mardi 20 septembre 2016

"La valse des arbres et du ciel" de Jean Michel Guenassia


J'ai une certaine passion pour les peintres fin XIXème, dans cette peinture vivante où les paysages et personnages sont reconnaissables tout en étant plus dans le ressenti que la vision primitive. La vie de Vincent Van Gogh m'est connue dans les grandes lignes et je ne me suis jamais vraiment posé de question autre que la version officielle. J'ai dévoré de roman qui met en scène ce peintre et une jeune femme enfermée dans sa société.

Résumé

Couverture La valse des arbres et du ciel 
Auvers-sur-Oise, été 1890. Marguerite Gachet est une jeune fille qui étouffe dans le carcan imposé aux femmes de cette fin de siècle. Elle sera le dernier amour de Van Gogh. Leur rencontre va bouleverser définitivement leurs vies.Jean-Michel Guenassia nous révèle une version stupéfiante de ces derniers jours. Et si le docteur Gachet n'avait pas été l'ami fidèle des impressionnistes mais plutôt un opportuniste cupide et vaniteux ? Et si sa fille avait été une personne trop passionnée et trop amoureuse ?




Mon avis

J'ai dévoré ce roman retraçant la vie de Marguerite Gachet, sa vie provinciale, et sa relation avec sa famille notamment  son père, médecin et collectionneur d'art radin.
Portrait of Dr. Gachet.jpg
Source : https://fr.wikipedia.org/wiki

Marguerite jeune fille de bonne famille idéaliste, oscillant entre femme rebelle et adolescente en crise. On sent à travers ce livre l'ambivalence dans la quête de liberté et la difficulté de tout quitter pour réaliser son rêve. La vie provinciale est bien décrite à mon avis, entre déjeuner mondain et nécessité de garder contact avec la capitale... J'avoue avoir eu une pensée pour Mme Bovary ou Maupassant mais mes souvenirs lointains de ces deux auteurs ne sont peut être pas très réels.

De l'autre coté, nous avons Vincent Van Gogh, peintre en quête de reconnaissance mais bien installé dans son type de peinture, exilé à Auvers sur Oise pour soins médicaux et qui y trouve une certaine inspiration. J'ai aimé lire ses séances de peinture imaginaire et aller jeter un coup d’œil sur les toiles décrites.
Il y a forcément plein de choses de romancées dans cette relation mais j'ai aimé suivre l'évolution de ces 2 personnes si différentes et semblables.
Les personnages secondaires sont assez transparents par ailleurs, que ce soit le frère, le prétendant ou l'amie, assez classiques, ne sont là que pour mettre en lumière Marguerite et Vincent V. Seul le père sort un peu du lot, et dénote par son cynisme et son sens un peu trop exacerbé des conventions sociales.


Vincent van Gogh - The Church in Auvers-sur-Oise, View from the Chevet - Google Art Project.jpg
Source : wikipedia
Le texte est parsemé de notes en italique, reprenant des extraits de journaux notamment. Elles permettent de resituer le contexte historique notamment artistique et politique et apporte une autre lecture à ce roman.
La thèse soulevée par ce livre est intéressante mais je ne sais quoi en penser tant elle diverge de l'histoire "officielle" du peintre.







Au total : Une plongée dans la bourgeoisie provinciale du début XX par le biais d'un des peintres phare de cette époque.

challenge12016br

dimanche 18 septembre 2016

"Manesh" de Stéphane Platteau

Il est de ces livres dont on est sûr qu'ils sont pour nous et qu'ils vont nous enchanter ...
Croisé lors de mes premières imaginales, j'ai été fasciné par l'auteur et l'univers qu'il me décrivait sans oser franchir le cap, c'est finalement grâce au club de lecture que j'ai pris le temps de découvrir ce roman et j'ai adoré !

Résumé


Quelque part dans la nordique forêt du Vyanthryr, les gabarres du capitaine Rana remontent le fleuve vers les sources sacrées où réside le Roi-diseur, l’oracle dont le savoir pourrait inverser le cours de la guerre civile. À bord, une poignée de guerriers prêts à tout pour sauver leur patrie. Mais qui, parmi eux, connaît vraiment le dessein du capitaine ? Même le Barde, son homme de confiance, n’a pas exploré tous les replis de son âme. Et lorsque les bateliers recueillent un moribond qui dérive au fil de l’eau, à des milles et des milles de toute civilisation, de nouvelles questions surgissent. Qui est Le Bâtard ? Que faisait-il dans la forêt ? Est-il un danger potentiel, ou au contraire le formidable allié qui pourrait sauver l’expédition de l’anéantissement pur et simple ?

Mon avis

Je suis rentrée très facilement dans l'univers de ce livre, sur ce fleuve entouré de foret qui m'a fait penser à l'Amazonie.
L'histoire de ce pays et les légendes qui s'y rattachent nous sont distillés peu à peu, notamment à travers le récit de Manesh. On sent rapidement l'importance des astres ce soit coté lunaire ou solaire.

Nous suivons les aventures de Manesh et des Gabarres par la voix de Fintan, à la fois journal de bord et récit mythologique. 
Manesh nous dévoile son histoire, et son épopée nous fait découvrir une partie du royaume, avant la guerre. On y parle religion, croyances anciennes. Son aventure m'a fascinée et je revenais parfois difficilement au temps présent, celui de Fintan, sur les gabarres et à leur remontée sur le fleuve.

Les Gabarres sont un espace clos, qui apportent leur lot de société humaine avec tension et moment de camaraderie. J'ai apprécié découvrir cette vie embarquée et les personnages qui s'y associent. Tous n'auront pas le même rôle ou le même intérêt mais forme un ensemble cohérent. Ces passages de quotidien nous rattache à une certaine réalité. Certaines personnages, notamment féminin gardent pleins de questions en suspens et je serais ravie de découvrir la suite, centrée à priori sur Shakti.

La foret, quant à elle, est un personnage à part entière, magique et mystérieuse, pleine de surprises et de traces du passé qui apparaissent volontairement ou se cachent.

Au total : Un univers dense que l'on apprivoise progressivement grâce aux récits croisés de Fintan et Manesh.

D'autres avis chez Anassete, Blacky qui ont déjà lu la suite et me donne envie de m'y plonger sans trop tarder ! Mais aussi chez Vert,

vendredi 2 septembre 2016

"Un paquebot dans les arbres" de Valentine Goby

Fruit de ma participation au financement de la librairie proche de chez moi (cf le marque page sur la photo), j'ai dévoré ce texte dont les premiers échos sont positifs.

