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dimanche 20 octobre 2013

"Monsieur Georges" de Gilles Warembourg

Je remercie les éditions Atria et Livraddict pour ce partenariat qui m'a beaucoup plu.

Résumé

(Attention le quatrième de couverture dévoile une grande partie de l'intrigue, je l'ai donc raccourci.)
Couverture Monsieur Georges

Juin 1945. Monsieur Georges est de retour dans son village, après trois ans de déportation. Les habitants accueille leur instituteur en grande pompe : le maire et sa plantureuse moitié, le curé en soutane, les amis, les élèves grandis…Détruit, monsieur Georges retrouve le quotidien des Flandres françaises. Et l’humaniste désenchanté observe d’un œil sceptique le petit monde compliqué de cet univers rural étriqué. Isolé au milieu de ses concitoyens inconscients de ce qu’il a subi, monsieur Georges se mure dans le silence et s’interroge sur sa propre raison. 




Mon avis

J'ai lu beaucoup de livre à une certaine époque sur la seconde guerre mondiale et j'ai apprécié de lire sur l'après guerre immédiat. Nous rencontrons Monsieur Georges à son retour de déportation pour une autre raison que la religion, dans son village d'origine et suivons sa réinsertion notamment sociale.
J'ai vraiment aimé découvrir ses réactions face au banquet de bienvenu, de voir la gêne s'établir entre l'ancien instituteur et les différents personnages du village, l’incompréhension du vécu de l'autre. Comment occuper le quotidien après ces 3 années ? Comment vivre sans penser à ce qu'il a fait, et ne pas penser à l’innocence toute relative de certains ?

L’enquête policière finalement prend assez peu de place, il est intéressant de suivre à la fois l'évolution de Monsieur Georges, notamment ses réflexions sur le mal, et ses causes (même si certains passages en italique m'ont parus obscurs) et les secrets que chaque village recèle. La paix est signé, mais les rancœurs restent, les actes avant, pendant et même après restent présents. Les langues se délient au fur et à mesure. On devine que la paix dans le quotidien a pris bien plus de temps que la signature d'un traité.

Le personnage de Monsieur Georges est touchant, et bien amené. On suit ses doutes sur les différents sujets, on perçoit son malaise quasi constant. La question de la reconstruction, du retour des camps de concentration est rarement évoquée, et je l'ai vraiment trouvé bien traitée. On ne peut que deviner ce qu'ils ont enduré mais pas la difficulté du retour à la vie "normale".
Le personnage de Marieke symbolise le changement, par sa jeunesse tout en gardant le respect de l'ancien et contraste notamment avec celui de Jean qui nous perd dans ses rancœurs et ses réflexions.

Au total : Un livre sur la reconstruction suite au camp d'extermination bien mené !

mercredi 10 juillet 2013

"Limonov" d'Emmanuel Carrere

Conseillé par une amie au moment de sa sortie, j'ai profité d'un partenariat organisé par le site Livraddict pour le lire.

Résumé


Limonov par CarrèreLimonov n’est pas un personnage de fiction. Il existe. Je le connais. Il a été voyou en Ukraine ; idole de l’underground soviétique sous Brejnev ; clochard, puis valet de chambre d’un milliardaire à Manhattan ; écrivain branché à Paris ; soldat perdu dans les guerres des Balkans ; et maintenant, dans l’immense bordel de l’après-communisme en Russie, vieux chef charismatique d’un parti de jeunes desperados. Lui-même se voit comme un héros, on peut le considérer comme un salaud : je suspends pour ma part mon jugement. C’est une vie dangereuse, ambiguë : un vrai roman d’aventures. C’est aussi, je crois, une vie qui raconte quelque chose. Pas seulement sur lui, Limonov, pas seulement sur la Russie, mais sur notre histoire à tous depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.


Mon avis

Mon avis va se diviser en 2 parties : le fond et la forme

Sur le fond, j'ai été, probablement comme l'auteur, fascinée par la vie d'Edouard Limonov, que nous suivons de son enfance à la période actuelle.
J'ai aimé suivre ses péripéties tout en voyant la Russie évoluer, et d'ailleurs, je pense que j'ai pas mal appris notamment sur la chute de l'URSS et l'avènement de la Russie, période que je connais finalement assez peu.
Démarrant de loin, mais avec une certaine obstination, on voit son évolution artistique des poèmes initiaux, aux livres provocateurs, et de sa vie privée avec les différentes femmes et hommes qui ont marqué sa vie.
La période la plus longue dans le livre n'est pas forcément la plus longue dans le temps, mais probablement celle qui a le plus forgé son caractère.

Sur la forme, certaines tournures de phrases particulièrement familière m'ont un peu génée, mais surtout la partie "autobiographique" de l'auteur, concernant son vécu, son ressenti sur les évènements, tout en remettant Limonov dans son contexte, il nous évoque sa vie, sa famille, et parfois j'ai ressenti la même gêne que pendant ma lecture de 'Rien ne s'oppose à la nuit' avec un coté un peu voyeuriste d'autant plus que je m'attendais à un livre centré sur Limonov.

