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jeudi 9 mars 2017

"Le soleil des Scorta" de Laurent Gaude

En pleine réflexion sur l'auteur à présenter à mon prochain book club et en préparation d'un week end à Milan, je suis tombé sur ce roman qui traine dans ma PAL depuis 2013 (et oui...) et je l'ai dévoré le temps de mon week end, plongée dans cette Italie du Sud

 Résumé

La lignée des Scorta est née d'un viol et du péché. Maudite et méprisée, cette famille est guettée par la folie et la pauvreté. A Montepuccio, dans le sud de l'Italie, seul l'éclat de l'argent peut éclipser l'indignité d'une telle naissance. C'est en accédant à l'aisance matérielle que les Scorta pensent éloigner d'eux l'opprobe. Mais si le jugement des hommes finit par ne plus les atteindre, le destin, lui, peut les rattraper. Le temps, cette course interminable du soleil brûlant les terres de Montepuccio, balayera ces existences de labeur et de folie. A l'histoire de cette famille hors du commun se mêle la confession de sa doyenne, Carmela, qui résonne comme un testament spirituel à destination de la descendance. Pour que ne s'éteigne jamais la fierté, cette force des Scorta.

Mon avis

Il est certain livre dont on ne sait comment en parler, tellement il y a de choses à dire tout en voulant un peu les garder pour soi !

Je me suis complètement plongée en Italie du sud grâce à ce roman. Les descriptions nous amènent dans les Pouilles, dans ce pays chaud, plein de cailloux, d'oliviers et de pécheurs.

Il s'agit d'une chronique familiale mais aussi d'un village qui montre un certain mode de vie, où les trajets étaient longs (en âne notamment), les déplacements plus calculés et un isolement géographique qui s'estompe avec le temps. Sans être un huis clos, on ressent la vie de ce village et la pression de la vie en communauté qui s'exerce, à la fois alternant entre rivalité et entraide.

La famille Scorta est quant à elle touchante et parfois déstabilisante. Elle centre le récit et le point de vue tout en permettant du fait de ses différents membres de prendre du recul. Nous sommes plongés dans la vie du début du XXème siècle où la pauvreté était monnaie courante et nous voyons les évolutions de carrière, d'objectifs et surtout de caractère de chaque membre.

J'ai aussi beaucoup aimé la succession des prêtres qui reflète à la fois leur rôle repère ou délétère, selon leur interprétation de la religion et de ses préceptes et leur intégration dans un village qu'ils découvrent.

Contrebande, trafic humain, voyage en Amérique, guerre d'Espagne, tourisme de masse, tout un siècle en fil rouge à travers la vie d'une famille ! 

Au total : Un roman familial dans l'Italie du Sud qui retrace le XXème siècle. Un Goncourt franchement accessible !

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Lettre G 321 pages

samedi 19 septembre 2015

"Au revoir là-haut" de Pierre Lemaitre

Il y a des auteurs où les circonstances font qu'en peu de temps, les lectures s'enchainent. Ce livre fait partie de mon challenge avec LilieSiChouette.

Résumé (4ème de couverture (raccourci))

Couverture Au revoir là-haut
Rescapés du chaos de la Grande Guerre, Albert et Edouard comprennent rapidement que le pays ne veut plus d'eux. Malheur aux vainqueurs ! La France glorifie ses morts et oublie les survivants. Albert, employé modeste et timoré, a tout perdu. Edouard, artiste flamboyant mais brisé, est écrasé par son histoire familiale. Désarmés et abandonnés après le carnage, tous deux sont condamnés à l'exclusion.
(...)
 Bien au-delà de la vengeance et de la revanche de deux hommes détruits par une guerre vaine et barbare, Au revoir là-haut est l'histoire caustique et tragique d’un défi à la société, à l'État, à la famille, à la morale patriotique responsables de leur enfer.

 Mon avis

Un livre dont on a beaucoup parlé à sa sortie, notamment grâce au fait qu'il est gagné le prix Goncourt.

Je suis contente de l'avoir lu à distance de tout le battage médiatique car je pense que j'aurais été déçue.

Je ne peux nier les qualités de ce récit. La première partie nous amène dans le champ de bataille de manière tellement incisive. J'ai ressenti les scènes de chaos autant qu'en film ou série, ressenti le désarroi d'Albert.
Après cette première partie tellement intense, j'ai ressenti un coup de mou, qui repart assez tardivement, probablement lié aussi au quatrième de couverture que l'on attend.