Résumé


Au milieu des années 1950, Mathilde sort à peine de l’enfance quand la tuberculose envoie son père et, plus tard, sa mère au sanatorium d’Aincourt. Cafetiers de La Roche-Guyon, ils ont été le coeur battant de ce village des boucles de la Seine, à une cinquantaine de kilomètres de Paris.
Doué pour le bonheur mais totalement imprévoyant, ce couple aimant est ruiné par les soins tandis que le placement des enfants fait voler la famille en éclats, l’entraînant dans la spirale de la dépossession. En ce début des Trente Glorieuses au nom parfois trompeur, la Sécurité sociale protège presque exclusivement les salariés, et la pénicilline ne fait pas de miracle pour ceux qui par insouciance, méconnaissance ou dénuement tardent à solliciter la médecine.



Mon avis

Un très beau roman qui traite de thèmes que je n'ai pas forcément l'habitude de voir abordés.
 La période historique d'abord, l'après seconde guerre mondiale, l'apparition de la prise en charge sociale et médicale notamment la Sécurité Sociale pour garantir à tous un accès aux soins. Ce roman nous rappelle à quel point il s'agit d'un progrès social et la nécessité de la préserver.
L'évolution de la médecine transparait aussi durant ce récit. Effectivement Paulot et sa famille dont en partie les frais des balbutiements des thérapeutiques, ou des diagnostics. L'acceptation de la tuberculose fait écho à d'autres pathologies actuelles dont la transmission est le plus souvent fantasmée. Soixante ans plus tard, les problématiques ont évolué sur la forme mais pas sur le fond.

Les personnages sont un élément clé du livre.  

Comment ne pas vivre avec Mathilde, ses joies, ses galères, son enfance, sa rage de vivre ? 
Ce personnage est tellement vivant, tellement vrai. J'ai aimé sa détermination, ses faiblesses, sa loyauté envers sa famille.
Il y a tellement d'opposition avec sa sœur Annie, si bien décrite comme de passage, et tellement d'amour avec son frère Jacques. Elle devient malgré elle la pierre angulaire de cette famille éclatée et le subit tout en l'assumant et en maintenant son équilibre.

Mathilde qui s'entoure de personnages auxquels on ne croit pas forcément mais qui ont leur place dans son histoire, dans l'histoire.
Jeanne, adolescente touchante, l’idolâtre, son caractère et ses difficultés en font rarement un personnage clé dans les romans. Antoine, son frère, nous rappelle les dommages des guerres sur les soldats rentrés au pays. Et tous les gens du village, les aidants et les opposants ont leur place dans cette société semi rurale, proche de Paris sans en connaitre les bénéfices.

Enfin, il y a Paulot, solaire dans le début du roman avec le coeur sur la main, qui s'éteint progressivement et devient lunaire. Il reste l'homme autour duquel tourne sa famille tout en étant le point de départ de ses difficultés.

Il existe dans ce roman une critique de la société de cette époque, à travers la reconversion ratée d'Odile et Paulot, ou le peu d'avenir existant une fois entré dans le sanatorium sans parler de l'incompétence de l'assistante sociale ... Certaines scènes dans la mairie ou l'église sont des exemples de la lâcheté humaine et de notre difficulté à lâcher nos acquis sociaux et à tendre la main aux plus démunis.

Tout ceci est porté par l'écriture magnifique de Valentine Goby, qui m'avait peu touchée dans KinderZimmer, alors que le sujet était tout aussi fort, avec déjà des femmes au premier plan.
 Dans ce roman, elle se révèle vraie dans les moments pleins d'émotion sans larmoiement inutile. Elle relate sa rencontre avec la femme qui a inspiré ce roman pleine de douceur, et juste évoquée à certains moments pour nous remettre dans cette opposition actuelle/passé pas si lointain.

Au total : Un excellent moment de lecture, que je ne peux que recommander.


challenge12016br

mercredi 24 août 2016

"Omale" de Laurent Genefort

Lecture d'été du forum Planète SF, je me suis laissée tenter au vue des avis positifs de cette série. Je n'ai lu que le premier livre de cette édition, me réservant la suite pour plus tard (d'autant qu'elle semble moins entrainante que ce tome).

Résumé

Couverture Omale, intégrale, tome 1
Dans un lointain futur... trois espèces cohabitent sur Omale les humains, les Chiles et les Hodgqins. Six individus se retrouvent en possession d'un bris d'œuf et décident d'en décrypter l'inscription. Ils s'embarquent sur une nef aérienne afin d'accomplir la quête pour laquelle ils ont été élus. C'est au cours d'un vol mouvementé qu'ils apprendront progressivement à se connaître grâce au fejij, le jeu des relations chile - subtil révélateur des caractères, des personnalités et des leçons du passé.


 

Mon avis

J'ai déjà lu Points chauds du même auteur, dont j'avais aimé l'univers. J'ai retrouvé dans ce roman les même défauts que dans ma lecture précédente, un univers intéressant, dense mais tout est trop rapide, survolé.

J'ai adoré les personnages, six explorateurs différents par la race, le passé, plein de ressemblances et d'antagonisme. Leurs histoires nous sont contées au fur et à mesure, nous ouvrant l'esprit sur Omale, cette planète bien mystérieuse que ce soit par sa géographie, sa population constituée de 3 rehs ou son histoire. J'ai aimé découvrir le tout et j'ai envie de poursuivre ma plongée dans ce monde si différent. Il y a pleins de piste de réflexion dont le parallèle avec le monde actuel est assez flagrant, que ce soit la place de la technologie et de la survie à tout prix, de la tolérance des différences et de l'intégration des religions dans la société. On devine ce monde plein d'histoire et riche en référence.

Le fil conducteur est truffé cependant de facilités, notamment la réunion des 6 personnages embarqués sur la même nef, certains combats. Le rythme est soutenu avec de nombreux rebondissements, peut être trop d'ailleurs et souvent l'histoire avance d'un coup en quelques pages sans qu'on ait le temps de bien saisir l'ensemble des choses et je me suis prise à regretter des descriptions plus précises des actions.

Au total : Une lecture sympathique qui ouvre sur un univers exploité finalement sur 2 livres d'environ 1000 pages chacun qui devrait m'aider à oublier ce sentiment de trop peu.

dimanche 21 août 2016

"Harry Potter and the Cursed Child" de Jack Thorne et John Tiffany

Oui j'ai craqué et lu cette pièce de théâtre, la tentation était trop forte. J'en profite pour souligner qu'il s'agit de ma première lecture en anglais de l'année !

Résumé

Couverture Harry Potter et l'enfant maudit
Être Harry Potter n'a jamais été facile et ne l'est pas davantage depuis qu'il est un employé surmené du ministère de la Magie, marié et père de trois enfants. Tandis que Harry se débat avec un passé qui refuse de le laisser en paix, son plus jeune fils, Albus Severus, doit lutter avec le poids d'un héritage familial dont il n'a jamais voulu. Le destin vient fusionner passé et présent. Père et fils se retrouvent face à une dure vérité : parfois, les ténèbres surviennent des endroits les plus inattendus.



Mon avis

Je savais que je risquais la déception en me lançant dans cette suite de la série qui a marqué ma post adolescence.