Je me suis posée initialement la question d'un personnage fictif ou réel, et j'avoue m'être renseignée avant de poursuivre ma lecture, pour pouvoir me plonger dans l'histoire.
J'ai aimé lire les doutes de l'auteur sur certaines parties, notamment quand il se demande si c'est raisonnable de faire toucher 2 fois le fond à son personnage.Limonov est un personnage complexe, restant fidèle à lui même et à la Russie et s'adaptant à son environnement initialement pour la survie puis pour ses idées et surtout être reconnu. Sa vie à New York reste la plus fascinante par sa manière de rebondir et son évolution digne d'un "rêve américain".

Au total : Un livre fascinant sur un personnage peu connue de l'histoire russe. Un grand merci aux éditions Folio et au site livraddict pour cette découverte !

Logo Livraddict

mercredi 9 janvier 2013

"Tu verras" de Nicolas Fargues

Généralement, j'aime les histoires de famille, donc quand ce livre a été proposé en partenariat sur le site de Livraddict  avec les éditions Folio, j'ai tenté ma chance. Je les remercie d'ailleurs de cet envoi et de cette découverte, même si...

Résumé
4ème de couverture

"Mon père me criait de remonter mon jean au-dessus de mes fesses, de cesser d'écouter des chansons vulgaires sur mon iPod, de rapprocher mes coudes à table et de ne pas faire la tête à chaque fois qu'il voulait m'emmener au musée. Il ajoutait toujours : "Plus tard, tu comprendras que c'est pour ton bien que je te disais ça, tu verras. "








Mon avis :

Les premières pages m'ont scotché, à peine débuté, que je me suis laissée embarquée par le rythme incisif et rapide malgré des phrases longues et construites. Le texte est peu aéré, sans chapitre et avec peu de retour à la ligne.

Je me suis posée initialement la question d'un coté autobiographique de ce livre, un peu comme l'était "Rien de grave" de Justine Levy, qui m'avait aussi fascinée par le ton vif et rapide. Puis, au fur et à mesure de ma lecture, je me suis sentie moins à l'aise, peut être car on rentre dans le détail de ce père qui s'autoflagelle et se complait dans son malheur, mais aussi sur le coté assez péremptoire de certaines affirmations, du racisme ambiant que le personnage principal soulève sans vraiment sans rendre compte...
 Bref je n'ai pas du tout ressenti d'empathie pour Colin, ce père qui a perdu pourtant son fils qui était d'après ses descriptions, sa raison de vivre, et pourtant, contrairement à ce que laisse penser les première pages, il n'essaie pas vraiment de le comprendre, mais récapitule juste ses erreurs, qui sont par ailleurs, assez souvent des lieux communs d'éducation, et finalement, je dirais presque qu'il manquait un peu de crédibilité parfois dans les propos et les situations décrites (notamment quand il prend sa voiture et dépasse le périph', et le personnage de Ghislaine).
Finalement, cet homme est assez banal, et l'évènement qui déclenche sa remise en question, met surtout en valeur cette banalité, à la fois de pensée et d'histoire familiale. Je crois que son manque d'ouverture m'a étonnée notamment au vue du quartier où il habite et des fréquentations de son fils...
Bref, plein de détails qui m'ont éloigné de cette fausse impression initiale.

Malgré tout, les pages se tournent facilement, et on se prend à se demander comment ce père va se reconstruire, même si la motivation de son voyage ne m'a pas du tout convaincue.
En lisant la dernière page, je ne suis pas sure de me souvenir de grand chose de ce livre qui n'a pas su me transporter...

Au total : Un livre en deçà de mes espérances, notamment dans la manière dont est traité le deuil et la relation père fils, mais aussi dans la vision de la vie du personnage principal.

mercredi 26 septembre 2012

"Ce que cache ton nom" de Clara Sanchez

Reçu grâce à un partenariat avec Livraddict et Marabout, j'ai participé, attirée par l'histoire.

Résumé

Sandra, une jeune femme d'une trentaine d'années, a décidé de venir s'installer dans un village isolé de la côte est espagnole. Un peu paumée, Sandra - qui vient de quitter un emploi qu'elle détestait et un homme qu'elle n'aimait pas mais dont elle attend un enfant - ne sait pas quoi faire de sa vie. Alors qu'elle passe de longues heures sur la plage, perdue dans ses pensées, Sandra fait la connaissance des Christensen, un couple d'octogénaires norvégiens installés dans le village depuis des années. Rapidement, le lien qui unie Sandra à ce couple devient plus qu'une simple amitié. Ils la prennent sous leurs ailes, décident de l'aider et la traitent comme la petite-fille qu'ils n'ont jamais eue. Mais un vieil homme tout juste débarqué d'Argentine, Julian, va venir perturber cette union fragile. Il révèle en effet à Sandra qu'il est un survivant du camp de Mauthausen, et que les Christensen ne sont ceux qu'ils prétendent être. Donnant au départ que peu de crédit à l'histoire de Julian, Sandra, étudiant les allées et venues de Karin et Fredrik et considérant leurs silences, finit tout de même par considérer le couple de Norvégiens sous un nouveau jour. Mais elle ne réalise pas encore que la fin de son innocence met sa vie en danger.


