie foudroyante qui le ravage, la Preste Mort, les prémisses d’une guerre civile, et l’apparente indifférence de son roi. Les princesses Malvane et Calvina, insouciantes des menaces qui pèsent sur le monde qui les entoure, grandissent dans la plus complète indolence auprès de leurs Suivantes. Nées un jour plus tard que les futures souveraines auxquelles une règle stricte les attache pour leur existence entière, les Suivantes auraient dû être deux. Elles sont trois.



Mon avis

J'ai bien aimé ce livre, qui nous plonge dans un univers médiéval où les intrigues politiques sont nombreuses et au premier plan.

Les personnages principaux sont féminins, et pour une fois ne subissent pas une quête initiatique à travers le royaume (même si les premières pages concernant de Calvina et Lufthilde pourrait s'y apparenter).
Même si certains passages tournent au conflit adolescents, j'ai apprécié la toile de fond sous-jacente, et notamment la dégradation progressive du royaume Demi Loup, abandonné par son roi qui semble y faire surtout acte de présence. La menace de la maladie et le retour du Prince réveille ce royaume endormi.

En refermant ce livre, je me suis surtout qu'il était surprenant qu'un royaume laisse autant de liberté à 'ses princesses' appelées à prendre le pouvoir, et qu'il manque finalement une figure parentale à cette troupe de jeunes filles qui vivent au rythme de leur vie de château sans vraiment appréhender le monde extérieur.
Les relations entre les princesses et leur suivantes font partie du charme de ce roman, pas vraiment  domestiques, mais pas leur égales non plus. Leur rôle est difficile à appréhender, d'autant plus qu'il existe des entorses assez faciles aux règles et que ce fonctionnement n'est pas "classique" dans la littérature.

Le rythme est assez lent, l'histoire rapporté par des journaux qui s'alternent, avec parfois quelques difficultés à reconnaitre la plume initiale, le style étant assez linéaire.
L'univers se développe au fur et à mesure, et une fois la dernière page tournée, j'ai envie de découvrir la suite. Les personnages principaux et secondaires finalement ne sont qu'ébauchés, ainsi que leur monde et on perçoit la richesse des caractères et de leur évolution potentielle et leur retentissement sur l'univers. Rien ne semble figé à la fin de ce premier tome et les possibilités pour la suite semblent vraiment pouvoir partir dans plusieurs orientations très différentes.

Au total : Un premier tome qui met bien en place l'univers du Demi Loup et donne envie de poursuivre les histoire de Calvina/Malvane et leur suivantes, d'autant plus que l'adolescence étant terminée, leur action auront du poids

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Lettre C : 376 pages

jeudi 6 juillet 2017

"La porte des enfers" de Laurent Gaudé



Couverture La porte des enfers

Lu dans le cadre du club de lecture, j'ai eu du mal à entrer dans l'histoire probablement du fait du thème initial abordé (la perte de son enfant par accident) puis la seconde partie m'a complètement embarquée.

Résumé

 2002, dans un restaurant de Naples, Filippo Scalfaro accomplit sa vengeance : il poignarde au ventre un client puis, le couteau sur la gorge, il le force à l’accompagner dehors, le fait monter dans une voiture, prend la direction du cimetière. Parvenu là, il le traîne jusqu’à une tombe et lui en fait déchiffrer l’inscription. Puis il lui tranche les doigts des mains et le laisse là, saignant et gémissant.
1980, dans les rues encombrées de Naples, Matteo tire par la main son fils et se hâte vers l’école. A un carrefour, soudain éclate une fusillade. Matteo s’est jeté à terre, couchant contre lui son petit garçon. Quand il se relève, il est baigné du sang de l’enfant, atteint par une balle perdue.


Mon avis

C'est mon second roman de cet auteur cette année, et encore une fois je suis séduite par son écriture et sa manière d'aborder des sujets difficiles, de faire de la littérature contemporaine avec une touche de fantastique.
Comme souvent les personnages sont au centre du récit, même si la ville de Naples est aussi à l'honneur (pas forcément dans son coté très touristique) surtout dans sa religiosité et sa population.

La détresse de Giuliana et Matteo est poignante, et leur attitude si différente face à ce deuil porte ce livre. J'ai apprécié la manière dont est traitée la descente aux enfers (littérale et figurée) de Mattéo, à travers ses rencontres nocturnes, son errance à la recherche d'un but et son humanité qui éclot au fur et à mesure du roman.
Ses rencontres nocturnes nous offre un panel de personnages émouvants et plein de nuances. Malgré une apparence défavorable, on sent l'humanité qui se dégage d'eux et leur amour de la vie.

J'ai cependant trouvé que l'histoire était assez longue à se mettre en place et la seconde partie bien plus dynamique et intéressante. La scène finale apporte une touche d'espoir à ce récit très sombre du fait des thèmes abordés.

Au total : Un livre sur le deuil et la vengeance. Pas mon préféré de l'auteur mais une bonne lecture, pleine de réflexion.

Les avis lors du club ont été assez divergent, entre les conquis de base, ceux qui ont trouvé beaucoup de facilité dans le récit, notamment aux enfers (et ont fait un parallèle avec Danté), et les mitigés qui ont aussi trouvé que le début était trop lourd et lent à se mettre en place.

dimanche 2 juillet 2017

"Pars vite et reviens tard" de Fred Vargas

Ce livre est dans ma PAL depuis un bon moment, offert par une collègue qui apprécie beaucoup cet auteur. J'avais essayé de le lire il y a quelques temps, sans accrocher au départ. J'ai redonné sa chance à ce titre et l'ai lu en 5 jours.

Résumé

Ce sont des signes étranges, tracés à la peinture noire sur des portes d'appartements, dans des immeubles situés d'un bout à l'autre de Paris. Une sorte de grand 4 inversé, muni de deux barres sur la branche basse. En dessous, trois lettres : CTL. A première vue, on pourrait croire à l'œuvre d'un tagueur. Le commissaire Adamsberg, lui, y décèle une menace sourde, un relent maléfique. De son côté, Joss Le Guern, le Crieur de la place Edgar-Quinet, se demande qui glisse dans sa boîte à messages d'incompréhensibles annonces accompagnées d'un paiement bien au-dessus du tarif. Un plaisantin ou un cinglé ? Certains textes sont en latin, d'autres semblent copiés dans des ouvrages vieux de plusieurs siècles. Mais tous prédisent le retour d'un fléau venu du fond des âges...

Mon avis

Je lis assez peu de policier préférant les regarder en série télé, pourtant quand je referme un livre comme celui ci, je me dis que je devrais m'y plonger plus souvent pour une lecture détente, demandant pourtant certain suivi pour ne pas être perdue dans les personnages et dans les détails importants pour l'histoire. J'avoue que certains personnages secondaires n'ont pas retenu mon attention et aux révélations finales, j'ai eu du mal à les remettre en place.

Le personnage principal d'Adamsberg, commissaire tout en feeling, et son acolyte plus pragmatique font la force de ce livre, car l'intrigue elle même est servie par quelques facilités, notamment lorsque pour l'histoire des peintures sur les portes et les experts trouvés sans trop lutter.
Mais le caractère, la ténacité et sa capacité à faire jouer ses réseaux d'Adamsberg sont plutôt positifs pour l'histoire. Les personnages secondaires sont fouillés et plein d'intrigues secondaires qui étoffent ce récit. J'ai aimé me retrouver plongée avec le "crieur" place Edgar Quinet (que j'ai beaucoup fréquenté), au milieu d'habitants semblant si réel, qu'on pourrait les croiser.
Le fil rouge avec Camille apporte assez peu à l'histoire mais maintient ce coté assez fantasque du commissaire.