Effectivement j'ai assez souvent levé les yeux au ciel que ce soit dans les comportements d'Albus, digne fils de son père dans les idées foireuses et la mise en danger inutile, ou d'Harry, inchangé, voir transformé en faux père poule, mais qui ne s'occupe que d'un seul de ses enfants.

La nostalgie est toujours là et on retrouve avec plaisir les personnages qui ont fait la légende des livres, même si certains ont une évolution bizarre et peu compatible, à mon avis, avec leur âge supposé (Mac Gonagall), et d'autres sont tristement absents (Neville).

L'intrigue en elle même n'est pas vraiment claire, et ressemble plus à une succession de petites intrigues qu'à une histoire aussi complète qu'espérée et surtout un certain manque d'originalité par rapport aux anciens tomes.

Alors il y a de bonnes surprises avec des personnages qui se révèlent et qui correspondent à notre espoir, mais je ne suis pas sure que ca relève vraiment le niveau.
Je suis cependant curieuse de voir cette pièce sur scène vu le nombre de scène, d'action et de changement de point de vue, bref le manque d'unité globale ...

Au total : Une lecture qui s'impose pour les gens qui ont grandi dans l'univers HP, mais qui ne vaut pas la série originale.

https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgZIaX9EOyeLMLIvhltZNabpfHVoQlj_mVUV0rPZOUI63ERGclENgD_eF80OvQi7RBNPNF-dH8pK_i3dLXRc4XOMWh6UKThwP0udBuz5DSWDTOa3Lv4SPNxVEabzAT03gUgmwM4PuBJbj7u/s320/abc2016.jpg
Lettre T : 14/26
https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgd0gj7FEcPCKCqEiy-hIP2ZdeXLrSnUagjGHfsSHKL_vz01LOIQJPHmnWXjPn3mF_rfIxnQCT4INXK-YGQ0DSVrgXHZmowQgOTDNeM0wRGQShw0iZFpZHxwpgYgduUEmwVnikEkehVij0/s1600/Challenge+Read+in+English+13.jpg

dimanche 14 août 2016

Anthologie des Imaginales 2016 : Fées et Automates

Mue par l'impulsion de MarieJuliet et Blacky, j'ai fait aussi la chasse au dédicace pour l'anthologie et me suis incrustée dans leur lecture commune avec Snow et PtiteTrolle. Il n'y a pas à dire une LC ça motive à la lecture et surtout des moments de commentaires vraiment sympas (et parfois des explications sur les textes obscurs) !


Couverture Fées & Automates

 Le thème de l’anthologie des Imaginales 2016 ose le face à face entre deux personnages archétypaux provenant de mondes différents. La fée, figure principale de la rêverie médiévale, du fantastique, de la fantasy, et l’automate, un produit de la culture quasi industrielle, de la pensée scientifique, de la science-fiction. Deux univers qui s’opposent sans doute, mais dont la rencontre est propice à l’imagination et fait jaillir des étincelles. Cette anthologie va vous étonner et vous passionner.


Smoke et miroirs d'Estelle Faye

Un première nouvelle assez abrupte, séparée en trois parties assez inégales. En en discutant je crois que je suis passée à coté, et n'ai pas forcément percu le message. Après j'ai apprécié l'écriture et l'intrication des 3 parties.

Le Rouet Noir de Charlotte Bousquet

Un univers que je ne maitrise pas (Jadis, aux éditions Mnmos et qui a bénéficié d'un financement participatif), et une écriture assez travaillée. J'ai eu un peu de mal à me plonger dedans, puis tout a coulé tranquillement jusqu'au dénouement. Les fées et automates n'ont pas vraiment la première place dans cette nouvelle ...

Le crépuscule et l'Aube de Fabien Cerutti

Une nouvelle que j'ai bien aimé, dans l'univers du Batard de Kosigan. De l'action, des fées en danger et une chute porteuse d'espoir ! Il faut que me lance dans le tome 2 de la série.

Le comte et l'horloger de Benoit Renneson

Auteur que je ne connais pas et qui n'était pas présent aux imaginales. J'ai trouvé le texte assez classique et le style un peu simple. Pas mauvais mais pas transcendante.

L'énergie du désespoir d'Adrien Tomas

Je n'ai pas encore lu de livre de cet auteur, mais aux Imaginales j'avais aimé son humour lors des conférences. J'ai beaucoup aimé ce texte dynamique avec un univers bien maitrisé malgré le format nouvelle et la bonne utilisation des personnages imposés. Il y a de l'humour gras mais aussi une certaine ironie notamment dans la chute !

L'étalon de Paul Béorn

Une nouvelle assez sombre (comme la suivante). Au fur et à mesure du recueil, je vois que l'association Fées et automates tournent souvent autour des même thèmes. Elle ne me laissera pas un grand souvenir (même si l'explication du titre prête à sourire)

Magie de Noel de Gabriel Katz

Assez sombre aussi comme nouvelle, une chute assez abrupte, un peu courte... J'ai aimé voir le 16è se transformer en "no go" zone, pour les fées et les automates, pas assez exploité à mon gout.

Al de Nabil Ouali

Pas sure d'avoir tout saisi, notamment l'absence de fée de manière évidente. Un univers assez violent, et un dernier paragraphe qui termine tristement ce texte.

Le tour de Vanderville de Pierre Gaulon

Pas mal de discussion sur ce titre et notamment sa chute qui déçoit clairement. Une pirouette finale qui casse l'entrain de départ.

AuTOMate de Pierre Bordage

Assez mitigée sur ce texte, les fées et automates étaient judicieusement placés mais un coté très misogyne se dégage de ce texte. Il est de plus rempli de cliché sur les hommes informaticiens en général ce qui ne peut que m’embêter !

Son dernier coup d'échec de J.C Dunyach et Mike Rennick

Une nouvelle qui manque de fée, mais qui m'a beaucoup plu. Un univers extraterrestre bien exploité, un tournoi d'échec contre des limaces et une nouvelle qui m'a fait penser à la nouvelle de S. Zweig, "le joueur d'échec", référence à mes yeux.

Tsimoka de Cindy Van Wilder

Dans l'univers des Outrepasseurs, avec des "Fés"; de la magie volée et un mélange bien amenée avec les automates, et un voyage en Afrique ! J'ai bien aimé cette nouvelle et replonger dans cette ambiance.

Le plateau des chimères de Lionel Davoust

Dernière nouvelle et une de meilleures. Des choix cornéliens pour les 2 personnages qui s'affrontent, les éléments nécessaires à la compréhension du monde dans lequel ils survivent, une fin pleine de rebondissements. Bref une bonne nouvelle.

Au total : Un recueil assez inégal avec du bon, mais pas d'excellent et du moins bon soit sur le style soit dans les idées où le thème était mal exploité, trop resté dans les classiques, trop sérieux...
Par contre je me plongerai surement dans les prochaines anthologies !