Mon avis

La couverture et le résumé m'ont intrigué et j'ai globalement apprécié cette découverte, même si certains détails m'ont laissé un peu perplexe par moment.

J'ai craint initialement que le résumé ne dévoile toute l'intrigue, mais il n'en est rien. Ce livre nous permet de suivre en parallèle Julian, ses motivations, son passé notamment dans les camps de concentration et Sandra, jeune fille un peu paumé, en vacances dans la maison de sa soeur à la mer pour faire le point.

Il ne s'agit pas vraiment d'enquête comme je l'avais cru, mais j'avoue que j'ai parfois eu du mal à voir où l'auteur voulait nous amener et d'ailleurs à comprendre les conclusions de ce livre.
Les anciens nazis sont ils protégés grâce à une organisation sans faille? Faut il y voir le parallèle entre Sandra qui apprend à se connaitre et qui éclot telle une fleur et la décrépitude de Karin, si bien décrite, bref une réflexion sur la jeunesse et son évolution, ou sur la quête d'identité ?

De nombreux personnages tournent autour du "couple" principal constitué par Julian et Sandra, tous aussi intriguants, fourmillant de détails permettant de les resituer dans l'histoire. Cependant à voir le comportement de Sandra, les coincidences un peu grosses, certains détails m'ont paru un peu difficile à croire, d'autant que le couple et son entourage sont particulièrement soupconneux. L'explication finale éclaire certains passages sans toutefois tout expliquer.
D'ailleurs la fin va peut être un peu vite, et m'a semblé assez facile finalement.

J'ai aimé dans le personnage de Julian, ses retours au passé, les tentatives d'explication de son comportement, de sa haine tenace qu'il ne devait/doit pas être le seul à garder. Son coté à la fois paternel et amoureux, l’ambiguïté de sa relation avec Sandra. Il apporte un nouveau regard sur le vécu des camps, notamment dans ses récits sous Franco.

Au total : Un livre post seconde guerre mondiale, où certaines rancunes réapparaissent tout en essayant d'apporter des explications.

samedi 4 août 2012

"La blonde en béton" de Michael Connelly


Je maitrise encore difficilement les différences entre policier et thriller, mais je n’avais pas été spécialement convaincue par mes deux dernières lectures dans ce genre (Le chuchoteur de Donato Carisi que j’ai trouvé trop « didactique » et Avant d’aller dormir de S.J Watson plus tiré par les cheveux). 
Mais voulant poursuivre ma découverte, j’ai postulé pour ce partenariat (Livraddict/Editions Points), et après quelques péripéties, j’ai dévoré ce livre !

Résumé :

L'inspecteur Harry Bosch en est persuadé : Church, l'homme qu'il a abattu quatre ans plus tôt était bien le Dollmaker, le tueur en série de blondes qu'il maquillait après les avoir assassinées. Le procès intenté par la veuve de Church échoue et l'inspecteur est réhabilité. Tout semble être terminé lorsqu'Harry reçoit une lettre qui semble une parfaite imitation des messages du Dollmaker. Et on retrouve une blonde sous la plaque de béton d'un immeuble de Los Angeles. Le tueur aurait-il fait un disciple ou Harry Bosch a-t-il abattu un innocent ? L'inspecteur doit résoudre cette énigme le plus vite possible et pas seulement pour prouver qu'il a raison !






Mon avis :

On entre rapidement dans le vif du sujet avec le prologue qui nous montre la scène qui mène au procès, puis le procès d’Harry Bosch, soupçonné d’avoir tué un innocent au lieu d’un sérial killer. La découverte d’un nouveau corps, dite  « la blonde en béton » relance l’enquête. 

Le rythme est soutenu à la fois par des chapitres courts d’environ 15-20 pages, et par un suspens bien mené, sur la découverte d’éléments nouveaux et toute la partie tribunal qui j’ai particulièrement apprécié. On se croirait en train d’assister à l’audience, et à la plaidoirie. Les descriptions donnent l’impression de voir les effets de manche et d’entendre les « objections ». 
L’enquête elle-même est parsemée de certitudes et de doutes, de fausses pistes, de découvertes sur son entourage. Bref du suspens jusqu’à la révélation finale qui s’avère forcément surprenante !

Le personnage d’Harry Bosch est intéressant, sans être, je trouve particulièrement attachant, on retrouve le coté flic au bon cœur qui se laisse plus emporter par son intuition que par la législation, à qui on pardonne, sur le papier, car il a au final raison… 

Le personnage de Sylvia est, je pense, plus un fil conducteur de la série mis en place par M. Connelly car c’est à priori le 3è tome mettant H. Bosch en scène est ne m’a particulièrement intéressée mais les scènes où elle apparait sont courtes et elle prend sa place dans le puzzle qui se monte devant nos yeux.

Les personnages secondaires sont bien mis en place, doucement, et on se pose forcément la question des indices laissés discrètement au fil du livre et qui nous ont échappé et du coupable final…
On se perd dans l’enquête avec Bosch dans les rebondissements personnels et professionnels. 

