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lundi 24 octobre 2011

Louisiana Breakdown de Lucius Shepard


J’ai lu ce livre dans la cadre de la lecture commune du mois d’octobre du cercle d’Atuan.


Résumé

Alors que Jack Mustaine, musicien professionnel, quitte Los Angeles après une histoire personnelle douloureuse, sa BMW tombe en panne aux portes de Graal, un trou perdu au milieu de la Louisiane. Il découvre le coeur d'une Amérique oubliée pétrie de légendes et de conservatisme.

Mon avis

La petite ville de Graal en Louisiane, entourée de marais, est pleine de tradition comme l’élection de la reine du Solstice, de médiums capables de communiquer entre eux, et de superstitions. Jack, musicien de son état, se retrouve contre son gré coincé dans cette ville pendant quelques jours après une panne de voiture. Il rencontre Vida et bascule dans le quotidien et la réalité de cette petite ville et surtout de ses mystères.

On est confronté au point de vue de Jack, initialement très terre à terre, puis emporté contre son gré dans ses doutes et dans l’environnement particulier, et à celui de Vida, entre rêve, réalité et manipulation. Les personnages secondaires sont bien marqués et entretiennent la part de mystère, de tension qui monte au fil des pages.

L’écriture très fluide et poétique de Lucius Shepard, nous transporte rapidement, dès le premier chapitre avec la description de Graal, remplie de pointe d’ironie et de mystères. Que cachent ces marais, cette brume? Qui est Marsh? 

Ce petit roman est, pour moi, une redécouverte du genre fantastique, de ces éléments où il est difficile de cerner la réalité, du rêve. Le livre se termine et il reste difficile de savoir si Jack a surtout beaucoup trop fumé/rêvé ou si sa plongée dans cet univers était réel. Le personnage de Vida reste pour moi un énigme.
Au final, j’apprécie de rester dans ce doute, de ne pas réussir à démêler les fils.


Au total : Un livre dans le bayou qui me réconcilie avec le genre fantastique.

Citation :
« Les années tournent, se scindent, d’écaillent en journées. Et les journées s’écoulent comme la pluie sur une vitre.
Et maintenant vient le crépuscule » (p23, fin du premier chapitre)


Ce livre se déroule en Louisiane et participe ainsi au challenge 50 états, 50 billets et je pense revoir rapidement le dessin animé des studio Disney : La princesse et la Grenouille, où il est aussi question d'ombres et de maléfice.

mercredi 19 octobre 2011

"Mère Cuba" de Wendy Guerra


Lu dans le challenge Destination d’Everkhorus, dont l’objectif est de découvrir de nouvelles destinations à travers la littérature. La destination du mois était Cuba.



J'ai choisi mon livre un peu au hasard (couverture et résumé attirants tout de même), en me baladant dans les rayons d’une grande librairie au niveau de la littérature centre et sud américaine.

Résumé :

Ex-animatrice de radio suspendue d'antenne, Nadia Guerra obtient une bourse pour Paris, mais l'art n'est pas sa seule motivation ; elle part aussi à la recherche de sa mère, Albis Torres.
Elle va finalement la retrouver à Moscou. En fouillant ses affaires, elle découvre le journal que celle-ci tenait à Cuba, à la veille de la Révolution, une époque cruciale, journal dans lequel elle fait notamment le portrait de l'héroïne révolutionnaire Celia Sanchez.

Mon avis :

Peu de temps après « Rien ne s’oppose à la nuit », je me retrouve avec un livre qui parle aussi d’une fille à la recherche de sa mère et de son histoire. La comparaison s’arrête là, tant le sujet est abordé de manière totalement différente. J'en retiens surtout la vision de Cuba, offerte par la narratrice (auteur ?) qui a toujours vécu là bas sous le régime de Fidel Castro, une vision bien différente des clubs vacances.

Nadia Guerra est née en 1970, ses deux parents sont artistes, animatrice radio, peintre ou cinéaste et ont grandi (ont participé?) pendant la révolution menée par Fidel Castro. Un jour, sa mère décide comme grand nombre d’artistes cubains de partir en exil devant la censure grandissante.

Elle redécouvre certains souvenirs maternels écrits qui lui rappellent que Cuba n’a pas toujours été comme ce qu’elle connait, que la révolution a été détournée de son but initial. Elle découvre les liens de sa mère avec certains personnages importants de cette période dont Celià Sanchez, une femme de pouvoir mais qui a essayé de rester proche du peuple et s’exposer peu.

On est confronté à l’exil des élites/artistes, qui ne se retrouvent plus dans cet idéal, à la pauvreté, aux coupures de courant, d’eau potable, à une vision de Cuba et de La Havane, à travers les yeux de la narratrice, très différente de celle que l’on peut avoir.

Miami aussi y apparait comme une ville différente, située à seulement 45 minutes d’avion de Cuba mais bien plus en heures de paperasses, elle abrite un quartier cubain important, une communauté qui a essayé de retrouver les paysages et l’ambiance de leur île.

La Russie, terre des idéaux de Fidel Castro, apparait aussi. Son voyage à Moscou, lui fait remarquer le coté sens unique de cette relation, avec l'adoption de beaucoup de "traditions" russes, sans retrouver de retour durant son voyage dans ce pays, sensé être proche sur le plan idéologique. (Ce n'est peut être pas très clair, mais ce sont vraiment des passages que j'ai trouvé intéressants, cette vision de son pays par d'autres nations et les désillusions qui forcément en découlent.)

Par ailleurs, j’ai beaucoup apprécié les extraits de poèmes ou de chansons cubaines qui illustrent les pensées de la narratrice et m’ont fait découvrir des artistes de là bas.

Au total : Une approche de Cuba par la littérature, qui donne envie d’y mettre les pieds.

La prochaine destination : Israël 

Vu qu'on y parle de Miami et de sa liaison proche avec l'île de Cuba, j'en profite pour l'inclure dans le challenge 50 états pour la Floride!