L'avis de mes co-lecteurs : MarieJuliet, Blacky, Snow, Trolle
https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgZIaX9EOyeLMLIvhltZNabpfHVoQlj_mVUV0rPZOUI63ERGclENgD_eF80OvQi7RBNPNF-dH8pK_i3dLXRc4XOMWh6UKThwP0udBuz5DSWDTOa3Lv4SPNxVEabzAT03gUgmwM4PuBJbj7u/s320/abc2016.jpg
LEttre X 221 pages







lundi 8 août 2016

"Parle leur de bataille, de roi, d'éléphants" de Mathias Enard

Une envie de contemporain, un livre que l'on m'avais recommandé lors d'une réunion de lecture, je me suis laissée tentée par ce voyage alors que je ne me souvenais pas du résumé.

Résumé

Couverture Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants13 mai 1506, un certain Michelangelo Buonarotti débarque à Constantinople. A Rome, il a laissé en plan le tombeau qu'il dessine pour Jules II, le pape guerrier et mauvais payeur. Il répond à l'invitation du Sultan qui veut lui confier la conception d'un pont sur la Corne d'Or, projet retiré à Leonardo da Vinci. Urgence de la commande, tourbillon des rencontres, séductions et dangers de l'étrangeté byzantine, Michel Ange, l'homme de la Renaissance, esquisse avec l'Orient un sublime rendez-vous manqué.





Mon avis

Je connais assez peu la vie de Michel Ange et j'ai voyagé clairement dans Istanbul et dans la Renaissance.

J'ai aimé l'ambiance de la ville parfaitement retranscrite qui nous fait découvrir des lieux qui me sont inconnus et donnent envie de prendre le premier vol pour Constantinople. MichelAnge est un artiste qui apparait tourmenté par son art, par ses problèmes financiers.
Le statut d'artiste de l'époque m'a semblé bien retranscrit entre tiraillement artistique pur, se faire plaisir et créer des œuvres qui passeront les années, tout en étant respecté et surtout payé. La  relation entre le sculpteur et son guide fait aussi partie des forces de ce livre. L'ensemble des personnages secondaires apportent à l'ambiance et au récit.

L'intrigue est bien travaillé par ailleurs, avec cette voix, ces chapitres qui prennent tout leur valeur par la suite et donne l'envie d'une relecture.

Au total : Une plongée dans la Renaissance orientale qui m'a donné envie de connaitre mieux MichelAnge et surtout Mathias Enard, prix goncourt 2015.

https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgZIaX9EOyeLMLIvhltZNabpfHVoQlj_mVUV0rPZOUI63ERGclENgD_eF80OvQi7RBNPNF-dH8pK_i3dLXRc4XOMWh6UKThwP0udBuz5DSWDTOa3Lv4SPNxVEabzAT03gUgmwM4PuBJbj7u/s320/abc2016.jpg
lettre E : Historique 176 pages

vendredi 5 août 2016

"Dix petits nègres" d'Agatha Christie

Lu lors de ma scolarité, un de mes premiers policiers, je me souvenais du coupable et j'ai cherché pour la peine des indices au fur et à mesure !

Résumé


Couverture Dix Petits Nègres Editions Le Livre de Poche 2015Dix personnes apparemment sans point commun se retrouvent sur l'île du Nègre, invités par un mystérieux M. Owen, malheureusement absent. Un couple de domestiques, récemment engagé, veille au confort des invités. Sur une table du salon, dix statuettes de nègres. Dans les chambres, une comptine racontant l'élimination minutieuse de dix petits nègres. Après le premier repas, une voix mystérieuse s'élève dans la maison, reprochant à chacun un ou plusieurs crimes. Un des convives s'étrangle et meurt, comme la première victime de la comptine. Une statuette disparaît. Et les morts se succèdent, suivant le texte à la lettre. La psychose monte. Le coupable se cache-t-il dans l'île, parmi les convives ?

Mon avis :


Ce livre est un huis clos oppressant, sur une île bien mystérieuse. Les personnages sont succinctement présentés au départ, de manière assez floue initialement, mais nous les découvrons au fur et à mesure. J'avoue avoir eu quelques difficultés à repérer certains entre eux initialement.

J'ai aimé dans ce texte l'absence de policier classique, c'est à dire d’enquêteur trouvant le petit détail qui permet de faire avancer les choses.

L'explication finale en épilogue peut déstabiliser mais donne à mon avis toute la puissance de cette histoire. Nous sommes à la fois manipulés par le coupable et par l'auteur.
L'ayant déjà lu et me souvenant du final, j'ai cherché des indices tout au long du texte et il restent difficiles de les trouver. 
On s'attache à certains personnages, notamment Vera, même si les révélations nous font douter de l'humanité de chacun.

Au total : Un classique du roman policier, par une référence du genre, qui me motive à essayer d'autres écrits de l'auteur, même si je ne sais par où commencer.

Ce livre a fait l'objet de discussions sur le site de Livraddict, dont je vous laisse lire les détails.

https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgZIaX9EOyeLMLIvhltZNabpfHVoQlj_mVUV0rPZOUI63ERGclENgD_eF80OvQi7RBNPNF-dH8pK_i3dLXRc4XOMWh6UKThwP0udBuz5DSWDTOa3Lv4SPNxVEabzAT03gUgmwM4PuBJbj7u/s320/abc2016.jpg
Lettre C : 221 pages

jeudi 21 juillet 2016

"I.R.L" d'Agnès Marot

Livre acheté lors des Imaginales 2016, je l'ai lu assez rapidement attirée par le thème abordé et les échos plutot favorables.

Résumé


Couverture I.R.L.Chloé Blanche a grandi à Life City. Comme tous ses habitants, elle ignore qu'ils sont filmés en permanence. Elle ignore qu'ils sont un divertissement pour des milliers et des milliers de foyers. Elle ignore qu'ils sont les personnages de Play Your Life, l'émission qui fait fureur hors de Life City, IRL. Elle ignore surtout à quel point ils sont manipulés. Lorsqu'elle rencontre Hilmi, le nouveau à la peau caramel, elle tombe immédiatement amoureuse. Mais ceux qui tirent les ficelles ne le lui destinent pas. C'est ainsi qu'elle découvre la nature de tous ceux qui vivent à Life City : les personnages d'un immense jeu vidéo




Mon avis

J'ai beaucoup joué aux Sims, sur ordinateur, ou plus récemment sur tablette. Ce livre apporte une vision assez futuriste de ce jeu, mélangé à priori avec Truman Show, film que je n'ai jamais vu mais qui me tente du coup !

J'ai aimé la structure du roman en 3 parties et les aller-retour dans différents moments de la vie de Chloé. La première met en place l'intrigue, et j'ai été assez surprise par l'évolution de l'histoire et notamment l'existence de la troisième partie. Il existe des petits clins d’œil qui pourront faire sourire le lecteur (comme l'adresse du personnage de Cindy !)