Le personnage de Chandler, avocate de la défense, est particulièrement bien amené, elle apporte par son caractère et sa vision des faits des pistes de réflexion sur la justice, la vérité (qui finalement n’est pas universelle…), la place de la femme dans le tribunal. J’ai beaucoup aimé suivre ses dialogues avec Bosch et leur confrontation.
Dernier détail plutôt marrant, ce livre est écrit dans les années 1990s, donc on se retrouve avec la police à l'ancienne, sans téléphone portable, avec des "radios" ( et des codes !) et pas de scène ultra-technologique comme aux Experts, et finalement ce coté rétro a du bon parfois !

Au total : Un régal de policier, qui peut se lire en « one shot », mais je risque de me laisser tenter par d’autres aventures d’Harry Bosch. Encore merci pour ce partenariat !

Citation :

"Bosch suivit le regard de l’avocate en direction de la statue, au dessus de l’endroit où Galton s’était suicidé.
-C’est ça, la justice, dit-elle. Elle ne voit pas. Elle n’entend pas. Elle ne peut pas sentir ni parler. La justice, inspecteur Bosch, n’est qu’une blonde en béton. " p 223

samedi 17 mars 2012

"Loin des mosquées" d'Armel Job


Recu dans le cadre d’un partenariat avec Livraddict et l’éditeur Robert Laffont. J'ai été très attiré par le résumé proposé qui dévoilait en fait une grande partie de l'intrigue, et concluait par :

 "Raconté du point de vue des principaux protagonistes – Evren, Derya, Yasemin et René, soumis, chacun à sa manière, au respect des traditions et aux caprices du destin –, Loin des mosquées s'apparente à une tragédie antique. À travers l'évocation des mariages arrangés, Armel Job livre ici un conte à la morale subtile sur le combat courageux des femmes pour le droit à la dignité, à l'égalité et à la liberté."



 4ème de couverture

Derya a servi le café. Ma mère a porté la tasse à ses lèvres et, après la première gorgée, elle a blêmi. Ses ongles s’enfonçaient dans mon bras.
« Derya, tu n’as rien oublié ?
-Non, ma tante
-Tu es sure ?
-Tout à fait sûre.
-Mais le sucre… ?
-Il n’y a pas de sucre. »
Sa voix était très basse, mais très ferme. Ma mère s’est tournée vers ma tante.
« Qu’est-ce que ca veut dire, Selma ?
-Tu sais fort bien ce que ca veut dire quand on demande une fille en mariage et qu’elle verse du café sans sucre. »

Mon avis

Cet extrait présent sur le quatrième de couverture résume très bien l’ambiance de la famille de Derya, traditionnelle.

Le livre est un récit à 4 voix, entre les 4 personnages principaux, René, croque mort en marge de la communauté turque de sa ville belge, Evren, dernier d’une fratrie, maladroit mais travailleur, Derya, seule fille d’une famille immigrée turque et vivant en Allemagne et Yasemin jeune fille turque semblant si innocente.

J’ai été surprise par le début, je m’attendais à arriver dans une famille turque et on se retrouve avec René (qui comme son nom peut le faire supposer n’est pas turc) et son corbillard. Il nous faudra du temps pour comprendre l’importance de cet accident de corbillard.

On traverse une tranche de vie à travers ces quatre personnages bien différents que ce soit par la culture mais surtout par le caractère. Les deux jeunes femmes sous des abords plutôt calme et soumis se révèlent de vrais personnages de caractère, qui luttent comme elles peuvent contre le carcan de la tradition. Les hommes paraissent finalement plus faible et manipulables. J’ai bien aimé suivre les évènements à travers ces regards, ils mettent en évidence la différence de perception des situations selon les personnes. 

Ce livre présente le poids des traditions et des apparences confronté à la société occidentale. On n’est plongé dans les mariages arrangés, intrafamiliaux.
« Quand on prétend acheter la mariée, il arrive qu’on se réveille aux côtés d’un fauve ».
L’amour est présent sous toutes ces formes, l’amour de jeunesse, la passion, la raison, la jalousie sans être au cœur de l’histoire, il en reste un des fils conducteurs.
Mon seul petit bémol sera la résolution de l’énigme, que, soit, je n’avais pas vu venir, éclaire le premier chapitre mais m’a laissé un gout amer.

Au total : Un livre où les personnages féminins sont forts et une plongée dans la population immigrée d’origine turque.

Je m'aperçois que finalement, il m'est difficile de parler de ce livre alors que j'ai été la plupart du temps envoutée par ma lecture.

mercredi 29 février 2012

"L'inconnue de Birobidjan" de Marek Halter

Recu grace à Livraddict et les éditions Robert Laffont, ce livre m'a beaucoup tenté lorsque j'ai lu le 4è de couverture.






Résumé

1950, New York. Après Orson Welles et Arthur Miller, McCarthy et son équipe interrogent une certaine Maria Apron, 37 ans, actrice. Elle est accusée d'être entrée en Amérique avec un faux passeport et d'avoir assassiné un agent secret de l'OSS en Union sovétique. Pour se défendre, Maria Apron n'a que ses souvenirs. En actrice consommée, elle va, telle Shéhérazade, les distiller à ses accusateurs au cours des cinq journées que dure son interrogatoire.


Source Livraddict


Mon avis

Ce livre n'est pas loin du coup de coeur de mon coté.

