mercredi 18 mars 2015

"Sukkwan Island" de David Vann

Je ne serais pas incapable de savoir quand j'ai entendu parler de ce livre au départ, mais depuis qu'il est dans ma PAL, je me dis qu'il faut que je le cale dans mes lectures. Rien ne vaut une journée pleine de transport !

Résumé

Couverture Sukkwan IslandUne île sauvage du Sud de l’Alaska, accessible uniquement par bateau ou par hydravion, tout en forêts humides et montagnes escarpées. C’est dans ce décor que Jim décide d’emmener son fils de treize ans pour y vivre dans une cabane isolée, une année durant. Après une succession d’échecs personnels, il voit là l’occasion de prendre un nouveau départ et de renouer avec ce garçon qu’il connaît si mal. La rigueur de cette vie et les défaillances du père ne tardent pas à transformer ce séjour en cauchemar, et la situation devient vite incontrôlable. Jusqu’au drame violent et imprévisible qui scellera leur destin.





Mon avis

Pour une fois, je trouve la quatrième très pertinente, qui donne envie, sans en dire trop.
Ce qui est sur, c'est que j'ai cru le fameux rebondissement au premier quart, avant qu'une seconde claque m’assomme à la moitié du livre environ.

L'ambiance est pesante dès les premières lignes. La personnalité du fils et du père intrigue. Rapidement, le père nous parait malade mentalement, et la question de pourquoi apparait.
La survie et la cohabitation apparaissent comme de vrais défis pour ces 2 êtres qui semblent peu se connaitre. La prise de conscience tardive du père sur ses relations avec son fils apporte une explication sur les premières scènes et sur sa manière de réfléchir.

C'est difficile de dire qu'on aime ce livre, les personnages sont peu attachants, le père égoïste au possible, dépressif, et malsain au sens propre du terme ou le fils dont les réflexions toutes adolescentes ne sont pas des plus innovantes.

Roy nous accompagne dans cette première partie, à la découverte de cette ile et de son père. Ses doutes sur sa situation, sa manière d'évoluer dans ses réflexions le rendent finalement assez proche d'une certaine réalité.
L'écriture est immersive tout en nous laissant un peu à l'écart, notamment par  les dialogues écrits un peu comme "La route" avec l'absence de ponctuation franche.

Jim nous accompagne dans la seconde partie, dans sa descente dans la folie, nous interrogeant sur notre manière de réagir dans des situations semblables, tout en me rappelant que finalement, la probabilité que je me trouve dans un évènement similaire est proche du néant, notamment car l'appel de la nature n'est pas trop mon truc.

Alors que penser de ce livre, on est effectivement plongé dans la nature humaine, dans ce qui a de plus noir, de plus malsain.
Nous sommes dans les vices de certains hommes, dans la transmission père-fils. Autant certains livres mettent en évidence la beauté de cette relation, ici nous sommes plutôt dans l'anormalité d'une relation paternelle, dans l'absence de protection maternelle finalement et dans l'inversion des rôles.

Je n'avais pas ressenti cette ambiance aussi malsaine depuis ma lecture de "Délicieuses pourritures"  à la fois de fascination et de répulsion, le besoin de poser le livre pour ne pas être "trop" dedans.

Au total : Une lecture intéressante, dérangeante. Une ambiance très bien retranscrite, des émotions qui passent avec peu de mot.

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Lettre V 6/26 199 pages


2 commentaires:

  1. Une lecture très dure qui me reste encore !

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  2. Je pense que je vais m'en souvenir un bon moment aussi ...

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