Chloé, adolescente IA avec des sentiments, se dévoile à nu aux habitants du monde réel qui la dirigent. Le récit débute donc avec des passages plein de lucidité où elle revient sur certains éléments de sa vie pour mettre les gens face à leur voyeurisme et à leur décision qui ont impacté sa vie sans que ceux ci ne réalisent vraiment les implications.

Renverser une structure en place, motiver les foules pour être suivie fait partie des difficultés que rencontre Chloé et j'ai apprécié que certaines choses ne se déroulent pas comme désiré et qu'elle échoue dans certaines situations.
Ses relations avec les différents types de personnages évoluent et on sent son évolution dans ses choix. Une IA proche de l'humanité et la question de leur place dans la société est bien amenée.
Sous ce personnage la question de l'intelligence et de l'humanité est soulevée. La place du divertissement dans notre quotidien, notamment dans l'observation des autres humains à leur semi insu aussi.

Malheureusement les personnages qui tournent autour de Chloé ne sont pas assez étoffés à mon gout. J'aurais aimé percevoir le point de vue d'autres personnages du réel pour un peu plus de profondeur. Notamment, l'opposant de Chloé a ce coté manichéen un peu agaçant, mais représente à mon sens certains de nos dirigeants, plus intéressés par le contrôle des masses et leur profit personnel que par les humains. De même j'ai assez peu apprécié le personnage de Link, que j'ai trouvé assez transparent au fil du récit malgré son rôle clé.

Au total : Un roman adolescent qui pose les questions des répercussions de la télé réalité et de la limite de l'humanité dans les personnages virtuels. Sujets actuels et bien amenés.


https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgZIaX9EOyeLMLIvhltZNabpfHVoQlj_mVUV0rPZOUI63ERGclENgD_eF80OvQi7RBNPNF-dH8pK_i3dLXRc4XOMWh6UKThwP0udBuz5DSWDTOa3Lv4SPNxVEabzAT03gUgmwM4PuBJbj7u/s320/abc2016.jpg
Lettre M 442 pages

logo diversité petit
  1. Lire un livre dans lequel une IA ou des robots ont un rôle prépondérant.


mardi 19 juillet 2016

TTT : Mes coups de coeur des 2 dernières années


Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini.
Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et repris en français sur le blog de Froggy. 
  Le thème de cette semaine n'est pas le thème officiel, je ne sais pas si je l'ai raté ou s'il n'a pas été repris cette année, mais comme je l'aime bien, je le fais !

Le thème de la semaine est : 

Les 10 romans meilleurs coup de coeur des 2 dernières années

L'occasion de me plonger dans mes archives de blog pour me plonger dans 2014/2015 !

Année 2014 :

La horde du contrevent d'Alain Damasio : Un roman entrainant, intriguant, magnifiquement écrit. Des personnages vraiment fascinant... J'en garde vraiment le souvenir d'une grande lecture (en dehors de la chute pressentie mais qui permet de clôturer le livre)

Voyage au pays des mères : De la SF post apocalyptique et féministe. J'en garde beaucoup de réfléxion sur la place de chacun dans notre société, sur les attentes de la société sur nous, sur certains traits de notre fonctionnement qui peuvent paraitre absurde aux yeux d'étranger, et surtout un dénouement qui fait hésiter à relire le livre dans la foulée

Couverture Chroniques du Pays des Mères Editions Alire 1999

Année 2015 :

La duologie Tobie Lolness de Timotée de Fombelle : Un roman jeunesse qui ne paye pas de mine, mais profondément écologiste, porté sur l'autre et l'observation du monde et des conséquences de nos actes.

Pour un peu de légèreté : Et puis Paulette de Barbara Constantine, car parfois les romans qui donnent foi en la nature humaine, ca fait juste du bien !

Lignes de vie de Graham Joyce : Une touche de fantastique dans une famille anglaise en pleine seconde guerre mondiale. Une écriture poétique, et un très doux moment de lecture.

Le temps n'est rien d'Audrey Niffeneger : Voyage dans le temps et romance non mielleuse, un pari réussi.

Alex de Pierre Lemaitre : Je me disais qu'il y avait peu de contemporain dans cette liste. Un thriller qui m'a happée complètement et fascinée par le déroulement de l'histoire.

Couverture Tobie Lolness, tome 1 : La Vie suspendueCouverture Et puis, Paulette... Editions Le Livre de Poche 2013Couverture Lignes de VieCouverture Le Temps n'est rien / De toute éternitéCouverture Alex

Bilan complété par quelques BDs, que je n'ai malheureusement pas forcément mis en billet :

La série BlackSad, de Dias Canales et Garrido claque graphique notamment
La série des Vieux Fourneaux de Lupano et Cauuet, qui rejoint un peu Et puis Paulette dans son regard humaniste de l'insertion des anciens dans la société.
La série des Okko de Hub, pour une immersion dans le Japon médiéval avec des graphismes très beaux et une histoire vraiment dense.

Couverture Blacksad, intégraleCouverture Les vieux fourneaux, tome 1 : Ceux qui restentCouverture Okko, intégrale, tome 1 : Le cycle de l'eau

Je me rends compte que je lis plus de genre de l'imaginaire, apprécie peut etre plus pour la réflexion apportée la SF. Je suis étonnée en reprenant les articles de ces deux dernière années de voir aussi peu de contemporain et/ou classique.

dimanche 3 juillet 2016

"Black Out" de Connie Willis

Voyage dans le temps et seconde guerre mondiale, un mélange qui m'attire d'emblée !

Résumé

Couverture Blitz, tome 1 : Black-Out


En 2060, les voyages dans le temps sont devenus chose courante et de nombreux historiens partent en mission. Soudainement, le labo des voyages temporels les annule toutes et modifie les programmes. 

Mon avis

J'ai beaucoup aimé ce premier tome. Ayant lu sur de nombreux blogs qu'il s'agissait plus d'une plongée dans l'Angleterre en plein Blitz et assez peu de voyage dans le temps, je n'ai pas été surprise ni déçue de l'histoire.

Le point fort de ce livre est dans l'immersion dans le blitz que ce soit avec les enfants évacués de Londres, dans l'univers de vendeuses de magasin ou dans les abris anti aérien. Certains passages clés de la guerre sont aussi très bien relatés, notamment Dunkerque tout en gardant un lien avec l'intrigue fil rouge des voyageurs. D'autres passages ne semblent pas avoir de lien cependant, et j'espère que le second tome reprendra ces personnages.

Nous suivons dans ce roman trois historiens qui doivent pour valider leur études vivre le sujet relaté par une mission dans le passé. Concept surprenant mais fascinant, qui n'a jamais rêvé de remonter le temps pour voir la réalité de certains faits historiques ? Après revivre certaines scènes de guerre et donc se mettre en danger peut sembler un peu suicidaire et il existe un certain flou sur la préparation et les missions précédentes de chaque personnage présenté.