Il retrace la vie de Marina, femme russe exilée aux Etats Unis, soupconnée d'espionnage pour le compte de la Russie, mais lors de son procès, on découvre son histoire, pas banale.

J'ai été transportée par ce récit. La période Stalinienne est je trouve peu abordée lors de nos études, et ce livre nous offre une vision de cette époque, qui donne envie d'en savoir plus et de réfléchir. D'ailleurs, je n'ai pas encore lu les annexes mais celà ne va pas tarder!

Le livre est séparée en 4 journées, quatre jours de procès, où alterne le présent, les années 50s, en pleine période de traque des communistes, et le passé de Marina, où elle est la proie. On suit ses aventures, sa vie de femme russe, actrice de théâtre entre le Moscou des années 40, jusqu'au Birobidjan, ce territoire russe devant devenir une région autonome juive, puis les États Unis.

Dans les récits de la vie russe, le quotidien de cette époque est plutôt bien retranscrit, la famine, les kolkhoz, les disparitions quotidiennes, l'attente de jours meilleurs et le froid. On s'attache à cette femme forte, qui prend son destin en main, au mieux qu'elle le peut.

L'autre personnage principal est le journaliste, le narrateur de l'histoire, qui touché par Marina, tente de l'aider, mène son enquête, plonge dans des conflits qui le dépasse. On suit l'histoire de son point de vue notamment dans le contexte du procès.

Au total : Un livre qui m'a transporté entre les Etats Unis des années 50 et la Russie stalinienne.
Mon petit bémol, le quatrième de couverture en raconte surement un peu trop...

Encore un grand merci pour ce partenariat.

Je le compte pour mon coup de cœur de février


lundi 31 octobre 2011

"Freedom" de Jonathan Franzen

Je remercie Priceminister pour l'envoi de ce livre dans le cadre des matchs de la rentrée littéraire.

En pratique, je suis embetée car c'est le premier livre depuis longtemps que je n'ai pas réussi à finir, où j'ai l'impression de me forcer à la lecture, de devoir secouer les personnages pour espérer qu'ils se décident...




Résumé:


Patty a décidé une fois pour toutes d'être la femme idéale. Mère parfaite, épouse aimante et dévouée, cette ex-basketteuse ayant un faible pour les bad boys a fait, en l'épousant, le bonheur de Walter Berglund, de St. Paul (Minnesota). A eux deux, ils forment le couple « bobo » par excellence. En devenant madame Berglund, Patty a renoncé à bien des choses, et d'abord à son amour de jeunesse, Richard Katz, un rocker dylanien qui se trouve être aussi le meilleur ami de Walter. Freedom raconte l'histoire de ce trio, et capture le climat émotionnel, politique et moral des Etats-Unis de ces 30 dernières années, dans une tragi-comédie d'une incroyable virtuosité. Comment vivre ? Comment s'orienter dans une époque qui semble devenue folle ? Jonathan Franzen relève le défi et tente de répondre à cette question, avec cette histoire d'un mariage d'une implacable cruauté.


Mon avis :


Après une entrée en matière qui m’a franchement emballée, montrant cette famille américaine si parfaitement correcte en facade et tombant doucement de son pied d’estale, le tout enrobé de pointe d’humour et d’ironie, j’ai commencé à me lasser et à m’ennuyer vers le milieu de la seconde partie, pour au final sauter la troisième partie et lire la fin. (oui j’assume d’avoir fait l’ellipse de cette 3ème partie qui fait tout de même 400 pages, soit la moitié du livre :/).

D’ailleurs, même en sautant ce chapitre, la fin n’est pas difficile à comprendre, je me plongerais peut être dedans plus tranquillement pour savoir qui est lalitha, mais je n’ai pas ressenti un vide et je n'ai pas eu envie de rebrousser chemin.

Ce livre s’il n’avait fait partie du match de la rentrée, aurait typiquement fait partie de ceux que j’entame et que je laisse trainer un petit moment sur ma table de chevet, avant de me dire que finalement je le relirais plus tard (même si au final je les relis rarement...).

Je me suis posée pour essayer de comprendre pourquoi il était aussi difficile pour moi de lire ce livre : 
La fausse autobiographie à la 3ème personne m’a déstabilisée quand immergée dans l’histoire, on lit : "A ce moment la biographe…", mouais bof.

Une impression de déjà vu/lu, la famille américaine, la mère protectrice qui essaie de faire l’inverse de ses parents avec ses propres enfants et qui échoue lamentablement, le triangle amoureux, l'hésitation entre la passion et la raison... Un mélange de desperate housewife et d'autres séries américaines.

Pourtant mes notes initiales, après 170 pages, étaient plutôt motivantes, mais alors que Patty évolue, j'ai surtout eu envie de la claquer au lieu de continuer à être empathique envers elle, son passé difficile. Ses hésitations, son insatisfaction chronique m'a épuisé.

Au total : Un début prometteur, mais une histoire qui s'essouffle assez rapidement. Une déception...