Au total : Une plongée dans l'univers d'Adamsberg et de Vargas, plutôt positive. J'ai un autre titre dans ma PAL qui je lirai avec plaisir !

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Lettre V : 347 pages

dimanche 18 juin 2017

"Bouddica" de Jean Laurent Del Socorro


J'avais beaucoup aimé le "Royaume de vents et de colères", j'étais donc assez pressée de découvrir ce livre sur un personnage que je ne connais que par le biais d'un jeu vidéo.

Résumé

Couverture BoudiccaAngleterre, an I. Après la Gaule, l’Empire romain entend se rendre maître de l’île de Bretagne. Pourtant la révolte gronde parmi les Celtes, avec à leur tête Boudicca, la chef du clan icène. Qui est cette reine qui va raser Londres et faire trembler l’empire des aigles jusqu’à Rome ? À la fois amante, mère et guerrière mais avant tout femme libre au destin tragique, Boudicca est la biographie historique et onirique de celle qui incarne aujourd’hui encore la révolte.




Mon avis

Un petite plongée dans l'Angleterre celtique ? Voila un livre qui complète bien mes dernières vacances dans la campagne et le sud de ce pays.

Contrairement à son précédent roman, Bouddica est centrée un seul personnage, féminin, redécouverte dans un second temps comme pilier de la lutte anglaise contre Rome.
Reine celte, on découvre par son histoire une partie des us et coutumes de ce peuple, notamment leur religion et l'importance des druides dans leur organisation sociétale. On peut être surpris de l'équivalence de traitement entre hommes et femmes d'ailleurs alors que la société romaine était dirigée uniquement par des hommes. L'antagonisme entre les 2 sociétés est assez bien décrit, et notamment par les incompréhensions suscitées.

Le récit est court et composé de 3 parties, comprenant les étapes clés de sa vie. Son enfance et l'apprentissage de sa condition de reine, une période de transition avant que la fibre celte ne réapparaissent et que sa condition de colonisée ne la dépasse.

J'ai aimé suivre l'évolution de cette femme entière et droite, dont l'enrichissement personnel n'est pas sa priorité, mais sa liberté. Même si l'histoire est probablement romancée (la courte bibliographie de fin montre le peu de document disponible sur cette héroïne), j'ai apprécié découvrir cette guerrière, reine des Icènes avant tout et refusant les compromis en sa défaveur. Elle porte les interrogations de chacun face à un envahisseur, faut il se soumettre et protéger un maximum de citoyen ou se battre pour sa liberté coute que coute. Que vaut la parole de l'envahisseur, quel est le bon moment pour refuser l'oppression ?

Au total : Un livre court centré sur une guerrière, assez moderne dans ses réflexions. Un peu moins prenant que le livre précédent, mais une bonne lecture plutôt historique que vraiment imaginaire.




mercredi 26 avril 2017

"Les seigneurs de Bohen" d'Estelle Faye

Auteur que j'ai découvert par sa trilogie jeunesse : Thya, Enoch et Aylus, dont la structure m'avait vraiment épatée, j'avais hâte de découvrir son dernier roman, en un seul volume qui nous amène dans une fantasy qui semble de prime abord plus classique

Résumé


Couverture Les Seigneurs de Bohen
Je vais vous raconter comment l'Empire est mort.  L'Empire de Bohen, le plus puissant jamais connu, qui tirait sa richesse du lirium, ce métal aux reflets d'étoile, que les nomades de ma steppe appellent le sang blanc du monde. Un Empire fort de dix siècles d'existence, qui dans son aveuglement se croyait éternel. J'évoquerai pour vous les héros qui provoquèrent sa chute. Vous ne trouverez parmi eux ni grands seigneurs, ni sages conseillers, ni splendides princesses, ni nobles chevaliers... Non, je vais vous narrer les hauts faits de Sainte-Étoile, l'escrimeur errant au passé trouble, persuadé de porter un monstre dans son crâne. De Maëve la morguenne, la sorcière des ports des Havres, qui voulait libérer les océans. De Wens, le clerc de notaire, condamné à l'enfer des mines et qui dans les ténèbres découvrit une nouvelle voie... Et de tant d'autres encore, de ceux dont le monde n'attendait rien, mais qui malgré cela y laissèrent leur empreinte.Et le vent emportera mes mots sur la steppe. Le vent, au-delà, les murmurera dans Bohen. Avec un peu de chance, le monde se souviendra.

Mon avis

J'ai beaucoup aimé ce roman de fantasy qui raconte un bout d'histoire du royaume de Bohen, à travers plusieurs personnages, dont les liens se tissent au fur et à mesure, parfois à distance.
L'univers de Bohen est riche, la magie variée sans être surpuissante et son histoire nous montre que tout évènement peut être lié.
L'histoire est surtout centrée sur les personnages qui sont le point fort du livre et correspond à un récit chorale : plusieurs points de vue, des évènements qui finalement se regroupent.

Sainte Etoile, que j'ai parfois trouvé difficile à cerner au début est un personnage fascinant ainsi que Sorenz. Son insert est plein d'ironie et on devine au fur et à mesure leur attachement réciproque. Son histoire est peut être la plus complète et surprenante, notamment dans ses choix et sa manière de gerer sa vie.
Maeve est une jeune femme forte, qui suit un schéma classique d'"initiation" dans les romans de fantasy. Son voyage plein de rebondissement nous permet de mieux capter la géographie et certaines relations. Le dénouement qui la concerne m'a touché dans l'espoir qu'elle donne aux jeunes qui veulent poursuivre leur rêve, leur destinée.
Cigale est un de mes personnages favoris, jeune fille discrète et déterminée, j'ai aimé la voir évoluer et éclore.
Wens le scribe tisse une relation assez magique avec son bourreau, et leur parcours atypique. J'avoue avoir été fascinée par leur relation qui se tisse progressivement, mais moins touchée par son histoire. Je trouve dommage d'aussi peu les connaitre à la fin du roman.

J'ai trouvé ce livre assez féministe avec des personnages féminins marqués et qui m'ont plus intéressé finalement. En écrivant ce billet, je me rends compte que je n'ai pas forcément ressenti la parité entre les protagonistes, car les personnages secondaires féminin aussi sont forts, comme Sonia, Lantane ou la sœur de Wens.

J'ai aimé les différents univers présents, entre les camps de mercenaires, le château et les différentes villes dans lesquelles les héros évoleunt, les peuples de la mer. Tout ceci est riche, étoffé et nous sommes assez rapidement à l'aise malgré les changements réguliers de lieux et de narrateur. 
Enfin je trouve ce livre très riche sur les thèmes abordés, que ce soit sur l'amour et la sexualité qui est présent sans aucun coté mièvre ou mettant mal à l'aise, ou dans les choix qu'il faut faire pour atteindre ses objectifs, la réussite de ses actions et notre place dans le monde qui ne dépend que de nous. Chaque personnage suit une trajectoire vraiment différente mais leur objectif est au delà de leur propre personne.

Comme souvent dans ces univers, un seul tome nous satisfait car l'histoire se termine réellement mais nous frustre car j'ai eu l'impression d'effleurer beaucoup de personnages et de leur histoire.


