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lundi 4 avril 2016

[Roman graphique] Le sculpteur de Scott McCLoud

Recu dans le cadre de l'opération Price Minister pour le festival d'Angoulème, un roman graphique qui me tentait bien par le thème abordé. J'avoue avoir eu une petite surprise quand j'ai vu l'épaisseur de ce livre, mais aucune déception à la fin de ma lecture

Résumé

Couverture Le Sculpteur 

David Smith consacre sa vie à l'art – jusqu'à l'extrême. Grâce à un pacte avec le diable, le jeune artiste voit son rêve d'enfance réalisé : pouvoir sculpter tout ce qu'il souhaite, à mains nues. Mais ce pouvoir hors norme ne vient pas sans prix... il ne lui reste que 200 jours à vivre, pendant lesquels décider quoi créer d'inoubliable est loin d'être simple. D'autant que rencontrer l'amour de sa vie le 11ème jour ne vient rien faciliter.



Mon avis

Ce roman graphique est un coup de cœur, à la fois pour le graphisme et l'histoire retracée.

David Smith, nom ordinaire au destin qui l'est moins, sculpteur talentueux dès le plus jeune âge, repéré tôt qui se grille auprès des acheteurs sur des erreurs de jeunesse.
Nous le découvrons vers 25 ans
à la recherche du succès perdu, dans une dépression assez profonde.
J'ai aimé ressentir par les cases les émotions de David ressentir de l'empathie juste sur les traits et les situations.
Il faut pour apprécier ce livre aimer les personnages malmenés par leur auteur ; il n'existe que quelques pages, jours de répit dans ce récit.

Sa rencontre avec Harry va changer sa vie, et surtout sa manière de sculpter. Je me suis attachée à ce David torturé qui apprend à transmettre les émotions à la pierre et à associer le soi et ce que les autres recherchent dans une sculpture.




Les personnages qui gravitent autour de lui sont tout aussi intéressants, que ce soit Ollie, dont l'amitié est indefectible ou Meg forte et fragile à la fois, fantasque et décalée qui apporte ce vent de folie au sérieux initial de David tout en lui apportant une certaine stabilité. Leurs relations sont fortes, subissent des étapes, des épreuves mais restent crédibles.


Les dessins sont extrêmement forts, soutenus par du texte qui n'est jamais prépondérant et tout en douceur du fait des choix de couleurs, blanc, gris, noir et bleu. Le trait est bien net, et apporte le mouvement ou l'émotion qui suffit à comprendre la scène.







Les pages sont parfois libres de texte, souvent avec un premier tiers sur tout la largeur de la page, et un second tiers avec des marges, ce qui lui donne un profil assez particulier et permet de repérer finalement les passages forts, lorsque l'émotion prend tout la page. 

On peut survoler ce livre en tournant les pages ou prendre le temps d'apprécier les détails de chaque case et se laisser porter par l'émotion et la ville de New York très bien retranscrite.

Au total : Un très beau roman graphique sur le thème de l'âme damnée. Des dessins forts qui portent une histoire universelle. Je le recommande vivement.

mercredi 13 mars 2013

[BD]"Demain, Demain" de Laurent Maffre

Lue dans le cadre de La BD fait son Festival chez Priceminister, j'ai choisi cette bd devant le thème, le titre que je trouve plein d'optimisme et la couverture noire et blanc qui m'intriguait

Résumé




- Ca c'est pas une maison, ça c'est une cabane, dans une cabane il pleut, dans une cabane il fait froid !
À la croisée du documentaire et de la fiction, le destin d'une famille algérienne, du bidonville de Nanterre à son relogement.

Source : site Acte Sud






Mon avis :

Cette bande dessinée faisait partie de la sélection officielle du dernier festival d’Angoulême.

Retraçant l'histoire de Kader, et de sa famille arrivée d'Algérie pour vivre en France, et contrairement à ce qu’ils pensaient dans le bidonville de Nanterre, proche des travaux de la Défense dans les années 60s.

On retrouve dans ce livre, pleins de thèmes que je ne lis pas souvent en bulles, notamment à tout ce qui touche l'immigration et ses conséquences : la misère, l'entraide nécessaire pour continuer, les illusions perdues. Loin de nous faire couler des larmes, cette histoire met en avant le courage de ces hommes et femmes, qui dans l'espoir du plein emploi sont venus en France pour gagner leur vie, ont abandonné village et terre natale pour un avenir meilleur, notamment pour leurs enfants.

L'histoire est narré à la fois du coté des hommes, qui travaillent sur les bâtiments en construction qu'ils ne peuvent pas habiter, sur leur démarches permanentes auprès de l'administration française pour obtenir un logement décent, le racisme ambiant, mais aussi du coté de femmes, de leur rêves brisés et du quotidien dans un logement qui ne tient que par leur courage, là où les réparations sont interdites, où l'humidité est permanente, alors qu'il n'y a pas d'eau potable.
Blogger ne veut pas la mettre dans le bon sens...

Malgré un temps assez court qui nous est relaté (environ 4 ans), les changements politiques des différentes périodes sont bien intégrés avec notamment l'indépendance de l'Algérie et ses répercussions sur leur vie quotidienne.
On perçoit de manière criante toute l'ambivalence de notre pays, heureux d'accueillir de la main d’œuvre, mais refusant de les intégrer de manière décente, sauf s'ils changent de nationalité (et encore...).


Les dessins sont vraiment beaux, en noir et blanc, criant de précisions notamment sur les grand plans, et marquent souvent le contraste entre leur condition de vie et ce qu'ils construisent.

Au total : Une bande dessinée qui m'a charmé tant par le thème traité avec plein de pudeur que des dessins magnifiques. Par contre, je n'ai que peu d'espoir à la sortie de cette lecture, contrairement à ce que le titre me laisser croire...

Ma note : 17/20