Fiche Priceminister pour Freedom 

Ce livre fait partie de mon challenge de la 1% rentrée littéraire


dimanche 9 octobre 2011

"Les clandestins" de Youssouf Amine Elalamy


Lu dans le cadre de Masse critique de Babelio


Résumé
 4ème de couverture
Treize clandestins se noient en traversant le détroit de Gibraltar pour rejoindre l'Europe. Face à leurs corps rejetés par la mer se lève le chant des leurs, qui racontent à plusieurs voix leur trop court destin.

Mon avis

Le détroit de Gibraltar est un des trajets permettant le passage Europe-Afrique. Du coté marocain, certains y voient un Eldorado, dans ces faubourgs où la pauvreté, et la non scolarisation facilitent le rêve d’un monde meilleur.

Difficile de mettre des mots sur ce que j’ai ressenti (ca m’arrive souvent en ce moment, j’ai l’impression). Le résumé me donnait l’impression d’un recueil de nouvelles ; on allait découvrir les différents personnages avant, et comprendre le pourquoi de cette embarcation. Au final, ce livre y ressemble mais l’auteur prend soin de brouiller les pistes.

Il débute par l’histoire d’une jeune fille du village d’où sont issus tous les naufragés, dès cette histoire, on comprend la nécessité que peuvent éprouver certaines personnes à fuir, à voir si ailleurs, l’herbe n’est pas meilleure.

Mais, même si, à postériori, je pense que c’est l’objectif de l’auteur, je me suis un peu perdue en route, perdue dans la narration à la troisième personne alternée avec du « je » mais qui changeait de protagoniste, bref un mode de narration qui change à chaque chapitre, mais aussi des phrases à rallonge, avec des points virgules, des virgules (un peu comme celle là) et le chapitre suivant, des phrases courtes, plus comme une conversation. Cette alternance nous permet de comprendre le changement de narrateur, et le style employé avec un vocabulaire assez figé nous laisse de l’autre coté de l’océan.

Même si au final, il ressort de ce livre la misère sociale et la pauvreté des habitants de cette région, leur envie de partir quelque soit le risque encouru (quoique le connaissent-ils vraiment ?) et leurs histoires différentes s’expliquent mieux que ce que l’on peut imaginer. Il me reste un sentiment de perplexité, un manque d’émotion.

J’ai apprécié cependant toutes les métaphores à la mer, à ce bleu qui envahit l’espace, à cette mer que l’on ne peut dominer malgré nos espoirs et nos croyances.

Au total : Une immersion dans le destin de futurs clandestins qui n’ont pas eu le temps de le devenir.
Un petit mot sur la couverture qui est magnifique et colle parfaitement au texte.

Citations : 

« L’histoire de ces hommes et de cette femme qui ont trouvé la mort, là où ils croyaient trouver la vie. »

« Quand le ciel est entièrement bleu, quand il a la couleur de tes yeux, et qu’il se met à pleuvoir quand même, comme ça, sans prévenir, ce n’est pas pleuvoir qu’il faut dire, c’est pleurer. »

« Se consoler en se disant qu’ils sont arrivés après tout, seulement pas du bon coté de la mer, pas du bon coté de la vie. »

dimanche 11 septembre 2011

"Une bière à Firenzuola et autres nouvelles" de Maurice Le Rouzic


Ce livre m'a été offert par les éditions de la rue Nantaise par l'intermédiaire des agents littéraires


Résumé :
4ème de couverture
Une bière à Firenzuola est le premier recueil du Maurice Le Rouzic. Les nouvelles qui le composent parlent du monde et des gens qui y vivent. On y croise un pianiste sans piano, un amoureux qui broie du noir sur une frontière verte, un peintre à la recherche de ses couleurs perdues, un trompettiste assassin qui a purgé sa peine, un très vieux violoniste qui n’a pas fini d’écluser la sienne.

Mon avis

Pour commencer, je remercie vivement les agents littéraires et les éditions de la rue Nantaise de m’avoir adressé ce livre.

J’aime les recueils de nouvelles, pour leur faculté à nous transporter en quelques pages dans une histoire et la possibilité d'une lecture entrecoupée. Ce livre remplit bien cette mission.

Il est constitué de 2 recueils de 9 nouvelles chacun : Une bière à Firenzuola, dont le thème principal est le voyage et Chiffres où les chiffres (comme on pourrait s’en douter) ont une place à part entière.

Une bière à Firenzuola est constituée de 9 nouvelles qui nous font voyager dans des pays différents, la plupart en Europe.

Deux nouvelles sont à la première personne, les autres nous présentent des narrateurs  différents à chaque histoire (Olivier, Esteban, Julien, Mike, Ivan, Vincent), mais on peut sentir le lien entre chaque, cette recherche dans un pays étranger d’une partie de sa vie.

Certaines histoires sont reliées entre elle par des mots forts : brèche (3 et 4) ou par les arts (5, 6, 7, 8 et 9) notamment la musique et la peinture. On retrouve par ailleurs la relation père/fils et les relations de couple. La guerre a marqué la plupart des pays où nous voyageons (Cambodge, Printemps de Prague, Chypre ou séquelles de la 2nde guerre mondiale en Pologne) et son souvenir reste présent, même des années plus tard.