Au total : Un récit de fantasy riche et dense que je conseille pour ceux qui veulent découvrir l'auteur.

D'autres avis chez : Marie, Blacky, ...


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Lettre F : 591 pages


dimanche 16 avril 2017

"Le livre de Perle" de Timothée de Fombelle

J'ai découvert cet auteur par ma lecture de Tobie Lolness dont la blogosphère était extremement positive et j'avais beaucoup aimé cet univers onirique.

Résumé

Couverture Le livre de PerleTombé dans notre monde une nuit d’orage, un homme emprunte le nom de Joshua Perle et commence une vie d’exilé. Cette nouvelle vie fugitive, déchirée par un chagrin d’amour, est aussi une quête mystérieuse. Au fil du siècle, Perle rassemble un trésor pour défaire le sort qui l’a conduit loin de chez lui. Mais ceux qui l’ont banni et le traquent le laisseront-ils trouver le chemin du retour? Perle a-t-il raison de penser que la fille qu’il aime l’attend toujours là-bas?

Mon avis

Le livre de Perle est un conte de fée moderne en gardant certains codes.
Le livre est découpé en 3 parties, et une fois plongé dedans, il est difficile d'interrompre sa lecture.

J'ai aimé le personnage de Joshua Perle qui donne son nom au roman. Vendeur de Guimauve dans le Paris des années 30-40s, son personnage et son évolution sont vraiment le point fort du livre.
On voyage en France, mais aussi dans un monde imaginaire, où un prince tombe amoureux d'une fée avec des ennemis qui essaient de les séparer. La fée prend sa place progressivement dans le récit, pour devenir bien plus qu'une princesse de conte classique. Le lien entre les 2 mondes est ténu et la recherche d'objets confirmant l'existence du monde féérique nous replonge un peu dans l'enfance, et la pensée magique.

Comme lors de ma précédente lecture, j'ai été touchée par l'écriture si poétique de l'auteur, par la cohérence de son univers et les caractères si complexes de ses personnages.
J'apprécie les livres étiquetés jeunesse qui m'ouvrent l'esprit et apporte des pistes de réflexions sur différents thèmes, notamment la mémoire, la place des contes dans notre vie, les héros ordinaires du quotidien ...

Au total : Une nouvelle plongée dans l'univers si particulier de Timothée de Fombelle. Une lecture riche et intense.

jeudi 9 mars 2017

"Le soleil des Scorta" de Laurent Gaude

En pleine réflexion sur l'auteur à présenter à mon prochain book club et en préparation d'un week end à Milan, je suis tombé sur ce roman qui traine dans ma PAL depuis 2013 (et oui...) et je l'ai dévoré le temps de mon week end, plongée dans cette Italie du Sud

 Résumé

La lignée des Scorta est née d'un viol et du péché. Maudite et méprisée, cette famille est guettée par la folie et la pauvreté. A Montepuccio, dans le sud de l'Italie, seul l'éclat de l'argent peut éclipser l'indignité d'une telle naissance. C'est en accédant à l'aisance matérielle que les Scorta pensent éloigner d'eux l'opprobe. Mais si le jugement des hommes finit par ne plus les atteindre, le destin, lui, peut les rattraper. Le temps, cette course interminable du soleil brûlant les terres de Montepuccio, balayera ces existences de labeur et de folie. A l'histoire de cette famille hors du commun se mêle la confession de sa doyenne, Carmela, qui résonne comme un testament spirituel à destination de la descendance. Pour que ne s'éteigne jamais la fierté, cette force des Scorta.

Mon avis

Il est certain livre dont on ne sait comment en parler, tellement il y a de choses à dire tout en voulant un peu les garder pour soi !

Je me suis complètement plongée en Italie du sud grâce à ce roman. Les descriptions nous amènent dans les Pouilles, dans ce pays chaud, plein de cailloux, d'oliviers et de pécheurs.

Il s'agit d'une chronique familiale mais aussi d'un village qui montre un certain mode de vie, où les trajets étaient longs (en âne notamment), les déplacements plus calculés et un isolement géographique qui s'estompe avec le temps. Sans être un huis clos, on ressent la vie de ce village et la pression de la vie en communauté qui s'exerce, à la fois alternant entre rivalité et entraide.

La famille Scorta est quant à elle touchante et parfois déstabilisante. Elle centre le récit et le point de vue tout en permettant du fait de ses différents membres de prendre du recul. Nous sommes plongés dans la vie du début du XXème siècle où la pauvreté était monnaie courante et nous voyons les évolutions de carrière, d'objectifs et surtout de caractère de chaque membre.

J'ai aussi beaucoup aimé la succession des prêtres qui reflète à la fois leur rôle repère ou délétère, selon leur interprétation de la religion et de ses préceptes et leur intégration dans un village qu'ils découvrent.

Contrebande, trafic humain, voyage en Amérique, guerre d'Espagne, tourisme de masse, tout un siècle en fil rouge à travers la vie d'une famille ! 

Au total : Un roman familial dans l'Italie du Sud qui retrace le XXème siècle. Un Goncourt franchement accessible !

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Lettre G 321 pages

mardi 15 novembre 2016

"L'enchanteur" de René Barjavel



Livre lu pour le book club de Livraddict. J'ai tellement ramé dessus que je ne l'ai terminé que bien plus tard, et n'ai donc pas pu participer à la discussion.

Résumé

Couverture L'enchanteur  Qui ne connaît Merlin ? Il se joue du temps qui passe, reste jeune et beau, vif et moqueur, tendre, pour tout dire Enchanteur. Et Viviane, la seule femme qui ne l'ait pas jugé inaccessible, et l'aime ? Galaad, dit Lancelot du Lac? Guenièvre, son amour mais sa reine, la femme du roi Arthur ? Elween, sa mère, qui le conduit au Graal voilé ? Perceval et Bénie ? Les chevaliers de la Table Ronde ? Personne comme Barjavel, qui fait le récit de leurs amours, des exploits chevaleresques et des quêtes impossibles, à la frontière du rêve, de la légende et de l'Histoire. Dans une Bretagne mythique, il y a plus de mille ans, vivait un Enchanteur. Quand il quitta le royaume des hommes, il laissa un regret qui n'a jamais guéri. Le voici revenu


Mon avis

J'aime beaucoup les livres, et autres dérivés issus de la légende des chevaliers de la Table ronde.

 Ce livre change de mes précédentes lectures en mettant en avant surtout Merlin, et déroulant l'histoire d'un point de vue détaché, comme l'est Merlin avec l'ensemble des chevaliers, présents mais essayant de ne pas trop interférer, mais les manipulant pour accéder enfin au Graal.

J'ai été assez déstabilisée par la forme, presque comme une succession de contes avec parfois des personnages qui reviennent (mais dont j'avais un peu oublié la trame narrative lors de leur retour).
Malheureusement j'ai eu du mal à accrocher à ce fil conducteur qu'est Merlin, manipulateur, autant que le Diable, du destin de chaque. Il est finalement omniprésent mais absent de la plupart des petites aventures vécues par les chevaliers.