Les différents personnages suivis sont très différents de caractère et dans leur manière d'aborder les imprévus dus à leur situation et l'alternance de point de vue permet de bien rythmer le livre et l'action. J'ai bien aimé Merope et Polly, moins Mickael complètement rigide au changement de lieu, malheureusement nous les connaissons trop peu dans leur contexte de 2060 et sommes propulsées avec elle dans ce contexte historique lourd et angoissant.

Il y a cependant quelques longueurs et répétitions qui parfois font perdre le fil initial, certains arcs secondaires peu palpitant notamment car je ne suis pas une féru de Shakespeare et de ses pièces.

En me renseignant sur le livre, je découvre après lecture qu'il s’agit d'un dyptique s'intégrant dans une série plus large sur le voyage dans le temps avec le Pr Dunworthy et pour la peine, je comprends mieux le peu de détail concernant les filets, la construction des missions et le peu de présence de ce personnage qui semble pourtant central.

Au total : Un roman dense qui nous plonge au milieu du Londres des années 1940, partie que je connaissais assez peu. Je lirai sans aucun doute le second tome de ce diptyque pour voir comment la situation se dénoue.

D'autre avis chez : Tigger Lily, Blacky, Vert, Frankie, Lune,

https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgZIaX9EOyeLMLIvhltZNabpfHVoQlj_mVUV0rPZOUI63ERGclENgD_eF80OvQi7RBNPNF-dH8pK_i3dLXRc4XOMWh6UKThwP0udBuz5DSWDTOa3Lv4SPNxVEabzAT03gUgmwM4PuBJbj7u/s320/abc2016.jpg
Lettre W : 693 pages
.
SFF et diversité mini
Item 8 : Lire un livre SFFF parlant d’une ou de femme(s) dans la guerre

lundi 27 juin 2016

"Par bonheur, le lait" de Neil Gaiman

Aux imaginales, j'avais pour mission de faire dédicacer un livre de Boulet pour mon homme qui collectionne ses notes. J'ai donc pris ce petit livre, plein de ses dessins.

Résumé


Couverture Par Bonheur, le Lait 

Au petit-déjeuner, un petit garçon et sa jeune sœur s’aperçoivent qu’il n’y a plus de lait à mettre dans leurs céréales. Maman est partie en voyage, c’est donc Papa qui se met en route pour la supérette. Mais ce qui devait être une simple course se transforme en fabuleux voyage (...)








Mon avis :

Par bonheur le lait est un livre jeunesse court qui met en avant l'imagination d'un père parti chercher une bouteille de lait pour le petit déjeuner de ses enfants.

J'ai aimé ce coté loufoque omniprésent dans ce livre. L'histoire tient debout avec des dinosaures en montgolfière  (cf la couverture) mais aussi dans des vaisseaux spatiaux, des prophéties, des vampires, des pirates, des poneys, bref tout ce qui est présent dans l'imaginaire des enfants repris par un père. Les codes d'un roman d'aventures sont présents et bien exploités voir un peu moqués.

Par certains cotés ce livre m'a fait pensé à Roverandom, court avec pour cible les enfants, mais en bien plus digeste et fun, probablement car les références me sont bien plus familières.

Les illustrations sont au service du récit et apportent de quoi nous faire sourire (on y reconnait bien le trait de Boulet d'ailleurs).

Au total : Un livre court et fun que je recommande !

vendredi 24 juin 2016

"Les disparus du Clairdelune' (La Passe miroir tome 2) de Christelle Dabos

Je crois que j'ai attendu quasi 3 mois ma réservation à la bibliothèque pour lire ce second tome, et je n'ai pas regretté car j'ai dévoré cette lecture en quelques jours, alors que le premier tome m'avais laissé sur ma faim.

Résumé

Couverture La Passe-miroir, tome 2 : Les Disparus du ClairdeluneFraîchement promue vice-conteuse, Ophélie découvre à ses dépens les haines et les complots qui couvent sous les plafonds dorés de la Citacielle. Dans cette situation toujours plus périlleuse, peut-elle seulement compter sur Thorn, son énigmatique fiancé ?








Mon avis

Ce second tome reprend l'intrigue juste après le précédent, avec un petit résumé pour nous remettre rapidement dans l'ambiance. J'ai trouvé le fil conducteur plus clair dans cet opus, avec les bribes de mémoire qui oriente vers les interrogations à venir. (Ah Dieu n'a pas l'air si Dieu que ca dans cet univers ...)

J'ai surtout plus accroché avec les personnages plus présents, moins étouffés par l'univers riche crée par Christelle Dabos, comme des boutons de fleurs qui éclosent, on les comprend mieux dans leur rapport avec leur environnement.

L'univers est toujours aussi fascinant, entre les pouvoirs de chaque famille et les nouvelles familles que nous découvrons, leur relation leur passif qui expliquent la structure de la société. Passé l'effet découverte un peu dense du premier tome, on s'y glisse vraiment facilement.

Les personnages principaux évoluent et de même on s'attend mieux à leur réaction et interaction. J'ai aimé découvrir un peu plus Thorn et Ophélie et leur pouvoir, les doubles facettes de ceux ci. La manière dont ils sont présentés donnent un peu cette impression d'élus pour une quete, assez classique finalement en fantasy.

Je trouve Thorn très touchant dans sa manière d’être, il semble exister un grand cœur sous une certaine couche d'hostilité.
Ophélie, si triste et transparente dans le premier tome, prend son destin en main, et ca fait plaisir de la voir se débattre de manière efficace contre la pression ambiante, mais aussi s'accepter tout simplement, ne pas imiter et rester soi.
 Le seul reproche que je pourrais faire concerne une certaine facilité dans la manière de passer les obstacles mais sans que ce soit dérangeant, de même la résolution du mystère est un peu rapide avec le 'méchant' qui donne une petite scène explicative, un peu trop ... dont les situations compliquées évoluent.

Les personnages secondaires aussi évoluent, Bérenilde semble moins hostile, Archibald déborde toujours d'humour. J'ai aimé retrouver Renard et Gaelle. La Nihiliste prend aussi son envol dans ce tome.

L'intrigue à la manière d'une enquête policière est plus linéaire, mais finalement plus accrocheuse dans ce tome. Le dénouement nous fait espérer que le troisième tome arrivera bientot !

Au total : Un second tome que j'ai bien plus apprécié que le premier, notamment car les personnages se prennent en main et que nous retrouvons cet univers riche et fantastique. J'attends le troisième tome du coup !

jeudi 23 juin 2016

"Métaquine" de Francois Rouiller

Un titre (Mélange de Dépakine* Kétamine* et Ritaline*) et un thème qui me parlent notamment sur un plan professionnel. J'ai profité des imaginales pour faire dédicacer mon livre et discuter de son inspiration avec l'auteur.