L’histoire la plus touchante a été pour moi celle qui se passe à Chypre, contée à 2 voix avec le narrateur d’un coté et des lettres de l’autre. Le procédé est classique mais très bien maitrisé.

D’ailleurs, le recueil m’a semblé plus intense, plus fluide à partir de la 3ème nouvelle, comme si l’auteur avait tâtonné lors des 2 premières, avec des sensations de déjà vu et des formulations qui m’ont un peu dérangé. Passée ces premières pages, j’ai vraiment apprécié l’écriture de Mr Le Rouzic, sa manière de faire passer des émotions et des ressentis, de nous propulser dans des pays rarement évoqués dans les livres. 

Quand au petit mot au début du livre : « En espérant que ces courts textes sauront vous donner des idées de voyages à accomplir et de frontières à (outre)-passer », je pense pouvoir dire que la mission est accomplie !

"Chiffres" est aussi constitué de 9 nouvelles, plus courtes, plus simples et qui prêtent plus au sourire, on y trouve des touches d’humour (notamment dans 4 ou 7) et des jeux de mots plutôt bien trouvé.

Au total : Un recueil de nouvelles sur le thème du voyage plutôt bien manié avec en bonus des touches d’humour à propos de chiffres. Une invitation à la découverte du monde mais aussi d'artistes peintres.

Citations :
« La jalousie se nourrit d’elle-même. C’est un fleuve qui grossit sans cesse, avale tout sur son passage et ne rencontre jamais l’apaisement du delta ou de la mer. »

« Pour lui, Pyla n’avait toujours évoqué qu’une dune, sans doute le point culminant de la région d’Arcachon. » (et il n’est pas le seul !)


dimanche 14 août 2011

"Le pacte des Immortels" d’Eric Nylund

Pourquoi ce livre :

Dans le cadre des partenariats entre Livraddict et Castelmore, ‘Le pacte des Immortels’ a été proposé. Un quatrième de couverture intéressant :  des histoires de famille dans une ambiance fantastique. Merci à Livraddict et aux éditions Castelmore de m’avoir sélectionné.



Résumé : Quatrième de couverture :

Eliot et Fiona vivent avec leur grand-mère et les journées sont à mourir d'ennui : aucune distraction autorisée et un règlement à respecter à la lettre sous peine de santions atroces. Mais elle et leur arrière-arrière-grand-mère sont leur seule famille.

Sauf que... Le jour de leurs quinze ans, un homme frappe à leur porte et prétend être leur oncle. Les jumeaux découvre alors que leur famille est en parfaite santé, et qu'elle a hâte de les rencontrer... Pour les tuer. Eliot et Fiona vont devoir accomplir des exploits héroïques imposés par les dieux et résister aux tentations des enfers pour sauver leur peau et prouver qu'ils méritent de rester en vie.


Mon avis :

J’ai eu du mal à accrocher à l’histoire et j’en sors globalement déçue.

Le livre est divisé en 4 parties, eux même séparés en une dizaine de chapitre chacun. Le texte se lit bien, le style est simple.

Mon premier souci, ce sont les personnages. Autant Fiona et Eliot sont bien décrits du fait qu’ils soient au centre de l’histoire, autant les autres personnages, c’est un peu le flou.

Il y a 2 familles, et chacune compte une petite dizaine de membre, que l’on rencontre principalement  lors des "directoires" pour la famille du père des enfants et du "conseil" pour la famille de la mère. Ils sont décrits succinctement et si l’on se doute qu’ils ont des particularités, voir des pouvoirs ceux-ci restent assez abstraits jusqu'à la fin. Certains sont particulièrement bien suivis (Sealiah) mais ont un rôle plutôt mineur dans ce tome. Et Audrey, la grand-mère reste en retrait, alors que c’est un des personnages les mieux travaillés.

Les jumeaux sont assez classiques, deux orphelins élevés par leur grand-mère, sans notion de leur ascendance et une éducation stricte. Ils deviennent par la suite assez étonnants dans leur comportement. Le monde s’ouvre à eux d’un coup et ils se jettent dedans sans aucun doute ni questionnement malgré les avertissements qu’ils reçoivent.[spoiler] Par exemple, Fiona part en balade à moto avec un quasi inconnu et sèche le travail. Elle mange une boite de chocolat sans fond sans vraiment d’interroger sur sa provenance ni son contenu… Le changement de propriétaire de la pizzeria et le comportement du nouveau proprio ne les étonne qu’une demi phrase. Eliot sait jouer spontanément du violon sans jamais se poser de questions.[/spoiler]

Ils s’interrogent assez peu sur leurs origines et alors qu’ils sont décrits soudés, on ne les voit jamais discuter, ni s’interroger pour faire avancer les choses. Et au final, leurs « particularités » sont assez floues. Il est assez décevant que Fiona ressemble à sa mère et Eliot à son père, sans qu’on ait l’impression d’un mélange.