Il existe une certaine misogynie dans ce livre qui est peut être témoin de l'époque d'Arthur mais pas que. La mère de 9 enfants qui les laissent repartir tous avec leur père, et décide d'aller au couvent oO, d'ailleurs ce couvent accueille un nombre de mère dépitée assez impressionnant... Guenièvre est reléguée la plupart du temps à ses amours, mais dans un paragraphe, on note son talent à gérer Camelott en l'absence d'Arthur, toujours en vadrouille.

Merlin et Arthur, souvent moteur des livres sur cette légende, sont assez antipathiques et j'ai eu du mal à m'intéresser à leur quête qui semble vaine, au vue du nombre de morts qu'il existe dans ce roman (et qui ne semblent affecter personne). Arthur est de ce fait assez passif, et tout le monde semble juste attendre un signe de Merlin pour partir ou poursuivre son aventure.

J'ai eu l'impression d'être assez loin de la légende initiale, telle que je me l'imagine et aucun personnage ne m'a vraiment accroché. Morgane est reléguée à la méchante vicieuse et très sexuée.
Viviane, prétendante de Merlin, attend comme les autres son heure et laisse partir les enfants qu'elle élève sans jamais protester se laissant complètement guider par son "maître". Les chevaliers sont presque interchangeables vu leur quête identique (le graal et leur identité profonde) et leurs échecs qui s'accumulent.

Au total : Une déception pour ce livre que beaucoup considèrent comme un classique. Je n'ai pas spécialement accroché au style narratif et les personnages m'ont semblé assez transparents.

vendredi 28 octobre 2016

"Chanson douce" de Leila Slimani

Un livre qui me tentait par son thème et les retours positifs. Une fois débuté, je l'ai terminé en 2 jours, sans réussir à le lâcher, notamment dans les transports.

Résumé

Couverture Chanson douce 

Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d'un cabinet d'avocats, le couple se met à la recherche d'une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l'affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu'au drame.




Mon avis

Un livre qui se lit d'une traite, portée par une écriture envoutante qui donne envie de découvrir les différents personnages.
D'emblée nous sommes plongés dans cette histoire dont le dénouement nous apparait inéluctable. J'ai aimé cette entrée en matière et cette manière de remonter le temps, de comprendre les fils qui se tendent et se tissent.


Ce roman m'a beaucoup touché, et explique probablement mes difficultés à écrire cet article et je me doute que les résonances que j'ai ressentie ne seront pas forcément présentes chez tous.
Mon engouement pour ce livre tient probablement dans la projection que j'ai pu faire avec le personnage de Myriam, femme qui renoue avec sa vie active en laissant ses enfants à Louise, nounou providence.

J'ai retrouvé dans Myriam, l'ambivalence de notre société qui nous demande un épanouissement personnel et professionnel tout en nous laissant des marges de manœuvres faibles, et une pression sociétale toujours patriarcale.
 Le personnage de Louise s'éclaire au fur et à mesure du roman, tout en laissant des zones d'ombre. On peut faire des hypothèses sur sa pathologie psychiatrique ou sociologique, nous montrant que le tout est souvent lié. Elle est l'autre facette de cette ambivalence entre vie personnelle et professionnelle dans son rapport avec les enfants en général.

Les hommes sont présents mais finalement assez transparent dans cette dualité féminine au centre du drame. Leur rôle dans la vie de leurs enfants restent à chaque fois assez mineur.

Le thème est glaçant mais l'écriture amène beaucoup de douceur et ne tombe pas dans le larmoyant.

Au total : Un roman intense dans lequel je me suis retrouvée plongée sans pouvoir décrocher. Beaucoup de pistes de réflexion sur la question de l'éducation et de notre mode de vie.

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mercredi 26 octobre 2016

"Mineure" de Yann Queffelec

"Les noces barbares" du même auteur sont sur ma liste ABC depuis que j'y participe. Ça fait 2 ans que je lis un autre livre de cet auteur, prise d'une inquiétude à l'idée de le débuter. J'ai découvert ce titre à la bibliothèque municipale et je l'ai dévoré malgré le malaise qui s'installe progressivement.

Résumé

Couverture Mineure Editions Le Livre de Poche 2010Qu'est-ce que le désir aux abords de l'âge mûr, lorsqu'on est courtisé par une jeune fille ? Sibylle a treize ans, Michel cinquante-cinq. Yann Queffélec analyse avec une minutie clinique les sentiments ambigus qui tourmentent son héros, homme marié, heureux, socialement établi, face à la passion brutale d'une adolescente aussi jeune que ses propres enfants, des jumelles. Non, il ne cédera pas...


Mon avis

Livre court qui m'a fait penser à "Délicieuses pourritures" de Joyce Carol Oates, du fait de l'inconfort induit par cette lecture.
La situation telle que le laisse deviner la couverture flirte avec les limites autorisées par notre société. Comment va s'en sortir le protagoniste ? Va t-il franchir la ligne ? Quelle est la part de fantasmé et de réel ?

J'avais peur de ne pas accrocher à ce récit à la première personne, mais le talent de l'auteur fait qu'on est plongé dans les tourmentes de cet homme, dans ses réflexions, les limites qu'il essaie de respecter. Que penser de Sybille, adolescente vue uniquement par les yeux du narrateur? Moment d'hallucinations de l'homme ou réelle manipulation de l'adolescente ? Leur confrontation  reste fascinante et angoissante dans son dénouement. Il est difficile de croire que les choses vont rester chastes et ce doute reste constant tout au long du livre.

Ce livre c'est aussi le récit d'une vie de couple telle qu'on peut le supposer après des années de mariage, entre routine et choix de vie qui entrainent parfois des frustrations. Les difficultés du couple sont aussi en avant dans les dialogues avec sa femme, ses filles. L'adultère fait partie des questions très présentes des 2 cotés. Le doute entraine t-il le passage à l'acte ?

Au final les femmes de ce livre restent bien mystérieuse, et il est curieux finalement de lire ce point de vue exclusivement masculin sur des thématiques souvent (tout du moins dans mes précédentes lectures) abordées par les femmes.

Au total : Un récit bien maitrisé entre un homme mur et une adolescente. Toujours sur le fil.

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Lettre Q : 118 pages

dimanche 9 octobre 2016

"Ecoutez nos défaites" de Laurent Gaude

J'ai eu un petit craquage en cette rentrée littéraire entre auteur référent pour moi et bouche à oreille...
Laurent Gaude est un auteur que j'ai découvert  grâce à la blogosphère et dont l'écriture et les thèmes abordés (historiques) me bottent le plus souvent.

Résumé













Mon avis

J'avoue avoir eu du mal à me plonger dans ce récit chorale. Il me manquait des notions d'histoire internationale notamment sur la guerre de sécession et l’invasion italienne en Ethiopie. Je me suis renseignée au fur et à mesure de ma lecture sur certains protagonistes pour approfondir le sujet.

Une fois chaque personnage apprivoisé, j'ai aimé suivre le parallèle entre chaque histoire, et me poser des questions sur le concept de victoire. Les causes de la guerre peuvent sembler juste, mais finalement les vainqueurs sont-ils vraiment victorieux ? Qui paie le prix de la guerre  sur le plan humain, sur les traumatismes de chaque population ? Et surtout comment rebondir après une défaite alors que notre époque tend vers l'erreur impossible et le refus de l'échec. Cette question reste très actuelle quand on voit la situation syrienne ...
J'ai apprécié le parallèle avec cette situation dans la prise de Palmyre sous un autre angle. Les personnages "non historiques", contemporains sont touchant d'humanité et de fragilité. J'ai aimé leur rencontre et le fil qui se tissait entre eux malgré les différences.