Résumé

Couverture Métaquine, tome 1 : IndicationsRégis, dernier de la classe, ne veut pas prendre de Métaquine®, le médicament qui transforme les cancres en écoliers modèles. Des millions d’enfants inadaptés bénéficient pourtant du traitement, au grand soulagement des profs et des parents. Mais Régis craint que la chimie dissolve le Duché, la contrée fabuleuse d’où son imagination tire châteaux, dinosaures et compagnons de jeu invisibles.

La mère du gamin s’est enfermée sous un casque de cybertox, son beau-père rumine des fantasmes de tueur en feuilletant d’abjects magazines. Il n’y a guère qu’une voisine, neuropsy à la retraite, pour l’aider à défendre ses rêves. Ou peut-être, en ville, cette politicienne remuante qui milite contre la distribution de psychotropes à l’école.

Mais que peuvent deux idéalistes face à un géant pharmaceutique et aux milliards de son budget marketing, alors qu’on découvre à la Métaquine® des vertus toujours plus prometteuses et que la planète entière a déjà gobé la pilule ?





Mon avis

Ce livre ne parle pas uniquement d'un traitement contre l'hyperactivité et les troubles de concentration, mais surtout d'un futur inquiétant. Les thèmes abordés sont assez riches, et contrairement à ce que je pensais, le livre n'est pas centré sur l'industrie pharmaceutique et les effets de ce médicaments miracles mais est bien plus vaste que ca.

A travers 6 personnages, l'auteur nous présente une société qui a dévié, vers la réalité virtuelle, un peu à la manière des personnages de Fahrenheit 451 de Ray Bradbury. Les casques de réalités virtuelles sont une grande partie de l'intrigue ainsi que les sociétés et programme qui les exploitent.
 L'addiction au SimDom ou à la Métaquine nous fait réfléchir de manière plus large à nos habitudes contemporaines, scotchés à nos écrans et nos relations virtuelles ou à nos gélules qui hantent nos pharmacies. J'ai bien aimé les parties avec Aurélie qui semblent hors du monde tout en gardant une certaine pertinence.

Il y a beaucoup de courage dans la plupart des personnages présentés, que ce soit Sophie, chercheuse à la retraite, où le poids des années disparait avec un projet qui l'entraine, Clotilde prête à renverser l'industrie pharmaceutique, comme peuvent l'être certains détracteurs hargneux.
Régis, le jeune garcon est un vrai personnage à part entière, avec ses relations avec le Duché (dont je ne suis pas sure d'avoir compris l'ensemble) mais n'est pas aussi présent que le laisse sous entendre la couverture.

 La galerie des personnage est variée et j'ai bien aimé découvrir au fil du roman la manière dont ils vont s'articuler entre eux et leur place assez équivalente dans le roman pour apporter finalement une vision assez juste et non centrée sur une seule perspective. On voit notamment les opposés entre Régie cible du traitement et ceux responsables du Marketing.
Au fur et à mesure du roman, de l'utilisation plus large de la Metaquine, on se doute que certains effets ne sont pas ceux attendus, ce qui permet d'ouvrir tranquillement pour le second tome, car ceux ci ne sont pas séparables...

Au total : Un premier roman qui tient ses promesse, même plus pour moi dans une société future plongée dans une réalité virtuelle qui découvre les vertus d'un médicament miracle pour la concentration. Le second tome sera bientôt dans ma PAL !




mardi 21 juin 2016

"Notre Dame de Paris" de Victor Hugo

Un classique ! Je me suis lancé dans ce livre pour essayer de participer au BC de Livraddict de mai. Je n'en avais lu qu'un tiers pour la date prévue, mais l'histoire est telle que j'ai pris mon temps pour le terminer.

Résumé

Couverture Notre-Dame de Paris
Dans le Paris du XVe siècle, une jeune et superbe gitane appelée Esméralda danse sur le parvis de Notre Dame. Sa beauté bouleverse l’archidiacre de Notre-Dame, Claude Frollo, qui tente de l'enlever avec l'aide de son sonneur de cloches, le malformé Quasimodo. Esmeralda est sauvée par une escouade d’archers, commandée par le capitaine de la garde Phoebus de Châteaupers...






Mon avis

Une très bonne surprise ce livre, aussi bien sur le style que sur l'histoire dont on ne connait que des bribes au final.

Victor Hugo est capable de créer la vie dans certains détails de Notre Dame de manière si simple e si prenante. Je me suis plongée dans ce Paris du temps des rois avec un certain plaisir, me baladant en même temps que le narrateur. Soit quelques descriptions m'ont parfois paru un peu longues mais une fois la première partie lancée, elles passent bien mieux. La narration est assez troublante initialement, mais permet une vraie plongée entre omniscience et appel au lecteur pour ne pas le perdre.

Les personnages sont magiques dans leur caractère, leur description. Je me suis attachée à Quasimodo et Esmeralda, j'ai aimé découvrir leur passé, les rebondissements finaux.
L'histoire est pleine de rebondissements, de déceptions et d'espoir, j'étais emporté par ces retournements .
Derrière la toile de fond d'Esmeralda et de ses soupirants, il existe une vraie critique de la société de cette époque, entre le procès de Quasimodo, qui est totalement absurde dans son déroulement, ou le passage avec le Roi et son opportunisme.

L'importance de l'apparence est aussi vivement mis en question, Esmeralda, gitane au coeur tendre est dénoncée par les préjugés sur les gitans et accusée de sorcellerie à cause de sa chèvre. (J'ai d'ailleurs bien aimé la relation entre Gringoire, Esmeralda et Djali qui se lient en douceur de manière complètement chaste) Phoebus quand à lui trompe l'ensemble de son entourage grâce à son apparence de chevalier servant, bien plus cynique er moins bon que nos protagonistes. Frollo est le summum de l'ambivalence, et un prélude à la folie. J'ai apprécié suivre son évolution, ses doutes, ses tentatives de passer outre et de commettre alors des erreurs bien pires. Il reste un des personnages les plus fascinants car il est difficile d'anticiper ses actions.

Chaque personnage secondaire est utile, chaque petite histoire le concernant aura un effet dans l'histoire, j'aime ces livres riches qui finalement s'accorde dans un ensemble vraiment cohérent.

Dans les discussions du Book Club, la cathédrale était évoquée comme un personnage à part entière, et après avoir lu la seconde partie, j'ai mieux compris cette interrogation, nous vivons à coté de Notre Dame, résistons avec elle, souhaitons protéger ses habitants. J'ai apprécié découvrir les confins de son architecture avec Quasimodo, me dire qu'à mon prochain passage je regarderai différemment les gargouilles et recoins des étages supérieurs.

Au total : Un classique fascinant dans le fond et la forme, un style accessible et intemporel et des personnages fascinant par leur richesse de caractère. Je ne peux que le conseiller !

https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgZIaX9EOyeLMLIvhltZNabpfHVoQlj_mVUV0rPZOUI63ERGclENgD_eF80OvQi7RBNPNF-dH8pK_i3dLXRc4XOMWh6UKThwP0udBuz5DSWDTOa3Lv4SPNxVEabzAT03gUgmwM4PuBJbj7u/s320/abc2016.jpg
9/26 : Lettre H Classique 670 pages

dimanche 5 juin 2016

Mes imaginales 2016 : Le samedi

Journée faste, longue et heureusement que le beau temps était de la partie sinon la journée aurait été étouffante sous la bulle.