Il y a très peu d’action dans tout le roman. Je m’attendais à plus de bagarres. Les descriptions familiales nous expliquent qu’ils sont tous prêts à se mettre sur la tête en permanence, mais au final il n’y a pas franchement de combat. Les épreuves héroïques ne sont pas l’occasion d’un déferlement d’effet pyrotechniques, et l’accent est plutôt mis sur l’intelligence des jumeaux au point qu’à certains moments, j’ai eu l’impression de lire une encyclopédie, plutôt qu’un livre jeunesse. Certains passages (les joutes d’insultes) font très étalage de culture avec un intérêt franchement limité à mon avis. Par exemple, la décomposition du mot avec les explications des racines grecques ralentit encore plus le rythme déjà pas très vif à la base.

Même si ce livre est le premier roman d’une série, je trouve dommage de s’arrêter au milieu de l’histoire. J’aime bien quand les premiers tomes donnent l’impression si ce n’est d’être achevé, au moins d’avoir fait avancer une partie de l’histoire, ce qui n’est pas le cas dans ce roman…

Au total : Un gout d’inachevé à la fin de cette lecture. L’univers  n’est pas bien mis en place et l’action est assez rare.


Un dernier merci pour ce partenariat et on peut retrouver d'autre avis sur la page de Livraddict!

jeudi 21 juillet 2011

"L'été sauvage", d'Elin Hilderbrand

Pourquoi ce livre :

Il fait partie d’un partenariat : l’éditeur JC Lattes par l’intermédiaire de Livr@ddict envoie de livre à des lecteurs en échange d’un petit mot.
J’aime bien les histoires de famille et ce roman me semblait  parfait pour cet été.



Résumé :
4ème de couverture, qui pour une fois ne fait que planter le décor, sans raconter les intrigues sous jacentes !

Birdie Cousins s’est jetée à corps perdu dans les préparatifs du fastueux mariage de sa fille Chess, de la piste de danse flottante à la couleur des serviettes en papier. Mais Birdie qui se targue de pouvoir faire face à n’importe quelle éventualité, n’aurait jamais pu prévoir le coup de fil nocturne de Chess qui lui annonçait brutalement la rupture de ses fiançailles.
Ce n’est que le premier signe annonciateur des bouleversements de l’été. Bien vite, les mauvaises nouvelles se succèdent, précipitant Chess dans une spirale de désespoir. Birdie vole au secours de sa fille aînée, avec l’aide de sa cadette, Tate, et de sa propre sœur, India. Bientôt les quatre femmes prennent la direction de Tuckernuck, une île sauvage au large de Nantucket.

Mon avis :

Un mois c’est long! Un mois dans une maison sans eau chaude et avec l'électricité sur un générateur en compagnie de sa sœur, sa tante et sa mère ou ses 2 filles/nièces selon le personnage, ca peut être extrêmement long. Mais elles l’ont fait!  On retrouve Birdie (l’instigatrice de ces vacances), sa sœur, India, et ses 2 filles Chess et Tate.
Birdie a divorcé de son riche mari qui ne s’occupait ni d’elle ni de leurs enfants. India est veuve et travaille dans une école des beaux arts. Chess était une fiancée apparemment parfaite mais elle a rompu sans plus d'explication. Tate, bourreau de travail informatique, est l’électron libre de la famille.

Ce livre parle de vacances dans un endroit où on est vraiment coupé du monde et de reconstruction. Ce livre parle de la complicité féminine dans une même famille, des rapports entre sœurs et mère/fille, mais aussi des rancœurs, de ces choses accumulées pendant l’enfance, adolescence et qui n'ont jamais été dites, de ces histoires de famille qui restent et qui risquent de s’enkyster.

Bref, ce livre m’a beaucoup touché, je me suis identifiée tour à tour aux personnages, intéressée à leur passé, leur présent. J’ai aimé les voir évoluer sur cette ile avec les avantages et les contraintes insulaires. J’ai aimé la naïveté de Tate, un peu le cliché de la geek qui vit dans son monde (mais avec Bruce Springsteen) et qui se lance à corps perdu dans ses aventures,  l’évolution de Chess qui finalement prend sa vie en main et celle d’India qui finit par faire son deuil après beaucoup d’années. Birdie représente la ménagère américaine moyenne, elle a vécu la plus grande partie de sa vie pour sa famille, en laissant tout passer de leur part et qui se réveille un jour et décide de changer les choses.
Ces 4 filles sont fortes, ont du caractère, et il est agréable de les voir prendre leur vie en main, alors même qu’elles en sont en partie coupées.

Le livre est divisé en chapitre qui met en narratrice principale chaque personnage à leur tour. Les parties concernant Chess sont plus un journal intime, les autres décrivent le quotidien et le ressenti de chacune. Les 4 personnages sont à peu près également traités. Le style est simple, et les pages se tournent facilement.

Un total : J’ai passé un très agréable moment de lecture. Je pense que ce livre rappellera surement des souvenirs de vacances familiales à certaines.

Pour la découverte, Tuckernuck est une petite île au large de la cote américaine entre New York et Boston.

Citations :

« La vie est belle »  ou comment dire bonjour sur l’île

« Il nous appréciait, mais il ne voulait pas passer du temps avec nous »

« Tate était branchée ordinateur, pas intellectuelle : pour elle, soit les choses marchaient, soit elles ne marchaient pas » Qui a dit cliché ? 

« Difficile de se voir comme un sex symbol quand on est mamie, non ? »

Je remercie encore les éditions JC Lattes pour ce partenariat.