J'ai découvert Haile Selassié, son combat, sa dignité malgré avoir dérogé au code de son peuple mais aussi Hannibal, bien plus qu'une traversée des Alpes en éléphant qui fait sa réputation et la guerre de Sécession peu connue de ce coté de l'Atlantique et tellement fondatrice pour d'autres.
Ce livre évoque l'Histoire avec les histoires, les combats de chaque remis dans leur contexte, tout en montrant leur universalité. Une lecture instructive et qui fait réfléchir.

Au total : Un début un peu difficile pour moi mais assez rapidement je me suis plongée dans ce dédale d'histoires qui font réfléchir sur le sens des défaites et des victoires.


challenge12016br

mardi 20 septembre 2016

"La valse des arbres et du ciel" de Jean Michel Guenassia


J'ai une certaine passion pour les peintres fin XIXème, dans cette peinture vivante où les paysages et personnages sont reconnaissables tout en étant plus dans le ressenti que la vision primitive. La vie de Vincent Van Gogh m'est connue dans les grandes lignes et je ne me suis jamais vraiment posé de question autre que la version officielle. J'ai dévoré de roman qui met en scène ce peintre et une jeune femme enfermée dans sa société.

Résumé

Couverture La valse des arbres et du ciel 
Auvers-sur-Oise, été 1890. Marguerite Gachet est une jeune fille qui étouffe dans le carcan imposé aux femmes de cette fin de siècle. Elle sera le dernier amour de Van Gogh. Leur rencontre va bouleverser définitivement leurs vies.Jean-Michel Guenassia nous révèle une version stupéfiante de ces derniers jours. Et si le docteur Gachet n'avait pas été l'ami fidèle des impressionnistes mais plutôt un opportuniste cupide et vaniteux ? Et si sa fille avait été une personne trop passionnée et trop amoureuse ?




Mon avis

J'ai dévoré ce roman retraçant la vie de Marguerite Gachet, sa vie provinciale, et sa relation avec sa famille notamment  son père, médecin et collectionneur d'art radin.
Portrait of Dr. Gachet.jpg
Source : https://fr.wikipedia.org/wiki

Marguerite jeune fille de bonne famille idéaliste, oscillant entre femme rebelle et adolescente en crise. On sent à travers ce livre l'ambivalence dans la quête de liberté et la difficulté de tout quitter pour réaliser son rêve. La vie provinciale est bien décrite à mon avis, entre déjeuner mondain et nécessité de garder contact avec la capitale... J'avoue avoir eu une pensée pour Mme Bovary ou Maupassant mais mes souvenirs lointains de ces deux auteurs ne sont peut être pas très réels.

De l'autre coté, nous avons Vincent Van Gogh, peintre en quête de reconnaissance mais bien installé dans son type de peinture, exilé à Auvers sur Oise pour soins médicaux et qui y trouve une certaine inspiration. J'ai aimé lire ses séances de peinture imaginaire et aller jeter un coup d’œil sur les toiles décrites.
Il y a forcément plein de choses de romancées dans cette relation mais j'ai aimé suivre l'évolution de ces 2 personnes si différentes et semblables.
Les personnages secondaires sont assez transparents par ailleurs, que ce soit le frère, le prétendant ou l'amie, assez classiques, ne sont là que pour mettre en lumière Marguerite et Vincent V. Seul le père sort un peu du lot, et dénote par son cynisme et son sens un peu trop exacerbé des conventions sociales.


Vincent van Gogh - The Church in Auvers-sur-Oise, View from the Chevet - Google Art Project.jpg
Source : wikipedia
Le texte est parsemé de notes en italique, reprenant des extraits de journaux notamment. Elles permettent de resituer le contexte historique notamment artistique et politique et apporte une autre lecture à ce roman.
La thèse soulevée par ce livre est intéressante mais je ne sais quoi en penser tant elle diverge de l'histoire "officielle" du peintre.







Au total : Une plongée dans la bourgeoisie provinciale du début XX par le biais d'un des peintres phare de cette époque.

challenge12016br

dimanche 18 septembre 2016

"Manesh" de Stéphane Platteau

Il est de ces livres dont on est sûr qu'ils sont pour nous et qu'ils vont nous enchanter ...
Croisé lors de mes premières imaginales, j'ai été fasciné par l'auteur et l'univers qu'il me décrivait sans oser franchir le cap, c'est finalement grâce au club de lecture que j'ai pris le temps de découvrir ce roman et j'ai adoré !

Résumé


Quelque part dans la nordique forêt du Vyanthryr, les gabarres du capitaine Rana remontent le fleuve vers les sources sacrées où réside le Roi-diseur, l’oracle dont le savoir pourrait inverser le cours de la guerre civile. À bord, une poignée de guerriers prêts à tout pour sauver leur patrie. Mais qui, parmi eux, connaît vraiment le dessein du capitaine ? Même le Barde, son homme de confiance, n’a pas exploré tous les replis de son âme. Et lorsque les bateliers recueillent un moribond qui dérive au fil de l’eau, à des milles et des milles de toute civilisation, de nouvelles questions surgissent. Qui est Le Bâtard ? Que faisait-il dans la forêt ? Est-il un danger potentiel, ou au contraire le formidable allié qui pourrait sauver l’expédition de l’anéantissement pur et simple ?

Mon avis

Je suis rentrée très facilement dans l'univers de ce livre, sur ce fleuve entouré de foret qui m'a fait penser à l'Amazonie.
L'histoire de ce pays et les légendes qui s'y rattachent nous sont distillés peu à peu, notamment à travers le récit de Manesh. On sent rapidement l'importance des astres ce soit coté lunaire ou solaire.

Nous suivons les aventures de Manesh et des Gabarres par la voix de Fintan, à la fois journal de bord et récit mythologique. 
Manesh nous dévoile son histoire, et son épopée nous fait découvrir une partie du royaume, avant la guerre. On y parle religion, croyances anciennes. Son aventure m'a fascinée et je revenais parfois difficilement au temps présent, celui de Fintan, sur les gabarres et à leur remontée sur le fleuve.

Les Gabarres sont un espace clos, qui apportent leur lot de société humaine avec tension et moment de camaraderie. J'ai apprécié découvrir cette vie embarquée et les personnages qui s'y associent. Tous n'auront pas le même rôle ou le même intérêt mais forme un ensemble cohérent. Ces passages de quotidien nous rattache à une certaine réalité. Certaines personnages, notamment féminin gardent pleins de questions en suspens et je serais ravie de découvrir la suite, centrée à priori sur Shakti.

La foret, quant à elle, est un personnage à part entière, magique et mystérieuse, pleine de surprises et de traces du passé qui apparaissent volontairement ou se cachent.

Au total : Un univers dense que l'on apprivoise progressivement grâce aux récits croisés de Fintan et Manesh.

D'autres avis chez Anassete, Blacky qui ont déjà lu la suite et me donne envie de m'y plonger sans trop tarder ! Mais aussi chez Vert,

vendredi 2 septembre 2016

"Un paquebot dans les arbres" de Valentine Goby

Fruit de ma participation au financement de la librairie proche de chez moi (cf le marque page sur la photo), j'ai dévoré ce texte dont les premiers échos sont positifs.