Le matin :

Réveil pour aller voir la conférence "Indémodables héros... de la fantasy épique" avec Paul Béorn, Jean Philippe Jaworski, Pierre Pevel, Adrien Tomas animée par Christophe de Jerphanion (dit Joyeux Drille) : Ma conférence préférée du festival, un condensé de bonne humeur, plein de discussions animées où les auteurs rebondissaient sur les interventions des autres. Je vais probablement lire La geste du 6ème royaume et le livre de P. Beorn.

Puis Balade dans la bulle, à la recherche de Boulet, qui n'était pas encore arrivé ... J'ai tenté la conférence à l'espace cours, mais la sonorisation de la salle ne m'a vraiment permis d'en profiter.

Pause déjeuner intense avec les conférences du Magic Mirror 1



Trolls et autres créatures
Troll, elfes, bersekirs et autres créatures de la fantasy avec Jean Claude Dunyach (je n'aurais pas acheté son livre 2 jours avant, j'y serai allée de suite !), Fabien Fernandez (Peintre de la fresque, on s'est dit qu'une conférence sur ce thème serait surement intéressante), Damien Snyers, et Aurélie Wallenstein (et à chaque fois que je la vois en conférence, ses livres me tentent ...) Un rythme moins soutenu (ou peut être j'étais déconcentré par mon Paris Brest ...)




Puis Mondes de fantasy ... Cartographie de l'imaginaire : Très captivante avec Vincent Ferre qui parle de Tolkien de manière magnifique, Regis Goddyn qui crée son univers sur le fil, JP Jaworski qui a une carte mais ne la dévoile pas, et Sylvie Miller qui plonge ses personnages dans une Méditerranée des années 30. Autant dire que je vais surement emprunter Lasser à la bibliothèque. Après ces 2 conférences, je vais surement retente Même pas mort  de JP JAworski qui m'avait un peu laissée perplexe.


Chasse au trésor
14 heures, heure de la chasse au trésor. Animation très sympa, à se balader dans le parc, tout en réfléchissant. Même si on a manqué perdre un équipier !
Dommage que la fin ait eu un petit bug, mais je la referai avec plaisir !
Quand Blacky se fait mettre au tapis par un Mr
15h30 : Boulet  est là !!! A moi la dédicace promise à mon homme. Très sympa, discussion dans la file d'attente animée et mon Chtulu !












Tour de bulle, petite pause avec les copains, petite sieste le long de la Moselle au soleil et c'est reparti pour une dernière conférence Magie Mages et Magiciens ... Entre le bien et le mal. Très bonne conférence, bien rythmée. De la difficulté de ne pas spoiler les Outrepasseurs par Cindy Van Wilder.

Conférence Mages, magies, et magiciens


Dernier tour de Bulle, petite photo de la fresque avant mon départ, car mon train était le dimanche à l'aube.
Butin du dimanche : Boulet et cadeaux de la chasse





Dernier restaurant avec toutes les blogueuses, soirée très sympa, surtout quand le serveur grincheux a arrêté de s'occuper de nous.





Au final : PAL +6 si j'enlève le Boulet, et les livres cadeaux.


 Au total : Les Imaginales, c'est le mal pour la PAL, et la WL, mais c'est surtout, une plongée intense dans le monde de l'imaginaire portée par les auteurs souvent accessibles, des conférences pour s'informer et une ambiance toujours excellente. J'adore revoir toutes les personnes avec qui j'ai principalement des contacts virtuels tout au long de l'année et pouvoir discuter avec elles pendant tout le festival du matin au soir et en rencontrer d'autres. Bref un vrai partage de la littérature de l'imaginaire. Un gros bisou à toutes celles ou ceux qui se reconnaitront (je n'aime pas trop les listes !)

vendredi 3 juin 2016

"Memorex" de Cindy Van Wilder

Parfois, ca m'arrive de lire des nouveautés ! Un livre sur le thème de la mémoire et avec un fond d'industrie pharmaceutique, je me suis dit pourquoi pas ?

Résumé


Couverture Memorex2022. Cela fait un an que la vie de Réha a basculé. Un an que sa mère est morte dans un attentat contre sa fondation, Breathe, qui promeut un art contemporain et engagé. Un an que son père, un scientifique de génie, ne quitte plus Star Island, l'île familiale. Un an qu'Aïki, son frère jumeau, son complice de toujours, s'est muré dans une indifférence qui la fait souffrir. Le jour de ce sinistre anniversaire, la famille est réunie sur l'île : c'est le moment de lever les mystères, les tabous, les rancoeurs que Réha ressasse depuis un an. Au coeur de l'énigme : Memorex, la multinationale pharmaceutique de son père, ainsi que ses expérimentations sur la mémoire. Des expérimentations qui attisent les convoitises de personnages puissants et sans scrupules, prêts à tout pour accomplir leurs rêves les plus fous.


Mon avis

J'ai beaucoup aimé lire ce page turner, terminé juste avant les Imaginales, histoire de ne pas avoir à le trimballer dans mon sac, ce qui veut dire qu'il n'est pas (et probablement ne sera pas) dédicacé.

On suit Reha, adolescente, pour une fois pas trop chiante, avec un comportement qui ne m'a pas semblé dément à la recherche de ce qui s'est réellement passé un an auparavant, lorsque la fondation crée par sa mère a été victime d'un attentat lors d'une soirée particulièrement importante.

La présentation de Reha et de sa famille amène doucement l'ambiance du roman, la tension monte dans les mails anonymes et la suspicion est présente partout.
J'ai particulièrement apprécié le huis clos, qui est bien mené, découvrir d'autres personnages, comme sa tante ou l'amie de son frère. Le rythme est enlevé entre passage d'action et article mettant dans l'ambiance. Les personnages se dévoilent au fur et à mesure tout en laissant la place aux hypothèses. Chaque chapitre donne envie de lire le suivant au plus vite !

Le dénouement surprend sans en faire trop, malgré un passage très "le méchant raconte son histoire et le temps qu'il perd lui sera fatal ...".
Mon petit bémol est finalement d'en savoir si peu sur "Mémorex", qu'il soit plus un prétexte à l'histoire alors que je l’espérais au centre. Les autres idées scientifiques développées (un peu de flou pour ne pas spoiler) nous plongent dans un futur assez inquiétant.

Au total : Un bon page turner sur fond de roman d'anticipation. La plume de Cindy Van Wilder est toujours aussi plaisante alors que nous sommes à mille lieux des Outrepasseurs !

SFF et diversité mini
Item 6 : Young Adult