L'après guerre est difficile pour ces soldats blessés. Leur égo, amour propre en a pris un coup et on découvre la manière de chacun de le gérer. J'ai aimé les différents personnages, leur manière de se croiser et d'attendre la rencontre finale qui finalement n'a pas le rebondissement que je souhaitais.

Albert,antihéros par excellence, est touchant, maladroit. Son évolution est particulièrement touchante. La force de ce récit est de l'avoir rendu vivant, d'avoir cette impression qu'on pourrait le croiser dans la rue. Les descriptions sont réalistes sans être trop présentes et j'étais capable de m'imaginer Paris et les personnages qui déambulent dans les quartiers cités.

Edouard m'a laissé plus de marbre, mais je pense que son caractère très ambivalent y est pour quelque chose. L'envie de compatir, l'empathie s'éloigne au fur et à mesure. Ses difficultés de santé sont le centre du roman, et donne une image complémentaire de la Chambre des officiers de Marc Dugain (une de mes première chronique d'ailleurs).

De l'autre coté, on a ceux moins touchés par la guerre, notamment Henri, officier considéré comme un héros pour les hautes sphères de l'armée, mais qui du point de vue des soldats l'est beaucoup moins. Un homme antipathique pour plein de raisons et dont on espère et attend la chute tout au long du récit.
Son pendant est le père d'Edouard, homme touchant dont on découvre les failles au fur et à mesure du roman. Leur lien, Madeleine, nous montre l'image d'une femme forte sous des dessous fades. J'ai beaucoup aimé sa douceur et sa manière de gérer sa vie, dans une époque difficile pour les femmes.

Deux escroqueries se déroulent sous nos yeux dans ce contexte d'après guerre et pose la question de la mémoire des héros. Que peux t-on attendre de l'Etat, quel est le prix à mettre pour ces martyrs, victimes de la guerre ? Le but final des deux est le même : l'argent. Cependant l'une nous semble moins difficile à admettre que l'autre. La question des motivations de chacun, de leur humanité apporte une pondération à ces délits.

Au total : Un livre dense avec des histoires et des personnages qui se croisent. Une récit d'après guerre qui met en avant la difficulté de réinsertion des soldats et la corruption. Une jolie découverte malgré un peu creux de narration après la première partie. L'écriture est très visuelle et immersive permettant une lecture très agréable.

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mercredi 25 février 2015

"La vie devant soi" d'Emile Ajar

Il y a des classiques difficiles d'approche. Celui la en fait partie, pour ma part en tout cas.

Résumé

Couverture La Vie devant soi Editions Folio  2003Histoire d'amour d'un petit garçon arabe pour une très vieille femme juive : Momo se débat contre les six étages que Madame Rosa ne veut plus monter et contre la vie parce que "ça ne pardonne pas" et parce qu'il n'est "pas nécessaire d'avoir des raisons pour avoir peur".




Mon avis

J'avais entamé ce livre il y a quelques mois, laissé de coté car je n'accrochais pas particulièrement au personnage principal. Il a été choisi pour le book club de février, alors je me suis obligée à le terminer.

Autant le début est fastidieux, l’écriture laborieuse, un peu comme "Des fleurs pour Algernon", autant le dernier tiers m'a paru bien plus facile. Peut-être ai-je enfin réussi à rentrer dans le propos, peut-être est ce parce qu'on se détourne des bouts de vie du quartier de Belleville et de Madame Rosa pour arriver à un fil rouge qu'est sa din de vie.
Certaines scènes sont poignantes, notamment les discussions entre le Dr Katz et Momo, ou la scène finale qui m'a particulièrement captivée mon attention. Beaucoup de sujets abordés semblent ainsi encore et toujours d'actualité.

Pourtant ce livre avait beaucoup de chose pour me plaire, notamment des protagonistes qui se veulent attachants avec une relation forte entre eux, avec des religions que tout oppose au vue des actualités, des rebondissements, comme la manière dont Momo découvre son âge réel.

Malheureusement l'écriture m'a laissé de marbre et plus dérangée, m’empêchant d'entrer dans l'histoire et d'être émue par les aventures de Momo, ou la déchéance physique de Madame Rosa.
 De plus, mon édition spécial lycée, mettait en avant un certain humour qui m'a complètement échappé.

Au total : Je suis passée à coté de ce livre pendant les deux premiers tiers. Insuffisant pour me convaincre, mais je peux comprendre le succès de ce livre.