Résumé


Au milieu des années 1950, Mathilde sort à peine de l’enfance quand la tuberculose envoie son père et, plus tard, sa mère au sanatorium d’Aincourt. Cafetiers de La Roche-Guyon, ils ont été le coeur battant de ce village des boucles de la Seine, à une cinquantaine de kilomètres de Paris.
Doué pour le bonheur mais totalement imprévoyant, ce couple aimant est ruiné par les soins tandis que le placement des enfants fait voler la famille en éclats, l’entraînant dans la spirale de la dépossession. En ce début des Trente Glorieuses au nom parfois trompeur, la Sécurité sociale protège presque exclusivement les salariés, et la pénicilline ne fait pas de miracle pour ceux qui par insouciance, méconnaissance ou dénuement tardent à solliciter la médecine.



Mon avis

Un très beau roman qui traite de thèmes que je n'ai pas forcément l'habitude de voir abordés.
 La période historique d'abord, l'après seconde guerre mondiale, l'apparition de la prise en charge sociale et médicale notamment la Sécurité Sociale pour garantir à tous un accès aux soins. Ce roman nous rappelle à quel point il s'agit d'un progrès social et la nécessité de la préserver.
L'évolution de la médecine transparait aussi durant ce récit. Effectivement Paulot et sa famille dont en partie les frais des balbutiements des thérapeutiques, ou des diagnostics. L'acceptation de la tuberculose fait écho à d'autres pathologies actuelles dont la transmission est le plus souvent fantasmée. Soixante ans plus tard, les problématiques ont évolué sur la forme mais pas sur le fond.

Les personnages sont un élément clé du livre.  

Comment ne pas vivre avec Mathilde, ses joies, ses galères, son enfance, sa rage de vivre ? 
Ce personnage est tellement vivant, tellement vrai. J'ai aimé sa détermination, ses faiblesses, sa loyauté envers sa famille.
Il y a tellement d'opposition avec sa sœur Annie, si bien décrite comme de passage, et tellement d'amour avec son frère Jacques. Elle devient malgré elle la pierre angulaire de cette famille éclatée et le subit tout en l'assumant et en maintenant son équilibre.

Mathilde qui s'entoure de personnages auxquels on ne croit pas forcément mais qui ont leur place dans son histoire, dans l'histoire.
Jeanne, adolescente touchante, l’idolâtre, son caractère et ses difficultés en font rarement un personnage clé dans les romans. Antoine, son frère, nous rappelle les dommages des guerres sur les soldats rentrés au pays. Et tous les gens du village, les aidants et les opposants ont leur place dans cette société semi rurale, proche de Paris sans en connaitre les bénéfices.

Enfin, il y a Paulot, solaire dans le début du roman avec le coeur sur la main, qui s'éteint progressivement et devient lunaire. Il reste l'homme autour duquel tourne sa famille tout en étant le point de départ de ses difficultés.

Il existe dans ce roman une critique de la société de cette époque, à travers la reconversion ratée d'Odile et Paulot, ou le peu d'avenir existant une fois entré dans le sanatorium sans parler de l'incompétence de l'assistante sociale ... Certaines scènes dans la mairie ou l'église sont des exemples de la lâcheté humaine et de notre difficulté à lâcher nos acquis sociaux et à tendre la main aux plus démunis.

Tout ceci est porté par l'écriture magnifique de Valentine Goby, qui m'avait peu touchée dans KinderZimmer, alors que le sujet était tout aussi fort, avec déjà des femmes au premier plan.
 Dans ce roman, elle se révèle vraie dans les moments pleins d'émotion sans larmoiement inutile. Elle relate sa rencontre avec la femme qui a inspiré ce roman pleine de douceur, et juste évoquée à certains moments pour nous remettre dans cette opposition actuelle/passé pas si lointain.

Au total : Un excellent moment de lecture, que je ne peux que recommander.


challenge12016br

mercredi 24 août 2016

"Omale" de Laurent Genefort

Lecture d'été du forum Planète SF, je me suis laissée tenter au vue des avis positifs de cette série. Je n'ai lu que le premier livre de cette édition, me réservant la suite pour plus tard (d'autant qu'elle semble moins entrainante que ce tome).

Résumé

Couverture Omale, intégrale, tome 1
Dans un lointain futur... trois espèces cohabitent sur Omale les humains, les Chiles et les Hodgqins. Six individus se retrouvent en possession d'un bris d'œuf et décident d'en décrypter l'inscription. Ils s'embarquent sur une nef aérienne afin d'accomplir la quête pour laquelle ils ont été élus. C'est au cours d'un vol mouvementé qu'ils apprendront progressivement à se connaître grâce au fejij, le jeu des relations chile - subtil révélateur des caractères, des personnalités et des leçons du passé.


 

Mon avis

J'ai déjà lu Points chauds du même auteur, dont j'avais aimé l'univers. J'ai retrouvé dans ce roman les même défauts que dans ma lecture précédente, un univers intéressant, dense mais tout est trop rapide, survolé.

J'ai adoré les personnages, six explorateurs différents par la race, le passé, plein de ressemblances et d'antagonisme. Leurs histoires nous sont contées au fur et à mesure, nous ouvrant l'esprit sur Omale, cette planète bien mystérieuse que ce soit par sa géographie, sa population constituée de 3 rehs ou son histoire. J'ai aimé découvrir le tout et j'ai envie de poursuivre ma plongée dans ce monde si différent. Il y a pleins de piste de réflexion dont le parallèle avec le monde actuel est assez flagrant, que ce soit la place de la technologie et de la survie à tout prix, de la tolérance des différences et de l'intégration des religions dans la société. On devine ce monde plein d'histoire et riche en référence.

Le fil conducteur est truffé cependant de facilités, notamment la réunion des 6 personnages embarqués sur la même nef, certains combats. Le rythme est soutenu avec de nombreux rebondissements, peut être trop d'ailleurs et souvent l'histoire avance d'un coup en quelques pages sans qu'on ait le temps de bien saisir l'ensemble des choses et je me suis prise à regretter des descriptions plus précises des actions.

Au total : Une lecture sympathique qui ouvre sur un univers exploité finalement sur 2 livres d'environ 1000 pages chacun qui devrait m'aider à oublier ce sentiment de trop peu.

lundi 8 août 2016

"Parle leur de bataille, de roi, d'éléphants" de Mathias Enard

Une envie de contemporain, un livre que l'on m'avais recommandé lors d'une réunion de lecture, je me suis laissée tentée par ce voyage alors que je ne me souvenais pas du résumé.

Résumé

Couverture Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants13 mai 1506, un certain Michelangelo Buonarotti débarque à Constantinople. A Rome, il a laissé en plan le tombeau qu'il dessine pour Jules II, le pape guerrier et mauvais payeur. Il répond à l'invitation du Sultan qui veut lui confier la conception d'un pont sur la Corne d'Or, projet retiré à Leonardo da Vinci. Urgence de la commande, tourbillon des rencontres, séductions et dangers de l'étrangeté byzantine, Michel Ange, l'homme de la Renaissance, esquisse avec l'Orient un sublime rendez-vous manqué.





Mon avis

Je connais assez peu la vie de Michel Ange et j'ai voyagé clairement dans Istanbul et dans la Renaissance.

J'ai aimé l'ambiance de la ville parfaitement retranscrite qui nous fait découvrir des lieux qui me sont inconnus et donnent envie de prendre le premier vol pour Constantinople. MichelAnge est un artiste qui apparait tourmenté par son art, par ses problèmes financiers.
Le statut d'artiste de l'époque m'a semblé bien retranscrit entre tiraillement artistique pur, se faire plaisir et créer des œuvres qui passeront les années, tout en étant respecté et surtout payé. La  relation entre le sculpteur et son guide fait aussi partie des forces de ce livre. L'ensemble des personnages secondaires apportent à l'ambiance et au récit.

L'intrigue est bien travaillé par ailleurs, avec cette voix, ces chapitres qui prennent tout leur valeur par la suite et donne l'envie d'une relecture.

Au total : Une plongée dans la Renaissance orientale qui m'a donné envie de connaitre mieux MichelAnge et surtout Mathias Enard, prix goncourt 2015.

https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgZIaX9EOyeLMLIvhltZNabpfHVoQlj_mVUV0rPZOUI63ERGclENgD_eF80OvQi7RBNPNF-dH8pK_i3dLXRc4XOMWh6UKThwP0udBuz5DSWDTOa3Lv4SPNxVEabzAT03gUgmwM4PuBJbj7u/s320/abc2016.jpg
lettre E : Historique 176 pages

jeudi 21 juillet 2016

"I.R.L" d'Agnès Marot

Livre acheté lors des Imaginales 2016, je l'ai lu assez rapidement attirée par le thème abordé et les échos plutot favorables.

Résumé


Couverture I.R.L.Chloé Blanche a grandi à Life City. Comme tous ses habitants, elle ignore qu'ils sont filmés en permanence. Elle ignore qu'ils sont un divertissement pour des milliers et des milliers de foyers. Elle ignore qu'ils sont les personnages de Play Your Life, l'émission qui fait fureur hors de Life City, IRL. Elle ignore surtout à quel point ils sont manipulés. Lorsqu'elle rencontre Hilmi, le nouveau à la peau caramel, elle tombe immédiatement amoureuse. Mais ceux qui tirent les ficelles ne le lui destinent pas. C'est ainsi qu'elle découvre la nature de tous ceux qui vivent à Life City : les personnages d'un immense jeu vidéo




Mon avis

J'ai beaucoup joué aux Sims, sur ordinateur, ou plus récemment sur tablette. Ce livre apporte une vision assez futuriste de ce jeu, mélangé à priori avec Truman Show, film que je n'ai jamais vu mais qui me tente du coup !

J'ai aimé la structure du roman en 3 parties et les aller-retour dans différents moments de la vie de Chloé. La première met en place l'intrigue, et j'ai été assez surprise par l'évolution de l'histoire et notamment l'existence de la troisième partie. Il existe des petits clins d’œil qui pourront faire sourire le lecteur (comme l'adresse du personnage de Cindy !)

Chloé, adolescente IA avec des sentiments, se dévoile à nu aux habitants du monde réel qui la dirigent. Le récit débute donc avec des passages plein de lucidité où elle revient sur certains éléments de sa vie pour mettre les gens face à leur voyeurisme et à leur décision qui ont impacté sa vie sans que ceux ci ne réalisent vraiment les implications.

Renverser une structure en place, motiver les foules pour être suivie fait partie des difficultés que rencontre Chloé et j'ai apprécié que certaines choses ne se déroulent pas comme désiré et qu'elle échoue dans certaines situations.
Ses relations avec les différents types de personnages évoluent et on sent son évolution dans ses choix. Une IA proche de l'humanité et la question de leur place dans la société est bien amenée.
Sous ce personnage la question de l'intelligence et de l'humanité est soulevée. La place du divertissement dans notre quotidien, notamment dans l'observation des autres humains à leur semi insu aussi.

Malheureusement les personnages qui tournent autour de Chloé ne sont pas assez étoffés à mon gout. J'aurais aimé percevoir le point de vue d'autres personnages du réel pour un peu plus de profondeur. Notamment, l'opposant de Chloé a ce coté manichéen un peu agaçant, mais représente à mon sens certains de nos dirigeants, plus intéressés par le contrôle des masses et leur profit personnel que par les humains. De même j'ai assez peu apprécié le personnage de Link, que j'ai trouvé assez transparent au fil du récit malgré son rôle clé.

Au total : Un roman adolescent qui pose les questions des répercussions de la télé réalité et de la limite de l'humanité dans les personnages virtuels. Sujets actuels et bien amenés.


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Lettre M 442 pages

logo diversité petit
  1. Lire un livre dans lequel une IA ou des robots ont un rôle prépondérant.


vendredi 24 juin 2016

"Les disparus du Clairdelune' (La Passe miroir tome 2) de Christelle Dabos

Je crois que j'ai attendu quasi 3 mois ma réservation à la bibliothèque pour lire ce second tome, et je n'ai pas regretté car j'ai dévoré cette lecture en quelques jours, alors que le premier tome m'avais laissé sur ma faim.

Résumé

Couverture La Passe-miroir, tome 2 : Les Disparus du ClairdeluneFraîchement promue vice-conteuse, Ophélie découvre à ses dépens les haines et les complots qui couvent sous les plafonds dorés de la Citacielle. Dans cette situation toujours plus périlleuse, peut-elle seulement compter sur Thorn, son énigmatique fiancé ?








Mon avis

Ce second tome reprend l'intrigue juste après le précédent, avec un petit résumé pour nous remettre rapidement dans l'ambiance. J'ai trouvé le fil conducteur plus clair dans cet opus, avec les bribes de mémoire qui oriente vers les interrogations à venir. (Ah Dieu n'a pas l'air si Dieu que ca dans cet univers ...)

J'ai surtout plus accroché avec les personnages plus présents, moins étouffés par l'univers riche crée par Christelle Dabos, comme des boutons de fleurs qui éclosent, on les comprend mieux dans leur rapport avec leur environnement.

L'univers est toujours aussi fascinant, entre les pouvoirs de chaque famille et les nouvelles familles que nous découvrons, leur relation leur passif qui expliquent la structure de la société. Passé l'effet découverte un peu dense du premier tome, on s'y glisse vraiment facilement.

Les personnages principaux évoluent et de même on s'attend mieux à leur réaction et interaction. J'ai aimé découvrir un peu plus Thorn et Ophélie et leur pouvoir, les doubles facettes de ceux ci. La manière dont ils sont présentés donnent un peu cette impression d'élus pour une quete, assez classique finalement en fantasy.

Je trouve Thorn très touchant dans sa manière d’être, il semble exister un grand cœur sous une certaine couche d'hostilité.
Ophélie, si triste et transparente dans le premier tome, prend son destin en main, et ca fait plaisir de la voir se débattre de manière efficace contre la pression ambiante, mais aussi s'accepter tout simplement, ne pas imiter et rester soi.
 Le seul reproche que je pourrais faire concerne une certaine facilité dans la manière de passer les obstacles mais sans que ce soit dérangeant, de même la résolution du mystère est un peu rapide avec le 'méchant' qui donne une petite scène explicative, un peu trop ... dont les situations compliquées évoluent.

Les personnages secondaires aussi évoluent, Bérenilde semble moins hostile, Archibald déborde toujours d'humour. J'ai aimé retrouver Renard et Gaelle. La Nihiliste prend aussi son envol dans ce tome.

L'intrigue à la manière d'une enquête policière est plus linéaire, mais finalement plus accrocheuse dans ce tome. Le dénouement nous fait espérer que le troisième tome arrivera bientot !

Au total : Un second tome que j'ai bien plus apprécié que le premier, notamment car les personnages se prennent en main et que nous retrouvons cet univers riche et fantastique. J'attends le troisième tome du coup !

jeudi 23 juin 2016

"Métaquine" de Francois Rouiller

Un titre (Mélange de Dépakine* Kétamine* et Ritaline*) et un thème qui me parlent notamment sur un plan professionnel. J'ai profité des imaginales pour faire dédicacer mon livre et discuter de son inspiration avec l'auteur.

Résumé

Couverture Métaquine, tome 1 : IndicationsRégis, dernier de la classe, ne veut pas prendre de Métaquine®, le médicament qui transforme les cancres en écoliers modèles. Des millions d’enfants inadaptés bénéficient pourtant du traitement, au grand soulagement des profs et des parents. Mais Régis craint que la chimie dissolve le Duché, la contrée fabuleuse d’où son imagination tire châteaux, dinosaures et compagnons de jeu invisibles.

La mère du gamin s’est enfermée sous un casque de cybertox, son beau-père rumine des fantasmes de tueur en feuilletant d’abjects magazines. Il n’y a guère qu’une voisine, neuropsy à la retraite, pour l’aider à défendre ses rêves. Ou peut-être, en ville, cette politicienne remuante qui milite contre la distribution de psychotropes à l’école.

Mais que peuvent deux idéalistes face à un géant pharmaceutique et aux milliards de son budget marketing, alors qu’on découvre à la Métaquine® des vertus toujours plus prometteuses et que la planète entière a déjà gobé la pilule ?





Mon avis

Ce livre ne parle pas uniquement d'un traitement contre l'hyperactivité et les troubles de concentration, mais surtout d'un futur inquiétant. Les thèmes abordés sont assez riches, et contrairement à ce que je pensais, le livre n'est pas centré sur l'industrie pharmaceutique et les effets de ce médicaments miracles mais est bien plus vaste que ca.

A travers 6 personnages, l'auteur nous présente une société qui a dévié, vers la réalité virtuelle, un peu à la manière des personnages de Fahrenheit 451 de Ray Bradbury. Les casques de réalités virtuelles sont une grande partie de l'intrigue ainsi que les sociétés et programme qui les exploitent.
 L'addiction au SimDom ou à la Métaquine nous fait réfléchir de manière plus large à nos habitudes contemporaines, scotchés à nos écrans et nos relations virtuelles ou à nos gélules qui hantent nos pharmacies. J'ai bien aimé les parties avec Aurélie qui semblent hors du monde tout en gardant une certaine pertinence.

Il y a beaucoup de courage dans la plupart des personnages présentés, que ce soit Sophie, chercheuse à la retraite, où le poids des années disparait avec un projet qui l'entraine, Clotilde prête à renverser l'industrie pharmaceutique, comme peuvent l'être certains détracteurs hargneux.
Régis, le jeune garcon est un vrai personnage à part entière, avec ses relations avec le Duché (dont je ne suis pas sure d'avoir compris l'ensemble) mais n'est pas aussi présent que le laisse sous entendre la couverture.

 La galerie des personnage est variée et j'ai bien aimé découvrir au fil du roman la manière dont ils vont s'articuler entre eux et leur place assez équivalente dans le roman pour apporter finalement une vision assez juste et non centrée sur une seule perspective. On voit notamment les opposés entre Régie cible du traitement et ceux responsables du Marketing.
Au fur et à mesure du roman, de l'utilisation plus large de la Metaquine, on se doute que certains effets ne sont pas ceux attendus, ce qui permet d'ouvrir tranquillement pour le second tome, car ceux ci ne sont pas séparables...

Au total : Un premier roman qui tient ses promesse, même plus pour moi dans une société future plongée dans une réalité virtuelle qui découvre les vertus d'un médicament miracle pour la concentration. Le second tome sera bientôt dans ma PAL !




mardi 21 juin 2016

"Notre Dame de Paris" de Victor Hugo

Un classique ! Je me suis lancé dans ce livre pour essayer de participer au BC de Livraddict de mai. Je n'en avais lu qu'un tiers pour la date prévue, mais l'histoire est telle que j'ai pris mon temps pour le terminer.

Résumé

Couverture Notre-Dame de Paris
Dans le Paris du XVe siècle, une jeune et superbe gitane appelée Esméralda danse sur le parvis de Notre Dame. Sa beauté bouleverse l’archidiacre de Notre-Dame, Claude Frollo, qui tente de l'enlever avec l'aide de son sonneur de cloches, le malformé Quasimodo. Esmeralda est sauvée par une escouade d’archers, commandée par le capitaine de la garde Phoebus de Châteaupers...






Mon avis

Une très bonne surprise ce livre, aussi bien sur le style que sur l'histoire dont on ne connait que des bribes au final.

Victor Hugo est capable de créer la vie dans certains détails de Notre Dame de manière si simple e si prenante. Je me suis plongée dans ce Paris du temps des rois avec un certain plaisir, me baladant en même temps que le narrateur. Soit quelques descriptions m'ont parfois paru un peu longues mais une fois la première partie lancée, elles passent bien mieux. La narration est assez troublante initialement, mais permet une vraie plongée entre omniscience et appel au lecteur pour ne pas le perdre.

Les personnages sont magiques dans leur caractère, leur description. Je me suis attachée à Quasimodo et Esmeralda, j'ai aimé découvrir leur passé, les rebondissements finaux.
L'histoire est pleine de rebondissements, de déceptions et d'espoir, j'étais emporté par ces retournements .
Derrière la toile de fond d'Esmeralda et de ses soupirants, il existe une vraie critique de la société de cette époque, entre le procès de Quasimodo, qui est totalement absurde dans son déroulement, ou le passage avec le Roi et son opportunisme.

L'importance de l'apparence est aussi vivement mis en question, Esmeralda, gitane au coeur tendre est dénoncée par les préjugés sur les gitans et accusée de sorcellerie à cause de sa chèvre. (J'ai d'ailleurs bien aimé la relation entre Gringoire, Esmeralda et Djali qui se lient en douceur de manière complètement chaste) Phoebus quand à lui trompe l'ensemble de son entourage grâce à son apparence de chevalier servant, bien plus cynique er moins bon que nos protagonistes. Frollo est le summum de l'ambivalence, et un prélude à la folie. J'ai apprécié suivre son évolution, ses doutes, ses tentatives de passer outre et de commettre alors des erreurs bien pires. Il reste un des personnages les plus fascinants car il est difficile d'anticiper ses actions.

Chaque personnage secondaire est utile, chaque petite histoire le concernant aura un effet dans l'histoire, j'aime ces livres riches qui finalement s'accorde dans un ensemble vraiment cohérent.

Dans les discussions du Book Club, la cathédrale était évoquée comme un personnage à part entière, et après avoir lu la seconde partie, j'ai mieux compris cette interrogation, nous vivons à coté de Notre Dame, résistons avec elle, souhaitons protéger ses habitants. J'ai apprécié découvrir les confins de son architecture avec Quasimodo, me dire qu'à mon prochain passage je regarderai différemment les gargouilles et recoins des étages supérieurs.

Au total : Un classique fascinant dans le fond et la forme, un style accessible et intemporel et des personnages fascinant par leur richesse de caractère. Je ne peux que le conseiller !

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9/26 : Lettre H Classique 670 pages